Publié le 19 avril 2019

Axel Auriant

Rêves, passion et détermination

Interview

Acteur, comédien et musicien; à seulement 21 ans, Axel Auriant a déjà une belle carrière derrière lui et ne compte pas s’arrêter là. De ses débuts à la batterie jusqu’à son nouveau spectacle “Les 1001 vies des urgences”, en passant par “SKAM France”, le jeune comédien nous parle de sa passion et de sa vie aujourd’hui. Rencontre.

Révélation du petit-écran, beaucoup ont connu Axel Auriant grâce à “SKAM France”, pourtant sa carrière d’artiste a débuté bien avant. Passionné par la batterie depuis l’âge de 4 ans, il rêve de devenir batteur professionnel. En CM2, il commence le théâtre et intègre la compagnie des “Sales Gosses”, une compagnie professionnelle composée seulement d’enfants. Sa fascination pour la musique ne le quitte pas et jusqu’à ses 16 ans, il est persuadé de vouloir faire de cette passion sa profession. Arrivé au lycée, il fait face à son premier chagrin d’amour, alors qu’il étudie le théâtre en parallèle, il se sert de cet art comme d’un échappatoire. “On avait l'occasion de jouer des scènes qu’on étudiait pour le bac. C’est là que j’ai eu une rencontre foudroyante avec le théâtre. J’ai compris que c’était un exutoire et ça m’a vraiment aidé. Tout à coup j’avais l’impression d’exister dans la vie de quelqu’un d’autre. Je me sentais vivant sur le plateau, j’oubliais tout et ça a été la plus belle histoire d’amour de ma vie. Elle a commencé à 16 ans et elle ne m’a jamais quitté”, raconte Axel. Il passe son bac et joue en même temps dans le film “Jamais contente” d’Emilie Deleuze. Il s’inscrit ensuite dans une école de théâtre, sa passion pour la comédie ne le quitte plus, il passe des castings et se retrouve sur plusieurs plateaux de tournage. En 2017, il obtient le rôle dans le seul en scène de Cédric Chapuis, “Une vie sur mesure”. “C’était incroyable, j’avais l’impression de vivre et d’essayer de donner corps à un personnage et à la vie d’un autre personnage. Ça te permet de te libérer de plein de choses, de pouvoir dire des choses que tu penses, mettre tes propres émotions au service d’un texte et c’était ça qui me plaisait dans le théâtre”, déclare le comédien.

Entre scène et caméra

En 2017 c’est l’aventure “SKAM France” qui commence. Axel obtient le rôle de Lucas, dans cette adaptation d’une série norvégienne à succès, remaniée par le réalisateur français David Hourrègue. Il devient alors un jeune lycéen qui découvre son homosexualité après l’arrivée d’Eliott, un nouvel élève dont il tombe amoureux. Les personnages principaux et les sujets de l’histoire changent à chaque saison. La saison 3, qui s’est terminée fin mars, tourne autour de ces deux garçons et de leur histoire d’amour. Alors que les deux premières saisons ressemblaient beaucoup à celles de la version norvégienne, la numéro 3 se veut différente. Comme l’explique Axel “elle sort vraiment de l’imaginaire de Niels Rahou, le scénariste et de David. On a pu vraiment travailler comme on le voulait sans forcément avoir dans la tête ce truc de “copier-coller” de la version norvégienne”. Avec un gros travail de répétition fait en amont, que le casting n’avait pas eu pour les deux premières saisons, tous les personnages possèdent leur propre évolution, qu’ils soient principaux ou secondaires. “Dans les saisons 1 et 2, les personnages secondaires existaient autour de l’intrigue, là c’est vraiment tout le monde qui grandit avec cette intrigue. Il y a un truc beaucoup plus abouti et c’est vraiment une série où chacun a sa place, a un truc à jouer et à défendre”, affirme le jeune comédien. Pour cette saison il rencontre Maxence Danet-Fauvel qui interprète Eliott, un jeune étudiant bipolaire qui tombe amoureux de Lucas. Les deux protagonistes dévoilent au téléspectateur une belle alchimie qu’on retrouve aussi hors du plateau. “On a eu beaucoup de chance avec Maxence parce qu’on prenait plaisir à jouer ensemble et ça ne nous a pas quittés de tout le tournage. On a eu une confiance en l’autre qui était dingue et je pense que si on n’avait pas eu cette confiance, on n’aurait pas pu se livrer comme on l’a fait.” Une énergie et une confiance ressentie par toute l’équipe, que le comédien considère comme une famille. “Dévoués à cette histoire”, “une volonté de donner vie à l’histoire” chaque membre est impliqué dans ce tournage. Personne n’est laissé de côté et cela grâce au réalisateur David Hourrègue qui prend soin de faire attention à tout le monde. “Il ne lâche rien et “SKAM  France” c’est vraiment David. C’est un véritable chef d’orchestre parce que, dans un orchestre, tu peux avoir plein de bons éléments, les techniciens comme les comédiens. Mais si tu n’a pas le chef d’orchestre qui sait les diriger et faire en sorte que tout le monde soit ensemble, ça ne peut pas fonctionner”. Alors que la saison 3 vient de se terminer, c’est la saison 4 qui commence, le premier épisode a été diffusé début avril. “Tout comme la saison 3 vous allez être surpris. Elle est dingue. J’adore cette saison et vous allez pleurer, vous allez rigoler, vous allez danser”, se réjouit Axel.

 

J'ai eu une rencontre foudroyante avec le théâtre. J’ai compris que c’était un exutoire et ça m’a vraiment aidé. Tout à coup j’avais l’impression d’exister dans la vie de quelqu’un d’autre.

 

Montagne et cinéma

Les projets s'enchaînent, pour Axel, que ce soit au théâtre ou au cinéma. En janvier dernier, il tourne dans le nouveau long-métrage de Charlène Favier : “Slalom”. Il campe le rôle secondaire de Maximilien, un jeune garçon qui est dans l’équipe de ski de l'entraîneur Fred, joué par Jérémie Renier. Adolescent très compétiteur, il voit d’un mauvais œil l’arrivée de Liz, interprétée par Noée Abita, dans l’équipe. “C’est un rôle vraiment intéressant. Même s’il est secondaire, Charlène nous fait comprendre que chaque rôle est important. C’est un personnage qui devient très attachant au fur et à mesure de l’histoire. On se rend compte qu’il est un peu comme Lucas dans SKAM, ou moi dans la vie, un peu vanneur, il test les gens et une fois qu’on commence à le cerner, il n’en mène pas large.”, explique Axel. Première rencontre avec Charlène Favier, mais aussi première fois qu’Axel découvre le travail de la réalisatrice. Il tombe directement sous le charme de ses productions. “Il y a beaucoup de plans séquence dans ce qu’elle fait, de regards, c’est très intense. Tout est réfléchi et il y a une beauté dans chaque plan. Tout est fort et tout veut dire quelque chose dans son cinéma”. Grâce à ce nouveau film, son expérience du plateau et de la caméra grandit. Tempête, neige, froid, montagne, etc. il se trouve confronté à des conditions de tournage qu’il n’a encore jamais expérimenté. “Je me souviens d’une fois, on était au chaud, on attendait parce qu’on jouait dans la scène d’après. Noée était en train de tourner dehors et quand ils sont tous rentrés, ils nous ont expliqué qu’il y avait eu une tempête de neige et que leurs visages ne pouvaient pratiquement plus bouger tellement ils étaient glacés”. Des conditions, qui nécessitent un travail d’équipe rigoureux. Une qualité qu’Axel découvre chez Charlène : “Elle arrive à fédérer les gens sur le plateau et ça, c’est génial. Tourner avec elle était une super expérience. Il y avait une vraie cohésion de groupe. Un tournage au ski c’est génial, mais ça demande énormément de rigueur et beaucoup d'écoute”.

Quand c'est fini, on recommence

Beaucoup de tournages et de caméras, mais Axel Auriant n’a pas arrêté la scène, loin de là ! La tournée “d’Une vie sur mesure” touche à sa fin, un spectacle qui a pris une grande place dans la vie du comédien depuis trois ans. “C’est un truc d’éveil, j’ai découvert le monde, la sortie de l’adolescence, même si je suis encore jeune, j’ai grandi avec ce personnage. Je suis seul sur scène et je mets mes émotions au service d’un texte et les émotions changent au cours de l’apprentissage de la vie”. Le vendredi 5 avril, il jouait cette pièce pour la 219e fois, au théâtre Melchior à Charly et qu’importe le nombre de dates qu’il a pu faire, chacune l’aura marquée d’une façon différente. “Ce qui est dingue c’est qu’en 219 fois, je ne me suis jamais ennuyé. C’est génial d’avoir une pièce qui m’a permis de me laisser surprendre. Et ce que j’aime c’est ce partage qu’il y a avec le public. Quand le noir se fait, qu’on soit noir, blanc, juif, chinois, etc., on s’en fout. On est ensemble, on est juste des êtres qui essaient de voyager avec une pièce. Il y a un vrai partage de l’instant présent”. Alors que les dernières dates se rapprochent, Axel n’a pas perdu de temps et entame une nouvelle pièce inspirée du livre de Baptiste Beaulieu : “Alors voilà : les 1001 vies des urgences”, mise en scène par Arthur Jugnot. “Je me posais la question de ce que j’allais faire après “Une vie sur mesure” et j’ai reçu plusieurs propositions de rôle. Je voulais que ce soit une pièce qui me touche vraiment. Avoir envie de monter sur scène chaque soir pour me laisser surprendre par l’histoire et avoir envie de la revivre tous les soirs. Quand j’ai fini le livre de Baptiste Beaulieu, j’ai pleuré pendant 10 minutes et je me suis dit “OK, j’ai envie de monter ça, j’ai envie d’en parler”. J’ai la chance aujourd’hui de me faire plaisir et de choisir des projets qui me donnent vraiment envie”. L’histoire parle d’un jeune interne qui se prend d’affection pour une vieille dame en soin palliatif qui attend son fils coincé dans un aéroport. Il décide alors tous les jours, de passer dans sa chambre et de lui raconter ce qu’il se passe dans l’hôpital, la vie de chaque étage, les nouveaux arrivés, les personnes qui partent et ceux qui malheureusement décèdent. “On passe par une palette d’émotion très large, comme dans “Une vie sur mesure”. Ca parle de la vie, c’est très drôle et très touchant à la fois, ce n’est pas du tout plombant”, explique Axel. Très impatient, il veut faire découvrir cette histoire au public et espère qu’elle touchera les spectateurs autant qu’elle l’a touché lui. "Tous les soirs j’ai peur et c’est ça qui est bien au théâtre. On ne sait pas ce qu’il va arriver. Être seul sur scène ça impose d’être vraiment ouvert à ce qu’il va se passer. C’est un moment de partage, il faut se nourrir de tout ce qu’il se passe et essayer de se réinventer chaque soir."

 

Ce que j’aime c’est ce partage qu’il y a avec le public. Quand le noir se fait, qu’on soit noir, blanc, juif, chinois, etc., on s’en fout. On est ensemble, on est juste des êtres qui essaient de voyager avec une pièce.

 

Axel Auriant sera présent pour les dernières dates “d’Une vie sur mesure” le 25 avril à La Souterraine, le 10 mai à Gagny, le 19 mai au Blanc Mesnil et le 25 mai à Den Haag, aux Pays-Bas. En parallèle, il commence à jouer “Les 1001 vies des urgences” à la Comédie Odéon de Lyon du 14 au 24 mai. Puis il sera présent au Festival d’Avignon pour cette même pièce, du 4 au 23 juillet au théâtre des Béliers.

Texte : Léonie Dutriévoz

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