Publié le 15 décembre 2018

Zabardast

Objectif freeride sur les glaciers du Pakistan

Cinéma

Durant 5 semaines, Thomas Delfino, Léo Taillefer, Zak Mills, Yannick Graziani, Hélias Millerioux et Jérôme Tanon se sont envolés au Pakistan, à la découverte du Karakoram, pour une expédition
à mi-chemin entre freeride, exploration et himalayisme. Une aventure en totale autonomie, retracée dans le film Zabardast, qui sera visible au mois de décembre sur Youtube.


Des exploits il y en a, des voyages aux confins de terres connues, des expériences grandioses. Le film Zabardast raconte l’une d’elles. Plus qu’une histoire d’expédition et de grands espaces, plus qu’un film sur le ski ou le snowboard, cette production française nous conte l’histoire de passionnés. Des âmes liées par cette aventure hors du commun, à la découverte de pentes inexplorées au fin fond du Pakistan et de sa « Karakoram highway ». C’est dans un contexte agité que l’équipe s’est risquée à cette expédition.

De la naissance d’une idée folle à la préparation
C’est Thomas Delfino qui lance l’idée en premier. Les amis de longue date du snowboardeur, Leo Taillefer, skieur pro, et Jérôme Tanon, photographe et réalisateur du film, décident de le suivre dans ce projet fou mais pas impossible. Au départ, il y a cette envie d’explorer ailleurs, ce goût de l’aventure qui tenaille et pousse à aller toujours plus loin. Pourquoi le Pakistan ? Et pourquoi pas ? Quelques discussions, décisions, échanges plus tard, les voilà embarqués pour ce trip incroyable. C’est Picture Organic Clothing qui produit la vidéo en association avec Almo Film. L’équipe est ensuite rejointe par deux alpinistes et guides de haute montagne, Yannick Graziani et Helias Millerioux. Et enfin Zach Mills, snowboardeur américain, spécialiste du splitboard se rallie au convoi. Voilà, l’équipe est au complet avec ses 2 caméramans, Pierre Frechou et Julien Nadiras, et prête à s’investir dans ce qui s’apprête à être une aventure inédite et audacieuse mais aussi périlleuse. Les gars le savent, ils partent pour un voyage dans un pays certes grandiose mais où ils ne devront compter que sur eux-mêmes et sur leurs moyens.
Côté préparation, chaque objet est passé à la loupe, minutieusement pesé, pour déterminer s’il est indispensable ou non. Le moindre gramme compte. Dans ce genre d’expédition, les terrains et les éléments ne font aucun cadeau. Les équipements choisis doivent fournir sécurité, nourriture, chaleur, confort aussi spartiate soit-il et assurent en permanence le bon déroulement du voyage.
Le groupe pense à tout, il ne doit rien oublier, il en va de sa survie. Ce périple doit être pensé dans les moindres détails. Détails qui n’en sont finalement pas pour se retrouver en autonomie totale durant trois semaines, chaque élément est vital. Ils seront seuls, face à eux-mêmes et face à l’immensité de ce Karakoram sauvage. Une exploration vertigineuse, abrupte et impitoyable, qui les emmènera là où personne n’a jamais ridé, les repoussant continuellement et immanquablement à leurs propres limites.

Ce film ne se regarde pas simplement, il se vit avec eux.

De la difficulté d’un parcours au plaisir de la glisse
Dans une expédition de ce genre, rien ne semble facile. Le physique et le mental sont mis à rude épreuve. À plus de 5000 mètres d’altitude, chaque geste, chaque mouvement, chaque respiration est un challenge. La prouesse physique tient plus de la capacité à se déplacer sur un terrain hostile au quotidien que d’accomplir de grands exploits. Au fur et à mesure du film on ressent les émotions du groupe, on vit avec chacun de ces riders la douloureuse route vers les sommets tant rêvés. Le mal des montagnes qui frappe Jérôme, et dont il décrit l’expérience sans détour avec cette franchise qui lui est propre, est une réalité à cette altitude. Mais finalement lorsque l’on tente une telle aventure, on sait que l’on va en baver. Comme il nous l’a confié dans une interview, « j’ai trouvé presque le voyage facile par rapport à ce à quoi je m’attendais… à partir au charbon ! ». Un parcours jonché de désillusions, de tensions aussi parfois tant la fatigue et l’épuisement sont tenaces. On n’assiste pas en direct à certaines « prises de tête » mais elles sont bien là, nous confesse Jérôme. Les contraintes liées aux conditions météo, à l’altitude, aux maux physiques, à la peur qui ne les quitte pas, ont quelquefois précipité ce clan dans un abattement passager qui a pesé sur le moral de tous. Mais qui s’est cependant vite effacé face à la joie d’être là, au contact de cette nature magnifique, et de vivre ensemble cette expédition mûrement réfléchie. Ils vivent un rêve et en sont conscients, surtout Thomas, à l’initiative de ce projet.

D’un rêve de grands sommets à une aventure humaine
Les grands espaces, les décors, les paysages. Les images de ce film donnent sans contexte à chacun toute la mesure de la puissance de mère nature qui est dépeinte ici dans l’une de ses plus pures représentations. Loin de la main de l’homme et de ses constructions, loin du brouhaha infernal des villes et d’un quotidien parfois trop « quotidien », se dressent ces impressionnants sommets vierges, qui pour certains n’ont encore jamais été foulés par l’homme. C’est enivrant, c’est déroutant et grisant.
L’histoire nous est contée par les protagonistes eux-mêmes. Ils nous livrent leurs émotions, leurs ressentis et nous entrons subtilement dans l’aventure humaine de ce trip. On est au plus prêt de chacun, de ses doutes, de ses joies et on finit même par sourire, avoir peur pour eux ou avoir les larmes aux yeux… Là est toute la force de cette brillante réalisation. Jérôme Tanon nous emmène au-delà de l’action et de la performance, il nous fait vivre le voyage de l’intérieur, sous la forme du journal intime de cette famille des montagnes, unie pour le meilleur et pour le pire dans cette incroyable expédition. Cet artiste aux multiples talents met en scène une sensibilité qui fait des fois cruellement défaut dans le milieu de la glisse où prouesses et records sont généralement plutôt de mise. Il nous raconte à sa manière parfois crue mais toujours empreinte de sincérité et d’une pointe d’humour, comment huit personnalités réunies par le même amour de l’aventure se retrouvent isolées, à vivre ensemble au quotidien, entre joies et déceptions, entre efforts douloureux et blagues potaches. Ce film ne se regarde pas simplement, il se vit avec eux.
Et puis il y a les locaux et la rencontre avec les hommes qui vivent dans ce Pakistan reculé. C’est leur terrain et ils serviront de guides pour un temps à l’équipe. On est frappés par cette rencontre quelque peu improbable entre deux cultures que tout oppose mais qui se retrouvent finalement liées pour un temps au milieu de cet impressionnant paysage. Ici pas de différence de couleur de peau, de religion ou tout autre carcan social. Ici il y a juste des baroudeurs, des hommes vivant en symbiose avec la nature qui les entoure et partageant des histoires, des souvenirs, la sagesse de ce moment présent. Une expérience au delà des mots et de la langue, une belle expérience humaine.
Zabardast c’est le récit d’une incroyable aventure qui nous emmène au bout du monde. Partager cette aventure avec le plus grand nombre, c’est le souhait de son réalisateur, Jérôme Tanon. Il souhaite transmettre un peu de l’excitation, de l’anxiété, de l’enthousiasme et de la profonde passion qui a unit ces amoureux du dénivelé dans ce voyage atypique aux limites du monde connu. Pari réussi pour le créateur du surprenant « The Eternal Beauty of Snowboarding » qui nous emmène dans les rêves et la vie de ses « compagnons de cordée » pour ce moment suspendu et gravé à tout jamais dans leurs esprits… et dans les nôtres.

 

Une exploration vertigineuse, abrupte et impitoyable.

Pakistan, terre sauvage et risquée
Doté de paysages parmi les plus magnifiques d’Asie, aussi divers que saisissants, le Pakistan s’étend sur plus de 800 000 km2. Cette terre, berceau d’une civilisation ancienne riche, est également le creuset de deux des plus importantes religions du monde : l’hindouisme et le bouddhisme.
Déserts dans le Sud-Est, montagnes sèches et arides à l’Ouest, plateau inhospitalier dans le Sud-Ouest et Hauts sommets dans le Nord, le relief est escarpé mais grandiose. Le fameux mont K2, rêve de tous les alpinistes chevronnés culmine au Nord à 8 611 mètres d’altitude.
C’est dans un contexte agité que l’équipe s’est risquée à cette expédition. De nombreux conflits déchirent encore la nation, entre les armées et les pouvoirs politiques. Au contact direct de l’Afghanistan son voisin, la république subit depuis des années l’insurrection talibane provenant de régions tribales. Le pays était donc loin d’être l’endroit idéal et sans danger pour cette exploration.

 

Texte : Olivia Bergamaschi
Photos : Jérôme Tanon

zabardast
Production Picture Organic Clothing et Almo Film 

Dès Décembre 2018 sur YouTube - 54min

Zabardast

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