Publié le 4 août 2014

Guillaume de Tonquédec

Serial Acteur

Interview

Il campe un bourgeois coincé dans Fais pas ci, fais pas ça, est convié sur scène à Un diner d’adieu, cumule les catastrophes dans le film SMS… Depuis son César pour le rôle de la Prune dans Le prénom, Guillaume de Tonquédec enchaîne films sur pièces de théâtre.

Si on vous dit Fais pas ci, fais pas ça, qu’arrêtez-vous de faire ?
De me presser !  Un acteur, c’est comme un terrain agricole, il faudrait le laisser en jachère de temps en temps pour qu’il se ressource. En ce moment, je travaille beaucoup. Attention, c’est pour mon plus grand plaisir, je ne me plains pas de mon sort. Mais parfois, il faudrait prendre le temps de s’ennuyer, pour vivre, tout simplement.
On dirait ce rôle de bourgeois coincé écrit pour vous…
Selon le réalisateur, j’ai été choisi parce que j’étais bien coiffé à l’audition ! J’avais étudié attentivement le personnage, je suis arrivé propre sur moi, je tenais un attaché case. Bref, j’avais sorti la panoplie totale. Avec ma tête de gendre idéal, le tableau était parfait.

Votre César a-t-il déclenché une avalanche de propositions ?
Je n’arrête pas de travailler, notamment pour le cinéma. C’est une suite de paramètres qui se sont additionnés entre le succès de la série Fais pas ci, fais pas ça, de la pièce puis du film Le prénom. Le César a été un coup de baguette magique sur le paquet cadeau, il m’a incontestablement ouvert des portes et accéléré les choses. Je reçois des propositions d’un niveau que je ne recevais pas avant. Sauf pour le film SMS que l’on m’a proposé bien avant tout ce succès.

Justement, croyez-vous qu’un SMS puisse bouleverser une vie ?
Oui, je connais des gens proches de moi qui ont divorcé à la suite d’un SMS qui arrive au mauvais moment, à la mauvaise personne ou qui a été vu alors qu’il n’aurait pas dû… C’est d’ailleurs ce qui arrive au personnage qui, en plus, se fait voler son portable. Partir à la recherche de son voleur va générer un engrenage de catastrophes. Ce voleur va faire basculer sa vie dans le bons sens du terme. C’est une fable contemporaine : on n’a jamais eu autant de moyens de communication mais au fond, est-ce qu’on communique bien ? Il est devenu normal d’envoyer un SMS ou un mail pendant un déjeuner avec des amis alors que c’est d’une rare impolitesse… Ne pourrait-on pas couper son portable un moment et être vraiment avec les gens ?

Si vous aviez deux jours à tuer, où iriez-vous ?
En Bretagne, pour me baigner ou être sur l’eau. Je trouve cette région extraordinaire. J’aime contempler le paysage breton, le phénomène des marées, la puissance de la mer contre laquelle on est incapable de lutter, comme la montagne. C’est une forme de comparaison avec notre passage sur terre...

Seriez-vous tenté d’organiser Un dîner d’adieu pour divorcer de certains amis ?
Sur le papier, l’idée est formidable mais dans la réalité, c’est une autre paire de manche. La pièce est écrite par les mêmes auteurs que Le prénom, ils sont déments. Qui n’est jamais allé chez des amis en se disant : « Mais pourquoi on y va ? Au fond, on ne les a jamais vraiment aimés… Ou alors, on les a aimés avant mais maintenant, on n’a plus rien en commun, ne nous voyons plus ». Mais comme on a affaire à de la matière humaine, le divorce amical ne va pas du tout se dérouler comme prévu.

De toutes vos envies professionnelles, quelle serait la Prune sur le gâteau ?
La caméra est capable de capter des choses précieuses sur un acteur, des choses secrètes. On s’expose beaucoup quand on joue devant quelqu‘un, parce qu’une caméra est une sorte de loupe. Au début de ma carrière, cet aspect me faisait peur. Maintenant, je trouve formidable d’explorer le fin fond de l’âme humaine et d’aller vers des personnages plus denses, plus noirs. Ce pourrait être intéressant avec ma tête de premier de la classe. Des propositions commencent à venir. Dans Les nuits d’été, qui sortira prochainement, le personnage principal se transforme en femme sans trop savoir pourquoi, par pulsion, à l’insu de son épouse. J’aimerais aller vers ce genre de rôles, plus complexes, tout en continuant à faire de la comédie. Je ne sais pas… Un serial killer peut-être, un personnage qui serait sorti de l’existence sociale. C’est l’un des thèmes de ce beau film : qui est-on vraiment et est-ce qu’on dit la vérité aux gens qu’on aime le plus ?

Propos recueillis par Nathalie Truche

 

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