Publié le 26 mars 2019

Red Bull X-Alps 2019 Salzburg to Monaco

Les Alpes, deux jambes & une voile

Focus

La course d’aventure la plus dure du monde. Voici le superlatif qui est affublé au Red-Bull X-Alps. Une épopée qui, tous les 2 ans, propose à une poignée d’acrobates du vide de relier Salzbourg à Monaco, à la seule force de leurs jambes et de leur parapente.

La course d’aventure la + difficile du monde
Une traversée des Alpes peu commune et homérique, par la voie des airs, comme seule la marque aux taureaux ailés peut organiser.

Benoit Outters
L’ULTRA’CROBATE DU VIDE

Benoit Outters, 28 bougies, seulement 5 années de pratique dans le rétroviseur, représente la plus belle chance de voir un français atterir triomphant à Monaco, en juin prochain. Pompier professionnel de métier, ultra-traileur chevronné et parapentiste passionné, le dauphin de la dernière édition lève la voile sur la course d’aventure la plus dure du monde. 

En seulement 5 ans de parapente, tu es passé du statut de novice de la discipline à celui de Dauphin de l’épreuve de référence... 

C’est vrai que j’ai connu une progression rapide et atypique. À la base, mes disciplines de prédilection sont plutôt l’ultra-trail et le triathlon, des épreuves qui testent tes capacités d’endurance. J’ai découvert le parapente tardivement, en 2013, grâce à un copain de fac et depuis, j’ai littéralement attrapé le virus. Mon métier, intense sur 24h, me permet d’avoir des périodes de temps libre assez longues lors de mes journées de repos, que je mets à profit pour m’entraîner et engranger un maximum d’heures de vol. Même si c’est un sport assez peu commun dans les Alpes du Sud, nous avons quelques spots qui valent le détour sur les hauteurs de Nice, notamment au Gourdon et à Roquebrune ! 

Plus qu’un exploit sportif, cet évènement est un moyen de se rendre compte des possibilités infinies et de la liberté qu’offre le parapente.

Qu’est-ce qui t’a instantanément séduit dans la pratique du « marche et vole » ? 

Le fait que ce soit un sport hybride qui se situe au confluent de ce que tu peux retrouver de mieux dans chacune des deux disciplines. Tu combines la liberté et les points de vue majestueux du parapente à l’effort physique et au dépassement de soi induits par l’ultra-trail... 

Le Red Bull X-Alps est une compétition qui offre une véritable prime à l’expérience. Ton très bon niveau en ultra-trail suffit-il à expliquer ta deuxième place dès cette première participation ? 

C’est certain que cela me donne un petit avantage physique, surtout que l’on avale près de 25 000 mètres de dénivelé positif sur l’ensemble du parcours. Mais pas forcément pour creuser l’écart. Cela joue plus dans cette faculté à répéter les efforts, à enchaîner les journées éreintantes et à maintenir un haut niveau de concentration. En effet, la différence ne se fait pas à pied mais en vol. Par contre, c’est indéniable que cela m’aide à mieux récupérer, à conserver une fraîcheur mentale, à entretenir une once de lucidité, afin de faire les bons choix aux bons moments. Surtout lorsque la course se durcit, après 4 ou 5 jours d’effort. 

Tu préfères voler ou marcher ? 

Voler, forcément ! C’est là où l’on se fatigue le moins (sourire) et d’où l’on peut observer les paysages les plus fantastiques. Après, parfois, pour avancer, il faut faire l’effort à pied ! On n’a pas le choix. Par exemple, sur la fin de l’épreuve en 2017, les conditions de vol étaient si mauvaises que j’ai pris la décision de traverser toute la plaine du Pô à pied. Je savais que 200 km de marche dans le désert m’attendaient, que j’avais seulement 2 jours pour les couvrir... mais j’ai baissé la tête et j’ai foncé, avec en ligne de mire le col de Tende d’où j’ai pu décoller et voler jusqu’à la ligne d’arrivée. 

Tu combines la liberté et les points de vue majestueux du parapente à l’effort physique et au dépassement de soi...

La Red Bul X-Alps, c’est plus qu’une simple course ? 

Clairement... C’est une aventure. Une vraie aventure, qui s’étend bien au-delà des quelques jours de compétition et de sa propre personne. Déjà, il faut prendre en compte le niveau de préparation qu’elle exige, aussi bien d’un point de vue logistique, avec le repérage, que physique, avec un volume d’entraînement hebdomadaire qui peut atteindre jusqu’à 25 heures. Ensuite, il ne faut pas négliger le fait que c’est une épreuve collective : je suis le pilote d’une équipe. Je pars quand même avec 3 coéquipiers qui m’accompagnent en camion, pour me soulager sur la logistique, m’aiguiller sur la stratégie.

C’est donc une aventure humaine plus qu’une véritable compétition ? 

Oui ! On traverse quand même les Alpes à la seule force de nos jambes et de notre voile. Moi, ce qui m’attire, c’est justement de parcourir toutes ces montagnes à Mach 12. C’est là-dedans que je puise l’adrénaline qui me permet d’aller au bout. En fait, plus qu’un exploit sportif, cet évènement est un moyen de se rendre compte des possibilités infinies et de la liberté qu’offre le parapente. 

Peux-tu nous raconter une journée de course type ? 

Il y a des créneaux horaires très stricts qui limitent nos déplacements. En gros, tu peux commencer à bouger à partir de 5h du matin, voler dès 6h, mais à 22h30, tu es obligé de t’arrêter et dormir là où tu as atterri. Donc dès que je me lève, à 5h, j’entame la première ascension du jour. Entre 1 500 et 2 000 mètres de dénivelé positif généralement. Je prends mon petit-déjeuner en marchant, jusqu’à atteindre le point de décollage défini. Si la journée est bonne, je vais ensuite voler 10 heures consécutives. Mais si elle l’est un peu moins, je vais devoir réitérer l’opération « ascension-décollage » 5 ou 6 fois. Enchaîner ainsi est très éreintant. Surtout avec le sac de 8 kilos que l’on porte en permanence sur nos épaules…

Quel que soit mon classement, ce que je souhaite par-dessus tout, c’est boucler cette traversée

Quelle est la part de stratégie ? 

Énorme ! C’est la raison pour laquelle la localisation des points de passage est révélée 3 mois à l’avance. Pour nous laisser le temps de repérer et tracer un itinéraire idéal. D’ailleurs, plus le nombre de balises est important, plus la course est longue et complexe. 

Et la stratégie gagnante, pour enfin contester l’hégémonie suisse ? 

La stratégie gagnante est très claire : rester vraiment le plus haut possible en altitude pour favoriser les décollages et maximiser le temps de vol. Si tu te rates et que tu te retrouves en fin de vallée, tu sais que derrière, une (très) longue ascension t’attend. L’idée est aussi de s’adapter et de bien analyser l’itinéraire du pilote aux avant-postes. Il ouvre la voie et te donne des informations précieuses sur les conditions de vol. Ce n’est donc pas forcément un avantage que de se retrouver tout de suite en tête. 

En 2017, il t’a manqué seulement 2 petites heures pour franchir la ligne d’arrivée en vainqueur. Quelle est ton ambition pour cette édition 2019 ? 

Être sur la ligne de départ dans les meilleures conditions possibles ! Après, c’est tellement aléatoire, il y a tellement de faits de course… Quel que soit mon classement, ce que je souhaite par-dessus tout, c’est boucler cette traversée ! 

Interview : Baptiste Chassagne

Red Bull X-Alps

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