Publié le 1 septembre 2020

Maxime Gasteuil

Le nouveau phénomène de la scène française

Interview

Dans son spectacle « Maxime Gasteuil arrive en ville », l’humoriste originaire de Saint-Emilion raconte son installation dans la capitale. À travers sa vision et celle de ses personnages, le trentenaire s’amuse du contraste entre la douce vie de province et le bouillonnement parisien. À découvrir à Genève puis au Montreux Comedy Festival. 

Votre formation en commerce vous sert-elle aujourd’hui ? 

J’ai fait un BEP, un Bac pro et un BTS commercial. C’est cette formation qui m’a permis de pratiquer mon métier d’humoriste. D’une manière générale, avoir de l’esprit et de l’audace m’a toujours aidé. Faire rire permet de passer pour quelqu’un de sympa et quand quelqu’un est sympa, on lui donne sa chance, on l’écoute. J’ai pu transformer en réalité mes petits rêves et tout ce qui m’arrive actuellement. 

Vous avez toujours aimé faire rire ? 

Quand j’étais petit, voir les gens rire de ce que je faisais me donnait une sensation extraordinaire, je me sentais comme dans du coton. À douze-treize ans, j’ai compris qu’on pouvait en faire son métier. Mon père adore les films comiques, il m’a fait grandir avec Bourvil, de Funès et compagnie. Puis j’ai vu les premiers spectacles de Gad Elmaleh, de Jamel et je me suis dit : c’est ça que je veux faire ! 

Éprouvez-vous toujours la même sensation devant un public ?

Oui, faire un spectacle dans une salle est un vrai métier. J’ai mis près de dix ans pour écrire mon spectacle, à comprendre, à travailler et je suis hyper heureux que ça marche. À la question est-ce toujours la même sensation ? La réponse est oui et la sensation est décuplée : plus les salles sont grandes, plus c’est fou. Plus il y a de monde, plus je suis euphorique. 

Vous étiez convaincu de percer quand vous avez quitté Saint-Emilion pour rejoindre Paris ? 

J’avais peur en partant et j’ai encore peur aujourd’hui. Je n’ai pas peur de monter sur scène mais de ce que je vais devenir demain. C’est un sentiment qui aide à devenir perfectionniste, à garder un certain réalisme, à se remettre en question. J’ai une peur positive: je vais plus vite, plus loin et je dépasse mes limites. 

Le Jamel Comedy club : c’est une chance qu’on vous a donnée ou que vous avez cherchée ? 

Les deux. Le Jamel comedy club, c’est cinquante prétendants pour une dizaine d’élus. Je ne crois pas trop à la chance, je crois au talent et au travail. Avec les années, je me rends compte qu’on devient meilleur grâce au travail. Quelqu’un de talentueux qui ne travaille pas ne dure pas. 

Votre rencontre avec Kev Adams a été décisive dans votre carrière ? 

Complètement. Quand Kev Adams et Gad Elmaleh m’ont proposé d’assurer leur première partie pendant trois ans, c’était fou. Jouer au Zénith et à Bercy alors que j’y présente aujourd’hui mon spectacle a quelque chose de très symbolique. Kev m’a donné le goût des grandes salles et un passeport pour le kif. Travailler avec deux grands talents m’a fait gagner des années dans mon travail, sur la méthode, la perception de la scène. Ils m’ont fait franchir un cap : moi aussi, je suis capable de me produire dans ces salles, rien n’est impossible. 

Comment naissent vos vidéos postées sur internet ? 

Au début, j’écrivais en suivant une méthodologie bien précise : je m’astreignais à en réaliser un certain nombre par semaine, que je devais poster tel jour à telle heure. C’était super de s’imposer une rigueur mais aujourd’hui, je me relâche un peu et les vidéos viennent avec la vie. Dès qu’une idée me fait rire, je la poste. 

Plus il y a de monde, plus je suis euphorique

L’écriture se fait au millimètre près ou vous improvisez ? 

J’ai les grandes lignes mais il y a beaucoup d’impro. Au montage, puisque je ne dois garder qu’entre une et deux minutes, je garde ce qui me fait rire et je le montre à mes proches pour qu’ils me donnent leur avis. Sur certaines vidéos, je suis hyper satisfait, je pleure de rire mais j’ai appris à partager, à me rassurer en sondant mon entourage. 

Dans votre prochaine prestation à Genève, vous faites un clin d’œil à la Suisse ?

J’ai toujours une fenêtre géographique dans mon spectacle. J’avais déjà fait la première partie de Jeff Panacloc à L’ Arena de Genève et je vois qu’on a la même vie : on est tous francophones, nos quotidiens se ressemblent mais avec des nuances locales sur lesquelles je rebondis. Généralement, on arrive un jour avant la date, ce qui permet de nous imprégner des lieux. Je suis enchanté de le faire. C’est comme personnaliser un gâteau d’anniversaire.  

Avec Tom Villa, vous présenterez le gala de clôture du Montreux Comedy Festival. Comment vous préparez-vous ? 

Nous avons commencé à travailler dessus. L’idée est de s’inspirer de l’esprit du spectacle de Tom Villa pour mettre en avant son image et ses délires. Je serai une sorte de faire-valoir. Dans une cérémonie de prix, il y a toujours le maître et le remettant, j’interviendrai avec quelques lignes de texte entre l’apparition des invités. 

Vous avez tourné dans le film Love Addict. Vous aimeriez renouvelez l’expérience ?  

Nous avons le projet d’un film autour de mon spectacle, on l’a écrit et on va le réaliser. Avec mon agent qui s’implique activement dans ma carrière, on est en plein dedans. Et oui, je veux faire du cinéma. C’est mon truc, j’aime ça. 

Depuis que vous vivez dans la capitale, avez-vous adopté une manie très parisienne ? 

Plein. Je suis devenu stressé sur les horaires et les rendez-vous. Je m’installe en terrasse de café, près des pots d’échappements alors que je détestais ça auparavant. Je m’habille plus tendance, avec plus de couleurs. Il y a une parole de chanson que j’adore : «Pas vraiment d’ici mais plus vraiment de là-bas». Elle me correspond complètement. Je suis de nulle part, je n’ai plus de territoire. 

Propos recueillis par Nathalie Truche

Le mardi 15 décembre à 20h30, à la salle Centrale Madeleine de Genève

Wes Anderson

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