Publié le 15 juin 2019

L'Outdoor Responsable

Oeuvrer pour la planète, protéger notre terrain de jeu

Reportage

Le marché de l’Outdoor qui, plus que tous les autres, vit et dépend de son environnement et du respect de la nature se bouge et nous le fait savoir par bien des manières. La prise de conscience des acteurs de l'industrie, ainsi que de tous les pratiquants de sport de plein air est amorcée. Mais initiatives engagées, slogans clamés et actions menées seront-ils suffisants pour nous assurer un avenir meilleur?

 

 

Un constat alarmant

 

 

Fabriquer, acheter, jeter, tels sont les mécanismes de notre économie actuelle dite linéaire. On sait aujourd’hui qu’un tiers des ressources naturelles de la planète ont été consommées lors des trente dernières années et nous épuisons chaque jour un peu plus ces ressources pour produire nos biens, créant une accumulation sans précédent de déchets toxiques aux quatre coins du monde.

Outre l’obsolescence programmée, dont le terme a été mis en lumière récemment, il y a aussi l’obsolescence perçue qui nous conditionne à sans cesse renouveler les produits que nous possédons sous prétexte qu’ils ne seraient plus d’actualité. À peine achetés, déjà démodés ! Depuis 1960, notre consommation a été multipliée par 3… Ce modèle économique n’est plus viable et il est important de tendre vers une économie circulaire qui prône le recyclage et la réutilisation des matières.

Face à ce constat, partout autour de nous, de plus en plus d’actions et d’initiatives voient le jour pour la protection de l’environnement, des droits de l’homme, des animaux et c’est une excellente chose. Seulement, dans une société où consommer est devenu un impératif, où posséder le dernier smartphone, la dernière paire de sneakers portée par les stars, la voiture « toutes options » est limite une question de vie ou de mort, comment agir différemment et surtout efficacement pour le bien de notre planète ?


 

Un tiers des ressources naturelles de la planète ont été consommées lors des trente dernières années

 

 

L’industrie textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde, juste après celle du pétrole. Nous sommes dans l’ère du consommable, les collections se succèdent à vitesse grand V dans les magasins et à peine a-t-on investi dans LE tee-shirt « hit » du moment qu’il est déjà presque « has been ». Sans parler des procédés de production de ces vêtements qui représentent une énorme source de déchets et de gaspillage des ressources. Puis il y a les produits chimiques. Les métaux lourds, les phénols chlorés, les colorants allergènes sont encore parfois utilisés polluant les ressources naturelles et menaçant dangereusement la santé du consommateur. C'est notamment le cas pour les matériaux imperméables ou résistants à la chaleur, qui sont obtenus à partir de PFC (perfluorocarbures), un composant reconnu toxique. Ce dernier est par ailleurs très persistant dans l'environnement et contamine l'eau, l'air et la chaîne alimentaire.

 

Bien évidemment, la mode bon marché a eu tendance à amplifier le phénomène. Les produits premiers prix, peu qualitatifs, s’usent plus vite, meurent plus vite, nécessitant leur remplacement illico presto. On appelle ça la « Fast Fashion ».  Les collections se succèdent plus vite que les saisons! Nous sommes bien loin des précédentes générations où appareils ménagers et vêtements duraient toute une vie. Il faut aller vite, produire vite, acheter vite et renouveler encore plus vite. Mais toute cette profusion a un coût : des problèmes environnementaux sans précédent. Utilisation des pesticides en grande quantité pour la culture du coton, pollution de l'air et de l'eau due aux traitements chimiques des matières premières, aux transports et au lavage, conditions humaines et sociales très souvent déplorables pour les travailleurs, la liste ne cesse de s'allonger.

En Asie, où de nombreux fabricants font aujourd'hui produire leurs vêtements, les effets de la sous-traitance sont généralement néfastes pour ceux qui œuvrent dans l’industrie textile, car qui dit prix bas, dit coûts de production au rabais. Le non-respect des normes de sécurité et des droits de l’homme est monnaie courante. On se rappelle tristement de l’effondrement du Rana Plaza, au Bangladesh, le 24 Avril 2013. Cette usine, aux installations vétustes, produisait à un rythme effréné pour de grandes enseignes de la mode internationale. Ce jour-là, 1135 personnes ont perdu la vie. Le travail des enfants est malheureusement aussi encore trop répandu. En 2016, une enquête de l'Overseas Development Institute (ODI) révélait qu’au Bangladesh 15% des enfants entre 6 et 14 ans travaillaient 64 heures par semaine dans l’industrie du textile. Ce chiffre s’élevait à 50% pour les enfants de 14 à 16 ans. Un triste bilan.

 

Dans l'industrie de l'Outdoor dont la planète est le seul et unique terrain de jeu, comment ne pas s'inquiéter de cette situation et agir en conséquence?

Fort heureusement, une impulsion a été donnée. Associations, organismes indépendants, marques et collectivités agissent et tentent de changer la donne ou en tout cas d'inverser la tendance. C’est dans une démarche éco-responsable réfléchie que certains collaborent à une nouvelle vision de la consommation et que la société se transforme petit à petit pour correspondre à des valeurs plus éthiques.

 

 

 

L'Outdoor se réveille

 

Des initiatives de plus en plus nombreuses montrent que la prise de conscience est réelle et que les mentalités bougent, que les esprits évoluent vers un respect de la nature et de ce qu’elle nous offre. Labels de qualité et démarches éco-responsables, production et consommation durables, investissement dans des procédés de fabrication écologiques, dans des matières ou des infrastructures plus respectueuses de l’environnement, tels sont devenus les objectifs d'acteurs réellement engagés dans le monde de l'Outdoor.

 

La garantie des labels

Le 1% for the planet, une organisation à but non lucratif s'occupe de réunir des fonds afin de les redistribuer à des associations agissant pour la planète, depuis 2002. Cette initiative date en fait de 1985 lorsqu' Yvon Chouinard (fondateur de Patagonia) et Craig Mathews (fondateur de Blue Ribbon Flies) décident de reverser spontanément 1% de leur chiffre d'affaires à la protection et la restauration de l'environnement. Aujourd'hui, c'est un mouvement mondial qui tente d'impliquer entreprises et particuliers en les aidant à soutenir des projets environnementaux sur des domaines prioritaires comme le climat, l'alimentation, les espaces naturels, la pollution, l'eau et la vie sauvage. Depuis sa création, ce sont plus de 175 millions d’euros qui ont été redistribués à des associations environnementales.

Afin de correspondre à une norme de qualité et donner aux consommateurs l'assurance d'acheter un produit dont l'impact écologique est minimisé, des labels ont été créés. Le plus pointu et complet en matière d'équipements de montagne est le label Bluesign®. Imaginé en 1997 par la société suisse Schoeller Textil AG, c'est en l'an 2000 qu'il devient international. Il se base notamment sur certains éléments clés : les émissions atmosphériques, la pollution des eaux, la sécurité du consommateur, l'hygiène au travail, la sécurité professionnelle et la productivité des ressources. Son but est ainsi de vérifier l'impact environnemental et sanitaire de chaque étape de production, en les soumettant à un contrôle strict. Certaines marques ont obtenu le label grâce à leurs efforts sur les méthodes de production, comme Bleed Clothing, Haglöfs, Henjl, Lafuma, Mammut, Odlo, Patagonia, Quiksilver, RipCurl, Teko Socks ou encore Vaude. Depuis 1992, un autre label teste la fiabilité des vêtements éco-conçus, OEKO-TEX®, qui est le plus répandu en matière de textiles écologiques exempts de produits toxiques pour l'homme et l'environnement. Avant sa création, aucun label ne permettait d'évaluer la potentielle toxicité des produits textiles, ce qui fut une grande avancée à l'époque en matière d'éco-responsabilité et d'information du consommateur. Il comporte également un volet social avec la mise en place de mesures préventives pour les employés liées aux potentiels dangers de la manipulation des produits. Grâce à lui, depuis 2011, le taux d'accident du travail a été réduit de 60 %. En plus de ces deux appellations, les marques certifient également elles-mêmes leurs produits avec des labels spécifiques créés par leurs équipes de recherche et développement.

Face aux impératifs liés à l’information des consommateurs qui souhaitent agir, l’état a délégué à l’ADEME, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, la mise en œuvre des futures applications d’un affichage environnemental sur les vêtements. Celui-ci permettra d’informer les consommateurs sur les impacts environnementaux calculés sur l’ensemble du cycle de vie du produit ou du service concerné. Il inciterait également les fabricants ou distributeurs à initier et valoriser leurs démarches d’éco-conception.

 

 

Face à l'impératif du défi climatique et des dangers que les modes de production et de consommation représentent aujourd'hui, des structures nouvelles, innovantes voient le jour.


 

Organisations et associations militent

Outdoor Sports Valley a pour but de fédérer, représenter et contribuer au développement des entreprises de l’industrie des sports outdoor. Ce cluster remplit ces objectifs en travaillant sur différents axes de travail prioritaires  comme le développement économique, les ressources humaines, la promotion du territoire et de la pratique sportive et le développement durable. Ce dernier est au centre d'un réel engagement de la structure pour informer les entreprises afin  d'initier des projets à dimensions sociales ou environnementales et tendre vers une économie circulaire. Lancée par OSV en 2018, la campagne de collecte de fonds Act For The Outdoors a pour objectif de proposer aux entreprises une sélection de programmes associatifs œuvrant pour la préservation des espaces naturels et un développement durable de la pratique sportive. Cette année, parmi les propositions, une appli "sentinelles de la nature" pour signaler les dégradations dans la nature, une mission d'identification et d'analyses de la pollution plastique dans nos cours d'eau de Surfrider Foundation, ou encore une action de sensibilisation destinée à de jeunes chambériens déconnectés de leur environnement naturel de Mountain riders.

 

Face à l'impératif du défi climatique et des dangers que les modes de production et de consommation représentent aujourd'hui, des structures nouvelles, innovantes voient le jour. Elles ont un rêve : changer le monde. Utopique? Pas certain. L'une d'entre elles a émergé en 2018 à Annecy. Air Coop est née de l'imagination de Benjamin Marias,  rejoint par Thibault Liebenguth. Ils ont envie de faire bouger les choses, de contribuer positivement à changer la société et avoir un impact positif sur nos écosystèmes actuels. Passée d'une agence avec un fonctionnement de SARL à une coopérative de salariés, la structure est aujourd'hui sous la gouvernance de 12 salariés qui contribuent activement à son essor et à son évolution. Cette organisation semble fonctionner puisque des sociétés comme Picture Organic Clothing, Salomon ou le Millet Mountain Group font confiance à Air Coop. Leur objectif : accompagner entreprises de l'Outdoor et territoires de montagne à avoir moins d'impact sur l'environnement, à mieux gérer leur stratégie environnementale et sociale. Ce qui passe, pour une marque, par un accompagnement sur les produits, les matériaux écologiques, un conseil sur les certifications adéquates pour la production et les usines, une stratégie de communication adaptée, une aide à l'innovation, mais aussi à l'engagement avec des associations.

 

En termes d'actions solidaires, Mountain Wilderness n'est pas en reste! Avec ses manifestations "Encordé-es pour le climat", en tant qu'association nationale œuvrant pour la protection de la montagne, elle a frappé fort dans les villes de Grenoble et d'Annecy. Le but? Alerter l'opinion publique et les autorités sur l'urgence d'une action visant à protéger nos paysages et la nature face à la dégradation du climat. "Les rochers s’effondrent, les glaciers disparaissent, la biodiversité souffre... Habitants, pratiquants et professionnels de la montagne voient leurs espaces de vie et leurs pratiques modifiés." selon l'asso. Pour elle, il est grand temps d'agir. Ces rassemblements s’inscrivent dans une démarche plus globale qui se déroulera tout au long de l’année 2019. D’autres initiatives verront le jour dans les grandes villes de France avec pour objectif d’alerter et partager les témoignages d’en haut sur la situation dramatique de nos territoires de montagne, prémices des modifications à l'échelle mondiale.

Pour fédérer les sportifs autour d'une pratique écoresponsable,  Made Nature agit et véhicule le message "de respecter et protéger le terrain de jeu sur lequel nous pratiquons nos activités sportives, et la nature en général" selon sa créatrice, Fanny Champlon. Cette entreprise offre une plateforme web, des événements et un blog qui invitent les pratiquants à glisser vers une démarche plus respectueuse de l'environnement dans leur sport de prédilection. Choisir une marque, une initiative, des infos sur la fabrication et les produits, chacun peut trouver de quoi entamer un réel engagement.

 

 

Les territoires

Tirés par cette dynamique globale d'actions pour l'environnement, les territoires de montagne emboîtent le pas à l'industrie et élaborent des stratégies afin de réduire leur impact sur la nature. C'est le cas, par exemple, du domaine du Grand Massif qui initie depuis des années des projets en développement durable. C'est ainsi qu'en 2016, Flaine, Les Carroz, Morillon, Samoens et Sixt Fer à Cheval, communes du domaine, obtiennent la certification Green Globe. Cette dernière, votée par 182 pays lors du Sommet pour la terre des Nations Unies en 1992, impose le respect de 300 différents critères dans le domaine de l'écologie. Le Grand Massif devient ainsi le premier domaine skiable au monde à obtenir le précieux graal.

Au niveau du public, les départements sortent également l'artillerie lourde pour préserver leurs espaces naturels. En Haute-Savoie, c'est toute une politique éthique qui s'est mise en place sur le territoire afin d'identifier et tenter de solutionner les problèmes liés au réchauffement climatique et à la pratique des usagers qu'il faut sensibiliser. En 2016, le Schéma départemental des Espaces Naturels Sensibles 2016-2022 fait son apparition et permet de mieux prendre en compte les nouveaux enjeux et de concilier urbanisation, tourisme, agriculture et biodiversité. Il vient compléter les objectifs du département en matière de développement durable et montre sa volonté d'agir pour notre planète, à l'instar de nombreux acteurs du tourisme en France.


 

 

 

Des marques ouvrent la voie

L’industrie de l’Outdoor devrait en toute logique être un exemple en termes d’éco-responsabilité. Quoi de plus légitime lorsqu’on s’adresse à ceux qui courent, roulent, glissent en montagne, à ceux qui se passionnent pour les vagues, à ceux qui s’amusent dans les airs… Or, même si certains leaders du milieu montrent la voie, des efforts sont encore à faire.

 

Tout d'abord qu'est-ce qu'une marque éco-responsable?  Partons du postulat que c'est une entreprise qui a un vrai engagement dans sa manière de produire et commercialiser ses produits. Bien évidemment, de nos jours, les marques indépendantes, n'appartenant à aucun groupe côté en bourse sont bien plus libres de leurs choix et de leurs actions. Puis il y a le souci de la fabrication qui doit favoriser la qualité pour une meilleure longévité des produits, ainsi que les méthodes de production qui se doivent d'être respectueuses des humains et de l'environnement. Enfin, l'engagement de la marque en matière d'actions et de projets durables est également primordial. Celui-ci démontre la volonté des dirigeants de tendre vers un modèle investi, incitant ses clients à consommer mieux.

On ne vous parle bien entendu pas de cette tendance au "greenwashing" dont certaines enseignes se servent allègrement pour paraître plus "vertes" qu'elles ne le sont en réalité. Prôner que l'on agit en faveur de l'écologie et du développement durable est en effet devenu une orientation assez prisée mais dans les faits, qu'en est-il réellement? Et bien, encore une fois, entre ce qu'on nous dit et ce qui est effectivement fait, il y a tout un monde... Il y a quand même quelques exceptions.

 

Pionnière dans son action pour l'environnement, la marque Patagonia reste une des références mondiales en matière de combat écolo. Son fondateur Yvon Chouinard, militant de la première heure, donne une impulsion responsable à sa société depuis ses débuts. Consciente de l'importance de produire des vêtements à faible impact environnemental et le plus qualitatifs possible, Patagonia s'engage sur de nombreux projets depuis sa création en 1973. Parmi eux, on peut citer quelques initiatives majeures, emblématiques du fabricant. Il y a d'abord le duvet 100% recyclé où plumes d'oie et de canard sont récupérés et traités à partir de vieux oreillers, couettes et autres articles usagés qui ne peuvent pas être revendus. Ensuite, le Fair Trade Cerified™, pour que le travail des "petites mains" œuvrant dans les usines de production soit valorisé à sa juste valeur. Puis, les matières recyclées comme le polyester, le nylon et la laine sont récupérés pour confectionner de nouveaux produits.Le développement de la technologie Yulex™ dans la conception de combinaisons de surf. En pur produit dérivé du pétrole et non recyclable, le néoprène est extrêmement polluant. C'est donc en utilisant du caoutchouc naturel provenant de sources certifiées FSC par la Rainforest Alliance, que l'entreprise innove et offre aux pratiquants un produit tout aussi performant et non polluant. La campagne Worn Wear invite  à réparer et réutiliser plutôt que jeter et racheter.  Un crédo incitant les consommateurs à conserver ce qui peut encore leur servir, un sérieux pied de nez à l'hyperconsommation. Patagonia est bon élève, mais elle n'hésite pas à dire cependant qu'elle n'est pas parfaite : "Le coût environnemental de chaque produit est ahurissant. Prenez notre R2® Jacket, l'un de nos best-sellers. Sa fabrication requiert 135 litres d'eau, une quantité suffisante pour couvrir les besoins quotidiens (trois verres par jour) de 45 personnes. Son transport depuis la matière première (polyester recyclé à 60 %) jusqu'à notre entrepôt à Reno génère près de 9 kg de dioxyde de carbone, soit 24 fois le poids du produit fini, et produit un volume de déchets équivalent aux deux tiers du poids de la veste lorsqu'elle devient inutilisable." peut se lire sur son propre site internet, édifiant!

 

Picture Organic Clothing est une marque française dont l'incroyable success story et l'évolution des ventes n'ont jamais fait plier la volonté des 3 dirigeants de produire des vêtements respectueux de l'environnement. Entre une politique de fabrication axée sur le respect des conditions sociales, éthiques et environnementales et le parti pris de rogner sur ses profits plutôt que de polluer notre planète, Picture est un exemple dans l'industrie de l'Outdoor. C'est une politique engagée et responsable que prône la jeune marque. Celle-ci s'articule autour de plusieurs axes. D'une part concernant les matières, notamment en cherchant des alternatives à celles issues du pétrole, puis en privilégiant des tissus biologiques, recyclés ou reconditionnés. Des recherches sont actuellement également engagées pour tendre vers des matières bio-sourcées, issues de plantes. D'autre part concernant les transports, Picture s'est toujours refusé à faire transiter sa production par avion, limitant ainsi les émissions de CO2. Intéressant lorsqu'on sait que le chargement d’un seul navire de taille moyenne représente l’équivalent de l’envoi de 1000 avions Airbus A380!

 

Regroupant des marques incontournables dans le milieu de l'Outdoor, le Millet Mountain Group se mobilise sur plusieurs fronts pour limiter son impact sur l'environnement et ce de manière historique au travers de ses trois labels, Lafuma, Millet et Eider. Ainsi en quelques chiffres, en 2017, 72% des collections textile et l'ensemble des sac-à-dos étaient certifiés OEKO-TEX®, 41% certifiés Bluesign®. Un tiers des produits endommagés étaient réparés dans les ateliers du groupe plutôt que d'être remplacés auprès des consommateurs, deux tiers étaient recyclés, upcylés ou donnés à des associations. Enfin, 55% des vêtements étaient authentifiés Low Impact, un référentiel interne d’éco-conception qui permet de réduire à chaque saison l’impact environnemental de la production. Les dirigeants font des efforts et souhaitent atteindre des objectifs à long terme fixés pour chaque problématique d’ici 2020.

 

Et puis il y a les marques qui sont éco-conçues par essence et de façon naturelle. Icebreaker, est un exemple. La firme fabrique et commercialise des vêtements en laine mérinos depuis 23 ans et pratique une politique éthique d'approvisionnement et de conception soucieuse du bien-être animal et des agriculteurs qui la fournissent, ainsi que de l'environnement. Entre autres, elle tisse des relations de long terme avec de petits producteurs de laine, sans intermédiaire ni sous-traitant, assurant ainsi leur pérennité. Chez icebreaker, les droits de l’homme sont intégrés au modèle économique. La marque replace l'humain au centre de tout et valorise le potentiel de ceux qui travaillent dur dans les usines partenaires. Henjl, marque haut-savoyarde en est un autre exemple. Comme la précédente, elle conçoit des produits à base de laine mérinos et privilégie une fabrication et des fournisseurs de proximité. Ainsi les toisons de laine vierge proviennent de moutons élevés en Amérique du Sud et dans les Alpes par des fermes respectueuses de la condition animale et qui ne pratiquent pas le Mulesing. Le tricotage, le remaillage main et la confection sont français ou européen, un gage de qualité et une vraie démarche environnementale.

 

 

 

Les initiatives de petites startups et d'entreprises pionnières ouvrent la voie et nous laissent espérer un futur plein de possibilités.

 

 

 

 

 

 

 

 

Rafraichissant et preuve que le monde de l'Outdoor a plus que jamais pris conscience que notre consommation devait changer, de petites start-ups émergent en son sein, bouleversant la dynamique et les conventions. Hopaal est l'une d'elles. La jeune marque de vêtements, implantée à Biarritz casse les codes et propose sur le marché des produits 100% recyclés! Créée en 2016, la société est l'exemple parfait du changement de mentalité et démontre que l'engagement de tous ne fait que débuter. Devenir la marque la plus clean possible, tel est l'objectif de son fondateur, Clément Maulavé. A base de coton biologique et de polyester, tous deux recyclés, ou de fibres transformées provenant d'anciens vêtements collectés, les produits produisent le moins d'impact possible sur la planète et prouvent qu'une alternative est possible. Dans la même veine, Lastage fait des étincelles en termes de concept eco-friendly. Depuis sa conception, la marque s'engage pour l'environnement et surtout l'océan, avec notamment l'utilisation du Repreve, matière en polyester recyclé issu des très nocives bouteilles en plastique largement encore utilisées de nos jours et du spandex. Le fabricant souhaite également proposer du "made in france" et, quand ça n'est pas possible, travailler avec des usines respectueuses de chartes environnementales et sociales strictes.

 

 

Notre rôle en tant que consommateur

 

 

Vers un mouvement citoyen

Marques, pouvoirs publics, institutions, territoires, tous montrent une volonté plus ou moins proclamée ou engagée d' aller dans le sens du développement durable, mais le vrai pouvoir aujourd'hui est entre les mains des consommateurs qui sont peut-être finalement la clé de ce changement.

 

Derrière cela il y a les mouvements citoyens qui prennent le contrepied de cette sur-consommation par des actions de sensibilisation. Campagnes de ramassage des déchets, marches pour la planète, les activistes tapent du poing sur la table et initient des mouvements un peu partout dans le monde dont les images circulent à vitesse grand V sur les réseaux sociaux. Le phénomène apparu après la catastrophe du Rana, la « Fashion Revolution » intervient avec une seule interrogation « who made my clothes ?» Qui a fait mes vêtements ? Une question que de plus en plus de personnes se posent. Le mouvement a donc l’ambition de faire prendre conscience à chacun qu'un achat doit être réfléchi et qu’il ne s’agit plus aujourd’hui juste de consommer à outrance mais bien de jeter un coup d’œil à ce qui se passe en coulisses.

En opposition à la Fast Fashion, on a vu apparaître son antithèse, la Slow Fashion. Fini le gaspillage, désormais on fait le tri, on répare, donne, recycle, bref on pense la mode différemment. On oppose la qualité à la quantité et il semblerait que l'impulsion soit donnée, soutenue par les marques les plus engagées.

 

Cette mobilisation est encourageante mais est-elle suffisante? Il semblerait que oui car ce sont sans doute ces coups de gueule répétés qui ont réussi à faire de plus en plus prendre conscience à tous qu'il y avait urgence et qu'il fallait que chacun, à son niveau, dans sa vie au quotidien, agisse dans une démarche qui bénéficiera à notre environnement. Il y a donc aussi nos actions personnelles qui comptent. Nous, pratiquants, sportifs, amoureux de la nature, nous devons de tout faire pour limiter notre impact.

 

 

Au quotidien

C'est sans doute au quotidien et dans la pratique sportive que les actes doivent avoir le plus de poids. Chacun doit y mettre du sien et inspirer ce changement. Mais en pratique ça veut dire quoi?

Tour d'horizon des comportements et de la conduite à tenir pour un futur plus éthique.

 

S'informer

" Le public est moins informé que conscient des problèmes actuels. Lorsqu'un consommateur achète des produits, il n'a pas encore le réflexe de les choisir plus consciemment. Dans la théorie, il est au courant mais dans la pratique ce n'est pas encore ça. Il y a forcément plus d'engagement à acheter un article "made in france" que tout autre d'ailleurs. Dans l'Outdoor aujourd'hui, les produits qui se vendent le plus ne sont pas forcément les produits les plus verts." selon Thibault d'Air Coop. En somme, il est important de s'informer sur la provenance des produits que l'on achète, ainsi que sur l'éthique des  marques qui les produisent. Pour cela, les étiquettes à l'intérieur de la marchandise sont une bonne source d'informations. Puis les renseignements fournis par les fabricants eux-mêmes peuvent aider à la prise de décision, certains à prendre avec des pincettes toutefois. Afin de vous prêter main forte, des plateformes web répertorient les marques les plus engagées comme Made Nature ou La Green Session. "Nous sentons les sportifs de plus en plus concernés. Lors du Festival Made Nature, plus de 400 personnes sont venues spontanément assister aux conférences et rencontrer les marques et les associations. Il y a une vraie demande et un changement de comportement et c'est une bonne nouvelle pour notre planète !" commente Fanny Champlon de Made Nature.

 

Faire des achats raisonnés

Ai-je réellement besoin de ça? C'est la question qu'il faut se poser avant de succomber. Bien entendu, il ne s'agit pas de tout s'interdire sous prétexte que c'est nuisible. On ne vous demande pas de revenir à l'âge de pierre! Cependant un juste milieu et un équilibre pourraient être envisagés en réfléchissant deux minutes à ses achats. On en revient ensuite aussi à faire le choix de privilégier un équipement de qualité dont la durée de vie sera plus longue et donc n'aura pas besoin d'être remplacé à chaque saison.

Achats raisonnés dit aussi achats d'occasion. Des milliers d'objets attendent de vivre une seconde vie, pourquoi ne pas leur en offrir une! Des applis comme Vinted facilitent cet échange, puis il y a les friperies, les vide-greniers... Côté matos de glisse et plus précisément pour le surf, Akewatu est le site idéal pour celui qui cherche : d'une à revendre ses planches, de deux à trouver une nouvelle board à moindre coût, malin!

Sinon, on parle des emballages? En rando, sortie running, vtt ou tout autre sport de plein air, on aime avoir son petit en-cas avec soi. Mais qui dit "en-cas" dit emballé avec du plastique issu du pétrole dans 99% des cas, n'est-ce pas? Là aussi, on est heureux de voir apparaître des initiatives "green" comme avec la société Cook'n'run qui commercialise des barres énergétiques 100% bio et made in france. La startup a eu la bonne idée de créer un emballage issu du végétal, à base de cellulose de bois 100% compostable, une initiative inédite en France sur ce type de produit, on applaudit!

 

Réparer plutôt que jeter

Vous l'aurez compris, l'inclination est, de nos jours, plutôt à l'accumulation qu'à la rationalisation et à la conservation. Toutefois, une tendance inverse est en train de pointer le bout de son nez, celle à la réparation. Les marques tendent vers un retour à la réparation des produits endommagés. En Haute-Savoie, soutenu par Outdoor Sports Valley, l'atelier Green Wolf a vu le jour. Cette structure propose des savoir-faires uniques en matière de restauration des vêtements et accessoires de tous niveaux de technicité de l'industrie de l'Outdoor. Ainsi les fabricants privilégient le fait de réparer à celui d'échanger, devenu monnaie courante dans le milieu. Une belle innovation à saluer.

Créés en 2009 aux Pays-Bas, les Repair Café font un tabac partout dans le monde depuis. Le principe est simple, proposer un endroit et des compétences à ceux qui veulent réparer un objet, quel qu'il soit. Cela fait donc exactement 10 ans que le concept existe et pourtant on n'en entend pas énormément parler. Manque de temps, pas l'envie, plus facile de jeter, les excuses ( non justifiées) sont nombreuses pour ne pas s'y attarder... Mais voilà, le fait est que le mouvement grandit d'année en année et prouve qu'il y a bien un réel engouement pour ce retour à l'essentiel, redonner vie à ce qui est cassé, partager un savoir et un moment convivial.

 

Recycler

Eh bien oui, ça a l'air évident dit comme ça mais finalement pas tellement pour la plupart d'entre nous. Recycler quoi? comment? par quel biais? Heureusement, encore une fois, les marques conscientes et engagées montrent la voie. Lorsque votre veste, sac, tee-shirt, vos baskets préférés montrent les signes d'une mort imminente, tournez-vous vers la marque du produit et renseignez-vous sur ses initiatives de recyclage. Mais comme vous avez bien acheté votre produit en conséquence ( cf ce qu'on a dit plus haut!), pas de problème vous savez que votre produit sera récupéré, recyclé et hop, un petit coup de pouce à l'économie circulaire! Sinon, déposez vos vêtements auprès des points de collecte appropriés, collecteurs ou associations, qui sauront quoi en faire. Pour les trouver, le mieux est de vous renseigner auprès de votre commune de résidence qui saura vous aiguiller.

 

 

Et pour le futur?

 

Sujet vaste, autant qu'intéressant, la place de l'Outdoor dans la démarche éco-responsable n'est pas encore tout à fait définie. Aux grandes alternatives extrêmes, il est important de mettre quelques limites. C'est le cas du "Made in France" par exemple. Bien sûr, nous aimerions tous, chers patriotes, acheter, porter, arborer fièrement des produits techniques, faits pour nos pratiques sportives et nos vies d'aventuriers, faits en France. Mais la réalité nous dit aujourd'hui que ce n'est pas si simple. Des impératifs de coût notamment ne permettent pas à  toute une partie de la population de s'offrir la marchandise produite en France et donc à des prix élevés. Les clients sont encore assez frileux à l'idée de débourser plus cher pour un produit, certes de meilleure qualité, mais induisant une dépense plus élevée.

Dans ce cas, comment faire? Produire en Asie ou en Chine est-il si mal? Il semblerait que non, à condition de choisir les bonnes usines et les bons modes de transport. Le plus gros problème vient alors des pratiques énergétiques du pays en question. Prenons le cas de la Chine dont la production d'énergie vient principalement du charbon et dont on connait aujourd'hui l'impact catastrophique...

 

Au delà de la production, il y a également tout un ensemble de facteurs à englober. Prenez Norrona, la marque norvégienne d'équipements outdoor, dont la direction a constaté amèrement que trop d'employés se rendaient au travail en voiture. Ni une ni deux, l'entreprise a donc fait déménager tout son petit monde à quelques centaines de mètres de pistes cyclables du centre-ville d'Oslo, au coeur d'un bâtiment éco-responsable flambant neuf. Et cela a payé car c'est aujourd'hui 85% des salariés qui viennent au travail sans qu'il y ait le moindre impact sur la planète. Autre initiative, le siège social de Salewa, qui commercialise des vêtements et des équipements de montagne, est le premier building italien à avoir reçu la certification de la Climate House Agency et dont la particularité est de fonctionner uniquement à l'énergie solaire. L'immeuble va jusqu'à en produire pour une partie de son territoire! Ce sont donc les philosophies et politiques de chaque entreprise qui peuvent être améliorées et représenter d'encourageantes offensives pour un futur plus écolo.

Parmi les gros chantiers de l'Outdoor et des fabricants, il y a le bannissement du polybag. Le polybag est le sac plastique, issu du pétrole, qui protège les vêtements et autres articles dès leur sortie de l'usine de production. Ce sont donc des millions et des millions de sacs plastiques polluants qui sont disséminés dans le monde chaque jour. Les marques et les organismes en sont conscients, il faut changer cela. Mais cela n'est pas si facile. Le polybag est résistant et fiable pour préserver les produits et il sera compliqué de lui trouver une alternative. Cependant, en mutualisant les efforts, en partageant les innovations, il ne fait pas de doute que l'industrie du "monde extérieur" saura trouver sa solution.

 

 

Le pouvoir est aussi et surtout dans la main du consommateur. S'il ne fait pas attention à ce qu'il consomme, le contexte n'évoluera pas.

 

 

Il y a donc un engagement certain, de la part de tous, qui va dans le bon sens. Cependant, les actions ne sont encore pas suffisantes et il reste beaucoup de choses à faire. Dans le monde des affaires, il est difficile d'inverser une tendance au profit et à la recherche de marge. Les enjeux financiers sont bien trop présents pour permettre d'amorcer un changement plus drastique. Toutefois, les initiatives de petites startups et d'entreprises pionnières ouvrent la voie et nous laissent espérer un futur plein de possibilités. Le pouvoir est aussi et surtout dans la main du consommateur. S'il ne fait pas attention à ce qu'il consomme, le contexte n'évoluera pas. Pierre Rhabi, fondateur du mouvement écolo Colibris, nous le rappelle au travers d'une célèbre histoire amérindienne : Lors d'un feu de forêt, un colibri tente d'éteindre l'incendie en ramenant l'eau de la rivière avec son bec. Les autres animaux, moqueurs, lui demandent comment il compte éteindre le feu. C'est alors que le colibri répond « je fais ma part ». En d'autres termes, c'est par l'action de chaque individu, quelle que soit sa force, que des avancées concrètes seront réalisées.

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