Publié le 15 septembre 2019
Les Mobyboys
Crédit photo : Jérémy Bernard

Les Mobyboys

Pérégrinations de fous du guidon

Moto, Cyclomécanique, Carnet de Voyage

Bleus de travail, écussons authentiques, casques pimpés, ces gars là vivent leur passion à fond. Au-delà de la mécanique, souvent capricieuse, de leurs brêles vintage issues d’une autre époque, les Mobyboys c’est l’histoire d’une rencontre inattendue, qui s’est construite autour d’un seul et unique but, vivre l’esprit « mob » et le partager.

« Pour entrer dans la team, il y a un petit protocole, une initiation… Pour obtenir l’écusson numéroté, on impose une journée de tests mécaniques et on fait une sortie. Puis on a un cérémonial, une boîte contenant quelques objets est remise au petit nouveau. » Le rite de passage pour devenir un Mobyboy est solennel, « mais la seule vraie condition est avant tout d’avoir sa mob. »

Lorsqu’on leur demande comment a débuté l’aventure, ils rétorquent du tac-o-tac « on a l’impression d’avoir raconté cette histoire des milliers de fois ! ». Nous dirons alors juste que c’était une belle et heureuse coïncidence. Un de ces hasards qui créent des histoires inoubliables, des épopées légendaires et des amitiés sincères, et qui, autour d’une bière réunira ceux qui se feront appeler les « Mobyboys ». S’il y a bien quelque chose qui définit leur philosophie, c’est la franche camaraderie qui unit ces accros de la brêle. Ils étaient cinq à la création de la team en 2016, les « first five ». Puis au fil des années, d’autres sont venus se rallier au groupe. Aujourd’hui au nombre de 13, la joyeuse bande continue d’écumer les routes de France au guidon d’engins souvent capricieux et pourtant tellement attachants. Car la mobylette est bel et bien un produit franco-français qui a connu son heure de gloire des années 60 aux années 80, voire 90. Puis les mobs sont quelque peu tombées dans l’oubli…pour redevenir cultes aujourd’hui grâce à des férus de vintage, de mécanique et de notre culture franchouillarde tels les Mobyboys. Pourtant rien ne prédestinait ces garçons à mettre les mains dans le carbu de ces machines de collection, rien. C’est autour d’un verre ou de plusieurs…que l’idée a germé, embarquant cette joyeuse troupe dans l’aventure. Quand ils arrivent à se libérer de leurs obligations et à se retrouver pour une sortie, ils ne passent jamais inaperçus. Bleus de travail en guise de tenues, attitudes joueuses et moteurs pétaradants, l’équipe s’impose, provoquant l’effusion sur son passage. Et quand ils se retrouvent pour une bière, les discussions portent souvent, pour ne pas dire tout le temps sur de la mécanique. Autant d’anecdotes, de pannes et de péripéties qu’ils adorent raconter et se rappeler entre eux, entretenant la légende.

Pourtant rien ne prédestinait ces garçons à mettre les mains dans le carbu

Le hasard fait bien les choses

Mais qui sont-ils ? Qui sont ces passionnés de mécanique qui s’attaquent aux cols en mobylette ? Les first five, les cinq premiers ce sont Sylvain dit « Sly », Etienne dit « Papaille », Sébi, Kevin et Vince. C’est le hasard qui les a réunis, c’est la passion et l’amitié qui les poussent à continuer. Les personnalités se complètent et s’harmonisent entre elles pour donner l’impulsion à tout le groupe depuis le départ. Sylvain nous raconte : « Plutôt que de faire un week-end où on va boire des bières, on s’est dit qu’on allait trouver une activité à partager.  J’avais ce collègue qui venait de faire Annecy Mont-Ventoux à mobylette avec une équipe d’anciens. J’ai parlé de ce voyage aux autres. Tout est parti de là. On s’est donné 15 jours pour trouver une mob! Puis on a fait notre première sortie, Annecy-Saint-Jorioz et deux d’entre nous sont tombés en panne ! C’était notre première expérience et on a bien réalisé qu’il fallait qu’on apprenne à bricoler… » Parce que les mobs tombent en panne, souvent, et il faut trouver d’où ça vient. C’est avec une âme de bricoleur que chacun décortique, écoute, teste et répare sa mob pour repartir de plus belle. Etienne précise : « C’est un peu comme si tu avais récupéré la vieille R5 de ta grand-mère, les sièges ont des ressorts qui sortent de partout, et puis ça marche jamais, et le garagiste te dis sans arrêt «  jette-là ! Qu’est ce que tu veux qu’on en fasse de ça ? ». Mais tu y es attaché, alors tu la gardes et tu fais une bricole dessus, tu mets une petite rustine, ça remarche quelques kilomètres mais au fond de toi tu te dis qu’elle va finir par rouler… ». Oui c’est ça l’esprit Mobyboys, savoir aussi que la panne fait partie du package et que sans elle, l’odyssée n’est pas la même.

Et quand on leur demande comment ils apprennent à bricoler : « Il y a un truc formidable aujourd’hui qui s’appelle Internet ! » C’est donc avec les tutos que les garçons se perfectionnent à la mécanique si spécifique des cyclomoteurs.

Sebi : « Les tutos mob sont parfois de bonnes blagues ! »

Kevin : « Ce qui nous a aidé, c’est qu’on a retrouvé sur un site toutes les anciennes notices de mobylettes numérisées avec une vue éclatée de tous les moteurs, tous les châssis. Et avec ça, on fait ce qu’on veut. »

Etienne : «  Nous avons tout imprimé et ça nous a beaucoup aidé. Dans l’absolu c’est de la mécanique simple, sauf que quand il y a un problème, ça nous prend beaucoup de temps pour détecter où il se trouve. »

Sylvain : « On a tous appris à bricoler. Tu pars, tu n’es pas sûr du timing mais tu roules et ça fait partie du truc, tu tombes en panne, tu t’arrêtes au bord de la route, tu répares et ça repart ! »

Ce qui est certain c’est que sans cet aspect « casse-tête », la saveur de l’aventure ne serait pas la même pour eux : « C’est gratifiant de récupérer de vielles brêles et les retaper. Tu as une fierté de te dire que tu l’as remise en route et que ça marche », conclut Sylvain.

 

C’est gratifiant de récupérer de vielles brêles et les retaper.

A l assaut des routes de France

Depuis le premier écusson cousu sur leur bleu de travail, celui de la ville de Thônes, ils en ont parcouru des kilomètres dans les paysages alpins mais pas que.

Après la Traversée des Alpes en 2017 et Le Mystère Pyrénéen en 2018, l’équipée a récemment sillonné les routes du Jura, rapportant à l’occasion et comme à leur habitude des anecdotes incroyables qu’il n’est possible de connaître qu’au guidon de leur engin.

Sylvain : « La base de notre délire c’est ça, s’arrêter souvent pour rencontrer du monde et à mobylette, ce sont toujours des gens improbables ! »

Etienne : «  C’est ce que je préfère dans cette aventure. Ce qui m’a le plus marqué, c’est le rapport avec les gens, les rencontres. La mobylette c’est génial, tu roules à 30, 40 km/h, tu discutes avec tes potes, tu peux profiter du paysage.

Ça va être comme les cyclistes , l’effort en moins mais les mains sales et l’odeur de 2 temps en plus ! »

Kevin : « Ça attire la sympathie de tout le monde, ça éprouve la patience des automobilistes dans les cols mais quand ils nous dépassent, ils nous saluent ou nous filment. »

Au fur et à mesure de leurs voyages, ils affinent leur expérience, leur organisation et la manière d’aborder chacun d’eux. Car le but premier de ces « trips » est avant tout le partage, la découverte et l’échange avec les personnes rencontrées sur le chemin. Donc, d’un style « Paris-Dakar » sur leurs premières virées où le temps était compté, ils souhaitent maintenant prendre le temps de s’imprégner des lieux qu’ils visitent.

Sylvain : « Paris-dakar parce qu’on arrivait le soir, il fallait bricoler les mobs pour être sûr de repartir le lendemain. Quand on n’avait pas le temps le soir, le lendemain matin dès 7h on se remettait à trafiquer les moteurs jusqu’au petit-dej’ et on repartait. Ça ne laissait pas le temps de profiter et se poser. »

 

 

Les projets sont nombreux, la Corse, le tour du Mont-Blanc, la route des vins en Alsace, autant d’opportunités de balade qu’ils envisageront désormais différemment. Moins de kilomètres, partir moins loin, moins nombreux, les priorités ne seront plus les mêmes.

Sylvain : « On est allés loin dans l’extrême et, en fait, les brêles ce n’est pas fait pour ça. À la fin du trip dans les Pyrénées, on a fait le constat qu’avec 10 mobs, il y a forcément plus de chances d’avoir des pannes ! »

Aujourd’hui, les Mobyboys veulent revenir à l’essence de ce pourquoi ils se sont lancés dans l’aventure, à l’essence de tout ce qui fait l’esprit « mob », à l’essence de ce qu’ils ont touché du doigt au gré de leurs rencontres sur la route.

Sylvain : « Ce qui est sympa avec la mob, c’est que ça a un côté populaire. Les gens ont tous une histoire avec une de ces machines. Ça les invite à parler de leur vécu, les anciens mais aussi les plus jeunes. »

Etienne : « Dans les gîtes où l’on s’arrête, on croise des personnalités incroyables. Ce sont souvent des gens qui ont des parcours un peu chaotiques, qui n’étaient pas du tout destinés à tenir un tel établissement et qui nous confient leurs histoires. Ils partagent aussi peut-être parce que t’es en mob, tu véhicules une espèce de sympathie. »

 

On est allés loin dans l’extrême et, en fait, les brêles ce n’est pas fait pour ça.

Des projets, les garçons en ont plein la tête. Ces années à arpenter les routes de campagne les ont rôdés, leur ont appris des choses. Leur but à l’avenir c’est de cultiver encore plus cette façon de vivre et de voir le monde si singulière lorsqu’ils sont sur leur mob, d’aller à la rencontre de ceux qui partagent cette passion et d’en faire le récit. Avec leurs mots, ils écriront la suite d’une histoire qui a commencé il y a bien des années en France, entretenant à leur manière un passé qui nous lie tous, qui fait partie de notre culture. En reprenant les mots de Sylvain : « L’essence de la balade en mob ce sont les paysages, les belles routes de France, les bistrots. C’est aussi tout ce côté culturel français qu’on aime. »

 

Texte : Olivia Bergamaschi

Photos : Jérémy Bernard

Les Mobyboys

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