Publié le 8 septembre 2020

les chroniques de Marie Py

Episode 2

Actualité

Hipsteria

« Comment elle se la pète l’autre hipster ! » Alors non, breaking news, à moins qu’aimer une chose, quelle qu’elle soit, fasse de vous quelqu’un qui se la raconte, je ne crois pas.

Oupsie. Si, ça existe, ça, pardon. Alors laissez-moi m’expliquer.

Pour le coup du terme « hipster », déjà, je croyais qu’on avait passé le cap en 2013. Que c’était révolu, cette affaire. Mais non : l’autre jour, encore, un conno qui se trouvait être mon voisin de table, a balancé cette phrase à son pote : « Nan mais nimp, quoi, mate comme elle se la pète l’autre hipster ». Pour situer la scène, j’étais seule, dans mon café préféré d’Annecy, en train d’écrire. Non, sérieux : avant de traiter quelqu’un de hipster, regarde l’éthymologie du mot sur Wikipédia, chaton. Oui, oui, à ce niveau de filsdeputerie je n’évoque même pas le dictionnaire. Le mec n’en a pas, c’est signé.

Hipster pour quoi, malotru ? Parce que t’as eu le malheur de me voir un jour avec ma robe Star Wars, une paire de derbies  ou un parapluie en forme de katana ? T’es con ou quoi ? Si je suis effectivement « hipster », comme tu sembles l’affirmer, alors je le suis depuis ma naissance… Tu confondrais pas avec cheloue, des fois ? Parce que là, t’as tapé dans le mille, bingo Charlot. Et malgré mes sapes, je crois sincèrement être d’une effroyable banalité.

Le piiiire… C’est que le mec sort ça, tout en suffisance, avec une coupe et une barbe clairement faites chez un foutu barber probablement méga branché. On en parle de ça ? Ces gars qui ont tous la même coupe de veuch, là ? Avec la même bebar, rhah… Pis au poil de cul, quoi. Rien qui dépasse, c’est ouf. Des fois ils osent même la moustache qui rebique façon Dali. Hé mec, t’es vendeur chez H&M, t’es loin des montres molles, darling, redescends, je t’en supplie.

Je vais changer de discussion, je m’énèrve toute seule, là. Mais ouais, j’aime l’indie, ouais. C’est pas de ma faute si je préfère la musique indé (enfin d’une manière générale, quoi, parce qu’il y a aussi bien des merdes dans le milieu), c’est pas voulu. Halleluia Spotify (aussi connu sous le nom de Dieu), béni sois-tu. Non, je n’exagère même pas. Difficile de pas trouver son style là-dessus. A moins d’être un foutu gangsta de la musique underground. Dans ces cas là, l’app devient presque accessoire, dans la mesure où t’as une collec’ de vinyle à en faire pâlir n’importe quel vendeur de chez Roughtrade.

Alors c’est pas mon cas, hein, je vous le dis tout de go, je dois avoir une centaine de vinyles. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire bof, naze. Pis j’ai pas mal de potes à fond là-dedans. Et quand ils viennent chez moi, je sens bien qu’intérieurement ils se foutent de ma gueule. Il leur arrive de me fustiger à haute voix, d’ailleurs. Oui, certains de mes potes sont effectivement des cons, mais je les aime quand même. Allez savoir pourquoi.

Non, celui qui en souffre le plus, c’est clairement mon copain : On a pas tellement les mêmes goûts lui et moi. Et pour ne rien gâcher, j’ai, comme beaucoup, ma chanson favorite du moment. Un titre de Jeffrey Lewis que j’adore vers l’infini et au-delà. C’est de l’Antifolk, le mec a un débit qui déboite, il est très drôle et chante limite faux. J’adore. Je comprends vite qu’il faut que je change de morceau sous peine de vengeance, par contre. Attation, il ne compte pas me scalper non plus, hein, mais je risque fort de me taper un vieux morceau bien punk à un volume ébouriffant. Je change, et je me demande : Est-ce que c’est ça, être une fille facile ? Mais c’est un autre débat.

Pour ce qui est de la littérature, j’aime bien les trucs un peu déviants, un peu crades, genre Selby Jr ou Bukowski. Pas de Guillaume Musso chez moi, vous l’aurez compris. Je pense même que si j’étais célib, sans le sou, en mode fille perdue / cheveux gras et que monsieur Musso venait frapper à ma porte en smoking avec un bouquet de roses rouges (oui je l’imagine comme je veux, d’abord), bon à la limite je lui payerais un café, hein, ça me paraît être le minimum syndical -à tout les coups c’est le genre à ne boire que du thé,  mais un truc à la con, hein, du style « papaye et ginseng »-, pis je lui ferais faire de menus travaux dans mon taudis avant de lui dire gentiment de dégager. Pas vraiment ma came, ce genre d’auteurs à midinettes. Mais chacun son goût, hein.

En Art, facile : Du contemporain, direk. Koons pourquoi pas, mais plus Saudek, forcément, c’est plus craspouette. En Archi, pareil, plutôt récent. Hadid foweva, on zappe un peu Le Corbusier, ça va bien un moment. Le mec crée des HLM, il révolutionne l’archi dégueu et on l’encense ? Faut arrêter deux secondes, là. Même s’il a de cools lunettes.

Des fois ils osent même la moustache qui rebique façon Dali. Hé mec, t’es vendeur chez H&M, t’es loin des montres molles, darling, redescends, je t’en supplie

 

Reste le cinoche, non ? La grande famille, c’est ça ? Bon, mes films pref sont, en grande partie, des films d’auteur, j’avoue. Persona de Bergman, Py de Darren Aronowsky (…) Ca, c’est ce qui me plaît vraiment. A ce niveau on ne parle même plus de traîner son mec voir des films avec des sous-titres ; ceux que je vais voir ont parfois des sous-titres en VF, c’est dire. Le garçon en chie un peu, c’est vrai. C’est sûr que quand t’es un peu fana de l’Univers DC Comics et Marvel au ciné, de grosses explosions et de flingues qui crachent, ta copine qui dit, les yeux pleins d’étoile, que « Y’a le dernier Dolan qui est sorti mon amour », ça hérisse un peu.

(…)…ouh là. Grosse introspection.

Je viens de me relire pour voir s’il y avait des fautes ou des redondances, et je me rends compte que c’est moi, bordel. Je suis la redondance… HIPSTER ? Saperlipopette. J’l’avais pas vue venir, celle-là. J’explique par A plus B le pourquoi du comment, que je suis tout sauf ça et là, bam, patatras, je lis la description d’une connasse. « Noooooooo !!!!! »…. Comme dans les blockbusters américains, je viens de tomber de haut, en criant « Nooooooon !!!!! » (pour les non-bilingues). Oh je me déteste j’ai recommencé. Ta gueule, Marie…

Du coup je tiens à m’excuser auprès de toutes les personnes que j’ai pu heurter avec ce texte. Guillaume Musso n’est pas si nul, le Corbusier reste un génie, les blockbusters y’en a des biens, et pardon mon amour, tu as franchement du mérite. Je suis horrible. Je suis issue d’une espèce que je croyais disparue, comme le Dodo ou les dinos. Je suis une Hipsteriarum Filla. Je me résigne. J’aurai l’esprit ouvert. Enfin d’avantage. Enfin autant que possible, quand quelqu’un me dira que, vraiment, Adèle, c’est sensass, je répondrai oui, sans autre forme de procès. Cap.

Enfin, je jure solennellement que j’achèterai avant 2022 (si les masques et le reste nous le permettent) un billet pour Céline Dion… Pas vraiment un effort, j’avoue… Je suis une fille avant tout. Le ballet est bientôt…terminé (scène intérieur jour / son d’harmonica).

Et bisous !

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