Publié le 15 septembre 2019
Le Projet Manta
Crédit photo : The SeaCleaners

Le Projet Manta

Combat environnemental d'un skipper chevronné

Reportage

Nos océans, poumons de la planète, sont en péril.
La pollution plastique sévit et représente aujourd’hui une catastrophe écologique sans précédent. Face à ce constat,
Yvan Bourgnon, skipper franco-suisse expérimenté, et son association The Sea Cleaners ont imaginé un navire capable de collecter les déchets plastiques et préserver le milieu océanique.

Vaste chantier que la préservation de l’environnement marin. Lorsqu’on sait que des millions de kilomètres carrés d’océan sont d’ores et déjà pollués, affectant les espèces qui y vivent, impactant la santé humaine mais aussi l’activité économique, le sujet doit être pris au sérieux. Yvan Bourgnon, marin émérite qui navigue depuis son plus jeune âge, a été touché par ce fléau environnemental au cours de ses nombreuses sorties en mer : « J’ai été choqué de constater à quel point tous les océans que j’ai traversés sont pollués par des déchets plastiques en tout genre » déclare-t-il. Cette triste vision l’incite à créer en 2016 l’association The Sea Cleaners. Son but : mener des actions de front afin de sauver les vastes étendues océaniques de la planète contre les dangers qui la menacent chaque jour. La pollution plastique est l’une d’entre elles, et non des moindres.

L’association travaille au travers de plusieurs axes, avec des missions préventives et correctives sur terre et en mer. Sur terre d’abord, avec l’éducation des générations futures, la protection de la biodiversité, le rôle de l’humain dans les enjeux écologiques de demain et la dynamisation d’une économie locale et circulaire pérenne avec des solutions de valorisation des déchets. En mer ensuite, en collectant les macro-déchets plastiques et en récoltant de nombreuses données scientifiques capables de comprendre et d’appréhender cette pollution de masse.

UNE ALTERNATIVE ECOLOGIQUE : LE PROJET MANTA

Inspiré du nom du poisson océanique, la Raie Manta, qui se nourrit en filtrant l’eau de mer pour se nourrir de zooplancton, le projet imaginé par The Sea Cleaners représente une alternative innovante à la pollution des étendues d’eau salée du globe. Car en attendant que les efforts de prévention payent, l’urgence est d’aller chercher ces plastiques avant qu’ils ne se fragmentent et ne se dégradent au point d’être assimilés par l’ensemble de la vie marine.

l’urgence est d’aller chercher ces plastiques avant qu’ils ne se fragmentent

UN DEFI TECHNOLOGIQUE

70 mètres de long, 49 de large et 41 de haut, ce navire hauturier en impose. Il ne faut pas moins pour s’attaquer à un fléau colossal. Le bateau devrait sillonner les mers quelques 300 jours par an, collectant l’équivalent de 10 000 tonnes de macro-déchets sur cette même période.

Afin de réduire un maximum l’empreinte carbone, l’embarcation combine plusieurs technologies de production d’énergies renouvelables. L’objectif est d’être autonome à 75% en dissociant 2 phases principales de propulsion et de fonctionnement. La première, lorsque le bateau collecte les déchets à faible vitesse, soit environ 3 nœuds (5,5 km/h). Des moteurs électriques sont alors alimentés par 2000 m2 de panneaux solaires et 2 éoliennes. La deuxième phase concerne le retour des débris à terre, où il faut aller plus vite. Pour rejoindre le port le plus rapidement possible, 4 grands mats équipés de voiles de concept Dynarig propulseront le vaisseau à 9 ou 10 nœuds (18,5 km/h).  Tout a été pensé dans le moindre détail et n’épargnera aucun détritus, puisque ceux qui ne sont pas recyclables finiront incinérés par une pyrolise. Celle-ci génèrera du carburant à partir de ces plastiques spécifiques et permettra au navire d’obtenir de l’autonomie supplémentaire.

Afin de réduire un maximum l’empreinte carbone, l’embarcation combine plusieurs technologies de production d’énergies renouvelables. L’objectif est d’être autonome à 75% en dissociant 2 phases principales de propulsion et de fonctionnement. La première, lorsque le bateau collecte les déchets à faible vitesse, soit environ 3 nœuds (5,5 km/h). Des moteurs électriques sont alors alimentés par 2000 m2 de panneaux solaires et 2 éoliennes. La deuxième phase concerne le retour des débris à terre, où il faut aller plus vite. Pour rejoindre le port le plus rapidement possible, 4 grands mats équipés de voiles de concept Dynarig propulseront le vaisseau à 9 ou 10 nœuds (18,5 km/h).  Tout a été pensé dans le moindre détail et n’épargnera aucun détritus, puisque ceux qui ne sont pas recyclables finiront incinérés par une pyrolise. Celle-ci génèrera du carburant à partir de ces plastiques spécifiques et permettra au navire d’obtenir de l’autonomie supplémentaire.

The Sea Cleaners frappe un grand coup et alerte l’opinion et les populations sur l’urgence d’agir

C’est une immense organisation qui se cache derrière le projet avec une équipe constituée de plusieurs pôles de compétence menant à bien les missions de l’association. Science, pédagogie, mécénat, communication et bénévolat sont intimement liés et forment un ensemble riche et rigoureux soutenant le programme. Ceux-ci conjugués à une structure, Manta Innovation, qui elle chapeautera le consortium technique en lien direct avec les partenaires du projet, notamment pour le recyclage des déchets et la construction du bateau et de ses spécificités.

Le projet Manta est une proposition d’envergure qui permettra de lutter efficacement contre la pollution des océans, tout en renforçant la prévention par le développement d’actions de sensibilisation et en collectant des données scientifiques utiles. Avec cette initiative, l’association The Sea Cleaners frappe un grand coup et alerte l’opinion et les populations sur l’urgence d’agir face à une situation catastrophique pour notre planète. Une alternative technologique sans précèdent et une aventure humaine au-delà des frontières, lueurs d’espoir pour la préservation de nos océans.

YVAN BOURGNON

Skipper franco-suisse

1995 : Vainqueur Mini-Transat & Mini-Fastnet

1997 : Vainqueur de la Transat Jacques Vabre avec son frère Laurent Bourgnon.

2008 : Passage du Cap Horn en catamaran de sport non habitable.

2013 : Tour du monde en catamaran de sport non habitable (230 jours de mer).

2017 : Défi BIMÉDIA : 1er passage du Nord-Ouest à la voile en solitaire sur un catamaran de sport non habitable.

2018 : Double Record du monde sur un Nacra F20 Carbon : Traversée de la Méditerranée / Traversée de la Manche.

Phases du projet

2019

Finalisation du cahier des charges techniques, tests sur démonstrateurs, sélection des équipements et fournisseurs, choix du chantier naval.

2020

Etudes de conception préliminaire, intégration des systèmes, spécification d’approvisionnement des équipements et planification de la construction.

2021

Approvisionnement des systèmes, début de la construction, choix des zones de collecte et validation des autorisations auprès des instances concernées.

2022

Fin de la construction, mise à l’eau du navire et essais techniques.

2023

Mise en service du Manta et 1ères missions de collecte.

 

 

Texte : Olivia Bergamaschi

Le Projet Manta

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