Publié le 6 avril 2016

Laurence Arné

Mes personnages n’ont pas de second degré

Interview

Après Débo la nympho dans Working Girls, Laurence Arné est l’héroïne du nouveau format court de Canal + : Les filles d’aujourd’hui. Une pastille humoristique dans laquelle la comédienne campe tantôt Jessica la blogueuse, Anne l’executive woman ou Jenny, la community manager... Bref, des personnages qui se la racontent.

Vos personnages : caricatures ou réalité?
Ils sont le reflet de la réalité mais en version comédie. J’essaie de ne pas exagérer leurs traits pour rester au plus près de ce qui se passe aujourd’hui dans la société et de préserver un certain réalisme afin que l’on s’y reconnaisse. Il ne faut pas tomber dans l’excès car mes personnages perdraient leur crédibilité.

Qu’est-ce qui vous agace chez les filles d’aujourd’hui ?
Je joue une fille mais ce sont davantage certains aspects de notre société ou de notre génération qui m’agacent : ce manque de recul qui crée souvent un empressement, une folie excessive sur des modes, des engouements obsessionnels. à travers la blogueuse ou la community manager, j’interprète des gens qui ne doutent pas. Mon message c’est : «Eh, regardez, on est dans une société hyper individualiste, tous centrés sur nous-mêmes, sur notre petit confort de vie. Soudain, il y a un truc qui marche et on s’y engouffre parce qu’on a envie d’exister, de se mettre en scène sur les réseaux sociaux». Je trouve ça outrancier et un peu soulant. Cet égoïsme ambiant du «chacun pour sa gueule», c’est typiquement occidental, capitaliste. Mais même si on n’adhère pas vraiment au courant, on n’a pas d’autre choix que d’y participer. Je joue des marionnettes pour dénoncer ce qui se passe au-dessus.

On peut tout plaquer pour ouvrir des chambres d’hôtes, non ?
À un moment, si on n’arrive plus à trouver son équilibre dans une vie parisienne stressante où il faut poster ses photos, être sur Instagram, s’habiller à la mode, personne ne nous force à jouer le jeu. J’admire les gens qui ont envie de revoir la mer, de se reconnecter avec la nature et qui tournent la page à travers une reconversion professionnelle, par exemple. Quand j’interprète Virginie Leny, la Parisienne qui décide d’ouvrir des chambres d’hôtes, je mets en valeur l’intelligence de la personne qui a finalement compris qu’elle n’est plus adaptée à un système.

Avez-vous l’impression d’avoir une vie de dingue?
Non, parce que j’ai été élevée avec les valeurs de la nature, des choses simples, des échanges. Du coup, quand je sens que ça devient fou, je prends le large, je voyage un peu, je me remets dans un rythme de slow life : voilà encore un effet de mode! Mais ça permet de retrouver un équilibre, de retomber sur ses pattes. Il faut savoir s’écouter. Mes personnages, eux, ne sont jamais dans la demi-mesure, ils sont à 100% dans quelque chose, ils n’éprouvent aucun doute, n’ont pas de second degré.

Avez-vous déjà connu un grand moment de solitude ?
L’été dernier, alors que je me trouvais sur une plage avec des amis hollandais, des gens se sont approchés pour me demander de faire une photo. Je réponds : «Oui bien sûr, avec plaisir». Pensant qu’ils m’avaient reconnue, j’ai commencé à prendre la super pause photo. A ce moment-là, la fille me tend son appareil pour que je la photographie avec son copain. Mes amis ne parlent pas français, ils n’ont pas compris que je me m’étais payé la honte.

A part la zumbalala, quelle discipline aimeriez-vous apprendre ?
Toutes ! Je viens de tourner un film de Fred Cavaillé avec Dany Boon pour lequel j’ai découvert le violoncelle. J’ai adoré. Au cours d’autres tournages, j’ai appris le bowling, la rumba : ça m’a éclaté. L’avantage de la série Les Filles d’Aujourd’hui, c’est de pouvoir faire des petites incursions dans des métiers, dans de nouvelles activités. C’est génial de toucher à tout.

L’impro : un exercice qui vous botte ou qui vous angoisse ?
Ça m’a longtemps angoissée parce qu’il y a un lâcher prise à faire. Des cours d’impros m’ont beaucoup aidée, ils m’ont appris que tout ne repose pas sur nous, qu’on est une équipe, qu’on a un partenaire. Ça apaise de se dire : « Ah, il n’y a pas que moi qui stresse ! ». C’est agréable de ne pas se mettre trop de pression, ça sert énormément dans la vie.

Propos receuillis par Nathalie Truche

 
 

david jamin
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