Publié le 15 septembre 2019
Kevin Kalkoff
Crédit photo : Eisa Bakos

Kevin Kalkoff

Leçon de style 
d’un virtuose du BMX

BMX, Portrait

Le BMX est plus qu’un sport, c’est un art de vivre que Kevin Kalkoff cultive depuis son adolescence. Pro rider émérite, cet annécien pur souche a su imposer son style, esthétique et décontracté, au cours de sa carrière. Entre confidences et souvenirs, il partage sa vision de sa passion et ce qui fait la particularité de cette culture pas comme les autres.

On se souvient tous (enfin pour les plus vieux d’entre nous…) de la scène de course-poursuite trépidante entre Elliot, ses potes, son compère ET et les méchants du gouvernement dans le film culte ET l’extra-terrestre. Le public découvre alors à l’écran des vélos d’un style particulier aussi appelés BMX. Des images qui ont sans doute fait naître quelques vocations à l’époque tant les joujoux ont l’air cool à manier ! On est alors en 1982 et même si le BMX, à proprement parler, n’était pas vraiment une nouveauté à cette époque, c’est pourtant durant les années 80 que le freestyle et le côté urbain de la discipline ont nettement commencé à faire des étincelles aux Etats-Unis puis en France.

 

L'environnement façonne la vision que l'on a de sa pratique et de sa manière de rider

Kevin Kalkoff lui, le découvre adolescent, en voyant d’autres maltraiter leurs vélos dans les parks de Haute-Savoie. Il ne sait alors pas que le BMX, ce sera sa vie. En privilégiant le style et la créativité à la grosse performance, le pro rider redéfinit la discipline et s’inscrit à part dans le milieu. Avec un parcours atypique, tenant presque d’un art, Kevin exploite l’originalité, la précision et le « bon goût » dans son « riding » et prouve que les gros tricks et la tête en bas ne remplaceront jamais une figure précise et exécutée avec style.

 

Itinéraire d'un enfant surdoué

« Je me suis fait remarquer sur une compétition dans le sud de la France. C’est à ce moment que j’ai commencé à avoir quelques sponsors. Tout est parti de là. Je pense faire partie de la dernière génération qui avait encore une chance d’émerger facilement. »


Aujourd’hui, Kevin est pro rider, et ce depuis 12 ans. Douze années au cours desquelles il a pu apprécier, jauger, appréhender l’évolution de la pratique, en la comparant forcément à son histoire : « lorsque j’ai débuté, il fallait qu’on se déplace en compétition pour voir ce qu’il se passait dans le milieu, des magazines sortaient tous les mois, des vidéos arrivaient des Etats-Unis et il fallait qu’on attende ça pour être au courant de l’actualité du BMX ». Le rider a cependant terminé ses études avant de se consacrer entièrement à sa passion. Dès la fin de son cursus, c’est donc au BMX qu’il se dédie à 100% en tant que professionnel, faisant de sa vie un enchaînement d’expériences inoubliables : « J’ai pas mal bougé avec les marques pour lesquelles j’ai roulé et je roule encore. D’une part pour les compétitions, d’autre part pour les vidéos et les shooting photo. C’est la particularité d’être pro rider, on doit partir à l’étranger car les voyages sont une grosse partie de notre job. »

 

L’annécien aime pratiquer plusieurs des disciplines du BMX comme le street ou le park mais sont art de prédilection reste le Bowl. C’est dans celui des marquisats à Annecy qu’il fera ses armes et perfectionnera sa pratique pour développer un style qui lui sera propre et pour lequel il sera bientôt reconnu dans le milieu.

J'ai toujours préféré voir des riders qui privilégiaient leur style aux figures

Un style unique

« Dès le départ, j’ai toujours préféré voir des riders qui privilégiaient leur style aux figures qu’ils pouvaient performer. Donc c’est assez personnel comme choix et c’est un aspect vers lequel je me suis naturellement dirigé. » Kevin a le style dans le sang, une particularité qui fera qu’il se démarquera assez rapidement dans le monde du BMX. La recherche du meilleur trick et du meilleur angle façonne la vision qu’il a de son sport et influencent son parcours, lui faisant naturellement passer des compétitions aux images avec les vidéos et la photo : « Je fais un peu moins de compet’ aujourd’hui car le « riding » que j’ai développé d’année en année n’est pas un riding de compétition. Ce dernier va être super impressionnant avec de grosses figures, mais ce n’est pas trop mon truc. J’ai alors préféré me concentrer sur les vidéos. » Puis il y a sa ville de cœur, Annecy, qui a aussi inspiré son expression du BMX, « Le fait de grandir à Annecy et de pratiquer sur le bowl aux marquisats, un lieu fort et emblématique, a aussi forcément forgé mon riding et cette attention particulière à l’esthétique. Je suis persuadé que l’environnement façonne la vision que l’on a de sa pratique et sa manière de rider. »
Kevin pense que le style est quelque chose d’inné. Le rider en a, ou pas. Pour lui, ceux qui arrivent à allier performance et style seront forcément les meilleurs mais ils sont aussi très rares !

Le BMX, d’hier à aujourd ’hui

Lorsque Kevin débute le BMX, au début des années 2000, le sport est en plein essor et la dynamique n’est pas la même : « Maintenant le milieu du BMX me paraît complètement différent. Le niveau a augmenté, il y a plus de pratiquants, du fait du prix plus accessible des vélos, et chacun cherche désormais à se faire remarquer en se filmant avec son smartphone… Si on est vraiment bon, on va sortir du lot, sinon ça aura plutôt l’effet inverse, avec une tendance à faire stagner la discipline.» En tant que pro rider, il a pu voir l’évolution de la pratique, de son marché et notamment l’émergence de nouvelles marques qui ont modifié l’équilibre au cours des deux dernières décennies : « les marques sont de plus en plus à se partager le marché et consacrent moins de budget pour les pro riders. Les mentalités ont évoluées, les « prize money » sur les épreuves sont plus conséquents et poussent les concurrents à développer un esprit de compétition bien plus intense qu’avant. Je ne me retrouve pas vraiment dans ce climat général plus tendu.»

Au delà des championnats et contests de la discipline, c’est toute une jeune génération qui s’implique et fait évoluer le BMX. Pour Kevin, c’est encourageant car beaucoup de jeunes se mettent à la pratique, même s’il nuance par rapport au skateboard où la progression est bien plus marquée. Le rider regrette également une certaine perte de liberté et de fun : « C’est comme si désormais la seule importance était la recherche de la performance, du sponsoring, et plus simplement de s’amuser avec son vélo. Le BMX, pour moi, c’est avant tout se procurer du plaisir et kiffer le côté fun du sport, c’est ce que j’ai toujours cultivé, même dans ma vie de pro. »
Toutefois, il semblerait que cet art du deux roues ait encore de belles années devant lui avec notamment l’entrée du sport aux JO 2020 de Tokyo dans la catégorie Freestyle. Une belle reconnaissance de la discipline au niveau international et une opportunité pour le public non initié de découvrir une culture à part entière.

 

Rider passionné et créatif, Kevin Kalkoff a mis en place au cours des années une ligne de conduite qui lui a permis de faire une différence dans le monde du BMX. En cultivant une esthétique à la fois personnelle et singulière, il a pu instaurer des collaborations de longue durée comme avec la marque VANS qui le suit depuis ses débuts. Une constance rare lui donnant l’opportunité de durer sur la scène BMX et de concrétiser encore aujourd’hui des projets autour de sa pratique, notamment au niveau des vidéos. Après le film très réussi SA-FARI, produit par MONSTER et réalisé en Afrique du Sud, l’ambition est de décliner le format en Amérique du Sud très prochainement. Une belle carrière qui n’est donc pas prête de s’arrêter…

Texte : Olivia Bergamaschi

Photos : Eisa Bakos

Léo Slemett
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