Publié le 11 janvier 2019

Juliette

Jouer avec les mots et les touches de piano

Interview

La réédition de son dernier album « J’aime pas la chanson » est accompagnée d’un EP 4 titres : Padam padam, Ma préférence, Les corons et Les brunes ne comptent pas pour des prunes. Juliette : un prénom, des lunettes rondes, un texte, un piano.

Comment avez-vous choisi ces quatre reprises ? 

Je souhaitais proposer un panel de chansons françaises populaires. J’ai choisi des tubes absolus, de la belle ouvrage. Padam, padam est une vieille amie, je la chante depuis mes débuts. J’ai aussi repris Ma préférence  car j’ai un vrai amour pour la musique de Julien Clerc, un de nos meilleurs mélodistes. J’aime beaucoup ce texte signé Jean-Loup Dabadie. C’est donc pour moi l’hommage à une très belle plume. Les corons est une idée que j’avais depuis longtemps. Cette chanson de Pierre Bachelet a été très entendue, martelée. Mais les générations se succèdent, les jeunes adultes d’aujourd’hui n’ont pas connu ces mines et l’héritage des mineurs est en train de se perdre. Je me suis dit que reprendre cette chanson serait comme transmettre une histoire aux enfants. C’est pour cette raison que j’en ai fait une berceuse. Il y a dans ce titre une poésie qui correspond au sujet qu’elle exprime.    

Vous interprétez également Les brunes ne comptent pas pour des prunes…

J’avais envie d’inclure une chanson joyeuse, amusante, décalée. J’ai mis des années 40 dans une chanson des années 80. C’est aussi un clin d’œil à Lio avec qui je partage un certain nombre de points de vue sur la vie. Je la respecte infiniment, j’aime les choix qu’elle a fait et la façon dont elle a mené sa carrière. Je pense que nous travaillerons ensemble un jour. Je ne sais pas comment mais j’en ai très envie. 

Votre album s’intitule « J’aime pas la chanson ». Pourtant vous l’aimez !

Cela va de soi, c’est du second degré. Comme le disent les paroles de ce morceau, on se donne beaucoup de mal pour écrire des chansons. Parfois je me demande pourquoi je m’énerve à ce point. Faire des chansons demande énormément de travail, c’est du boulot !  

Procrastination : un titre qui vous ressemble ? 

Je suis une procrastinatrice de compétition. Dans la procrastrination, il y a une notion positive car on se dit : c’est pas la peine de faire ça aujourd’hui puisque je serai là demain. Quand on procrastine, on est vivant. C’était l’idée de départ de la chanson, être profondément optimiste. 

Vous remplissez les salles sans être omniprésente dans les médias…

Je le dois à un public de fidèles qui me suit depuis trente ans mais pas seulement, car j’en ai gagné aussi. Quand il y a un peu de médiatisation, forcément, de nouveaux arrivent. C’est formidable de durer de générations en générations. J’adore quand un gamin me dit : ma grand-mère aussi est fan ! Je pense faire des chansons qui n’ont pas de caractéristiques générationnelles.  

 

Quand on procrastine, on est vivant 

Y-a-t-il une femme dont vous admirez le parcours de vie ?

J’aime Colette, cette jeune fille venue de Bourgogne pour faire son trou à Paris. Ce n’est pas pour rien qu’on la compare à un chat car un chat fait ce qu’il veut. Elle avait ce côté félin à une époque où tout n’était pas simple pour les femmes. C’est important d’avoir des exemples et Colette en est un pour moi.   

L’année 2019 commence. Vous êtes du genre à prendre des résolutions ? 

Les résolutions, on sait très bien où elles mènent : à rien. Donc non. Pour l’instant, mon objectif est de finir ma tournée. Après, on verra ce qui se passe. Chaque chose en son temps, on y va tranquille. 

À quoi ressemble une journée parfaite pour vous ?

J’ai appris une chose c’est que dans une journée, il y a de nombreux moments parfaits. Il faut se contenter et se réjouir de ce qu’on a surtout quand on a de la chance. Et j’ai de la chance. À côté de moi, je vois que la vie n’est pas marrante pour tout le monde, qu’il y a plein de choses à faire et à donner. Les gens comme moi n’ont pas le droit de se plaindre. Donc, des journées parfaites, j’en vis beaucoup. 

Un vœu pour 2019 ?

Ce que nous vivons en ce moment avec les gilets jaunes est à la fois compliqué et enthousiasmant. Dans notre pays, on avait l’impression que les gens s’endormaient, se contentaient de ce qu’ils avaient. Ce « non laisser-aller » me fait plaisir, me rappelle qu’on est en France et c’est chouette. Ce qu’on va en faire ou en dire est sujet à plein de débats et il faut en débattre. Ce renouveau dans la parole publique qui avait été confisquée me réjouit. Alors mon vœu serait qu’on écoute ce que les gens ont à dire. 

Propos recueillis par Nathalie Truche 

Juliette - le 13 février 2019 à Bonlieu Scène Nationale à Annecy 

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