Publié le 15 mars 2020
Fratrie Magnésie
Crédit photo : @ Remi Fabregue

Fratrie Magnésie

Le rêve olympique des Frères Mawem

Escalade
Crédit photo : Arthur Scychowski

Les Frères Mawem veulent marquer l’Histoire. Mickaël, 29 ans, et Bassa, 35 ans, unis par les liens du sang, reliés par cette corde qui pend à leur baudrier depuis l’enfance, sont les deux grimpeurs qui représenteront la France aux JO de Tokyo, en août prochain. Au Japon, les deux frangins ambitionnent de gravir ensemble le podium de l’escalade, discipline qui fera son entrée dans la grande famille des sports olympiques.

La fraternité en guise de mousquetons, ils s’accrochent à leur rêve. Le rêve de voir leur fratrie briller. Le rêve, comme les Frères Grimm avant eux, de s’écrire un conte de fée. Et, comme les Frères Dalton, faire sauter la banque, non pas de lingots mais de médailles. Comme les Frères Montgolfier, s’envoler vers les sommets de leur discipline.

Comme les Frères Lumière, faire leur cinéma. Et crever l’écran. Avec le talent, la rage de vaincre et la complicité qui font leur signature.

Gifle, planche en bois & scooter

Si l’on s’attache à prouver que, oui, le sportif est capable de réflexions philosophiques, quelle définition donneriez-vous au concept de fraternité ?

M : La fraternité, c’est le partage de tous les moments de la vie, qu’ils soient bons ou mauvais. Partager les victoires, comme les défaites ; les joies, comme les souffrances. S’entraider et se tenir la main quoi qu’il arrive, sans condition préalable. La fraternité, contrairement à l’amitié, tu ne la choisis pas, c’est elle qui te choisit, à la naissance. Ensuite, c’est à toi de voir si tu veux en faire quelque chose de beau ou non…

B : C’est exactement ça. Pour moi, la fraternité, c’est une valeur où se côtoient l’écoute, la compréhension et le respect… Notre famille est très soudée, très proche. Nous avons été éduqués avec un très grand respect pour nos aînés. D’ailleurs, la fraternité nous la vivons au sens large puisque nous sommes une fratrie de 6 enfants. J’ai 3 sœurs et 1 autre frère avec qui la relation est très forte. Même s’il est certain que partager nos rêves, nos ambitions et nos projets, cela nous a rapproché naturellement avec « Mike » …

Quand avez-vous commencé l’escalade ? Comment avez-vous découvert ce sport ?

B : On est plutôt très sportif dans la famille… Jeune, on a pratiqué la gymnastique, l’athlétisme, le football, puis un jour, à l’âge de 15 ans, un pote me propose de l’accompagner à l’escalade, au collège, en UNSS. Je me souviens avoir effectué cette première séance et m’être inscrit la semaine suivante dans un club.

M : Moi, j’ai rapidement suivi, un peu dans l’optique de faire « comme mon grand frère ». Le coup de foudre fût immédiat. La première fois que je me suis retrouvé accroché à un mur, j’ai instantanément trouvé ce sport génial. À partir de ce moment-là, j’ai fait de l’escalade tous les jours. Du lundi au dimanche.

Crédit photo : Remi Fabregue
Crédit photo : Remi Fabregue

Si l’on s’attache à prouver que, oui, le sportif est capable de réflexions philosophiques, quelle définition donneriez-vous au concept de fraternité ?

M : La fraternité, c’est le partage de tous les moments de la vie, qu’ils soient bons ou mauvais. Partager les victoires, comme les défaites ; les joies, comme les souffrances. S’entraider et se tenir la main quoi qu’il arrive, sans condition préalable. La fraternité, contrairement à l’amitié, tu ne la choisis pas, c’est elle qui te choisit, à la naissance. Ensuite, c’est à toi de voir si tu veux en faire quelque chose de beau ou non…

B : C’est exactement ça. Pour moi, la fraternité, c’est une valeur où se côtoient l’écoute, la compréhension et le respect… Notre famille est très soudée, très proche. Nous avons été éduqués avec un très grand respect pour nos aînés. D’ailleurs, la fraternité nous la vivons au sens large puisque nous sommes une fratrie de 6 enfants. J’ai 3 sœurs et 1 autre frère avec qui la relation est très forte. Même s’il est certain que partager nos rêves, nos ambitions et nos projets, cela nous a rapproché naturellement avec « Mike » …

J'ai tout laissé de côté pour l'escalade, sauf ma famille.

Quand avez-vous commencé l’escalade ? Comment avez-vous découvert ce sport ?

B : On est plutôt très sportif dans la famille… Jeune, on a pratiqué la gymnastique, l’athlétisme, le football, puis un jour, à l’âge de 15 ans, un pote me propose de l’accompagner à l’escalade, au collège, en UNSS. Je me souviens avoir effectué cette première séance et m’être inscrit la semaine suivante dans un club.

M : Moi, j’ai rapidement suivi, un peu dans l’optique de faire « comme mon grand frère ». Le coup de foudre fût immédiat. La première fois que je me suis retrouvé accroché à un mur, j’ai instantanément trouvé ce sport génial. À partir de ce moment-là, j’ai fait de l’escalade tous les jours. Du lundi au dimanche.

Quand a eu lieu le déclic « haut-niveau » ? À partir de quel moment précis avez-vous eu cette conviction d’avoir le potentiel pour compter parmi les meilleurs ?

Crédit photo : Remi Fabregue

M : J’ai une date très précise en tête. Une étape de Coupe du Monde de bloc, à Laval, en 2014. Jusqu’alors, je me situais entre la 5ème et la 10ème place sur des épreuves nationales. Mais la fédération offrait des wild-cards (invitations) aux grimpeurs français pour cette manche internationale à la maison. Je donne tout. Vraiment tout. Je finis assez loin au classement mais prends conscience d’une chose : j’ai des qualités physiques innées qui peuvent me permettre de prétendre au plus haut-niveau, cependant, mes lacunes techniques sont alors trop importantes pour les exploiter. Dès lors, ma priorité devient l’escalade. Depuis cette date, j’ai tout laissé de côté pour l’escalade. Sauf ma famille. Je décide de dédier ma vie à ce sport.

B : Pour ma part, ce fût plus tardif… À 26 ans, alors que j’étais sur le point d’arrêter, complètement fracassé au niveau des doigts et genoux par la pratique intensive, la fédération vient vers moi et me propose un projet « vitesse », une discipline différente du bloc et de la difficulté dont j’avais fait le tour. C’était en 2010. Pendant 3 ans, je reste cependant en dilettante, pas vraiment à 100%, bien occupé par mon métier d’alors. En 2013, je simule plus ou moins un accident de scooter pour éviter une manche de Coupe du Monde à Moscou. Je me regarde alors dans la glace et me sens hyper mal à l’aise avec moi-même. Je n’ai pas supporté le fait de me mentir à moi ainsi qu’aux autres. Ce fût le déclic. À partir de ce moment très précis, je me suis entrainé comme un dingue. Et en 2014, je monte sur mon premier podium de Coupe du Monde.

Crédit photo : Remi Fabregue

Jusqu’au-boutisme, 32 heures & Nouvelle-Calédonie

En quoi votre fraternité est une force dans votre pratique du haut-niveau ?

M : Il n’y a aucune rivalité avec mon frère. Ni avec aucun autre athlète d’ailleurs. Nos plus grands adversaires, c’est nous-mêmes. Notre motivation, c’est nous dépasser, aller toujours plus loin dans nos retranchements. On se tire vers le haut. Même si l’on ne s’entraîne pas quotidiennement ensemble, lui étant basé en Nouvelle-Calédonie et moi à Voiron, en Isère, on s’appelle tous les jours. C’est d’ailleurs lui qui me coach. Il est la seule personne au monde en mesure de le faire car il me connaît parfaitement !

B : Entre nous, on est clairement dans le partage, pas dans la compétition. On est très complémentaire du coup nos échanges sont très riches et constructifs. On se soutient beaucoup. Juste le fait de se dire au téléphone : « C’était dur, mais j’ai réussi ! », cela nous fait avancer. Je ne me vois pas appeler Mike et me lamenter en mode : « C’était trop difficile, j’ai lâché… ». C’est inconcevable que je lui dise ça (rires) ! Je dois montrer l’exemple !

M : Au-delà du téléphone, on se retrouve plusieurs semaines par an pour des blocs d’entrainement très condensés. Là, l’émulation est hyper saine car chacun veut prouver à l’autre qu’entre temps, il a progressé. On se challenge, mais sans aucune rivalité !

Le plaisir, tu le trouves dans la satisfaction d'être allé au bout de toi-même.

Cette fraternité fait clairement votre force. Mais est-ce parfois, par certains aspects, un poids, une faiblesse ?

M : Non, moi je ne l’ai jamais ressentie comme ça. Peut-être lorsque cela se passe moins bien pour l’autre…

B : Moi, je ressens un peu plus cette pression liée au résultat de l’autre car je coach mon frère. Ainsi, s’il ne réussit pas, s’il n’atteint pas ses objectifs, j’ai forcément une part de responsabilité qui m’incombe ! L’année dernière par exemple, je réalise un super début de saison alors que le sien était beaucoup plus mitigé… J’en perdais presque ma motivation.

Crédit photo : Arthur Scychowski

Ce serait quoi la « signature » des frères Mawem ? Ce lien qui vous unit et rend votre duo unique dans l’univers des grimpeurs professionnels ?

B : Notre passion, non pas pour l’escalade, mais pour l’entrainement… Une petite anecdote qui l’illustre, c’est un stage que nous avons effectué au Pôle France à l’été 2019. Nous étions les premiers arrivés au mur le matin et les derniers à en repartir le soir. Les autres nous demandaient comment on pouvait assumer ce volume quotidien… Ce qui est génial avec l’escalade, c’est que la perfection n’existe pas. C’est un sport sans fin, il y aura toujours une voie plus dure, un mec plus fort… Du coup, nous, on s’entraine, comme des dingues !

M : Ce jusqu’au-boutisme, ce stakhanovisme à l’entrainement, c’est notre marque de fabrique. On s’arrache tous les jours. Et c’est une grande fierté de prouver ensuite par les résultats que le travail paye, que notre méthode fonctionne. 

B : En fait, à la fin d’une séance d’entrainement, on se demande s’il y a quelque part sur le planisphère un athlète qui aurait été capable de repousser encore plus loin la fatigue, un grimpeur qui après la session que l’on vient de s’infliger serait encore là… Si c’est le cas, alors on remonte sur le mur. Et on continue. Jusqu’à ce que la réponse soit négative.

Pour vous, l’escalade c’est un jeu, un sport ou un métier ?

B : L’escalade, ce n’est clairement pas un jeu pour nous. C’est un sport, difficile, et un métier, de tous les jours. L’entrainement, ce n’est pas fun, ce n’est pas cool… C’est le message que je transmets aux jeunes grimpeurs qui m’entourent. On ne sourit pas à l’entraînement. Car la séance se doit d’être dure, pas agréable pour le corps... Le plaisir, tu le trouves dans la satisfaction d’être allé au bout de toi-même, dans la fierté du combat que tu as mené contre tes limites.

M : Après, il existe aussi une dimension ludique ! Attention, l’escalade ce n’est pas une pénitence. Mais le haut-niveau par contre, c’est un long chemin de croix. L’image fun que l’on essaye de donner sur les réseaux sociaux, c’est pour démocratiser notre sport. Mais ce jeu, ces sourires, les réseaux sociaux, c’est pour m’amuser et m’aérer la tête après une grosse journée d’entrainement. Quand je bosse vraiment, je n’ai pas mon téléphone !

Crédit photo : Remi Fabregue

Malgré ce jusqu’au-boutisme qui fait votre singularité, ces valeurs et ces objectifs communs, vous demeurez assez différents…

B : La première différence, et la plus évidente, c’est la discipline que nous pratiquons. Mike fait du bloc alors que moi, je suis un spécialiste de la vitesse. Mais au-delà de nos domaines de prédilection, nous avons également des personnalités et des démarches assez éloignées. Pour ma part, j’ai besoin d’avoir un sas de décompression à côté de l’escalade. J’ai besoin d’être sollicité en permanence avec d’autres projets. J’ai besoin d’avoir mille choses à faire et seulement 4h pour m’entrainer dans la journée, sinon je sombre dans une certaine nonchalance. Mon implication et mon efficacité à l’entrainement passent par une organisation serrée et optimisée de mes journées.

M : Au contraire de Bassa, moi, je suis hyper focus. Je suis à la salle de 8h à 18h quasiment tous les jours, en m’octroyant une petite pause d’une heure le midi, non pas pour manger mais afin d’éviter la tétanie musculaire.

B : D’ailleurs, cette différence d’approche se traduit dans le volume hebdomadaire d’entrainement : 20 heures par semaine pour moi, de 32 à 40 heures pour Mike. Sans compter toute la rigueur qu’il engage dans les à-côtés sur la récupération, la nutrition… Franchement, il me serait impossible de passer ne serait-ce que 24h dans sa peau.

 

Justement, si vous deviez prendre une qualité à l’autre pour devenir encore meilleur, quelle serait-elle ? Qu’est-ce qui vous impressionne chez l’autre ? 

B : C’est justement cela ! Cette implication au quotidien, dans absolument tout ce qu’il fait. Il est impressionnant, il est connecté à l’escalade et à ses objectifs 24 heures sur 24. Même si j’aime mon profil et même si j’ai la conviction que ce schéma ne me conviendrait pas, je reste assez admiratif de cette rigueur et ce souci du détail qu’il est capable de maintenir sur le très long terme.

M : C’est marrant puisque moi, c’est l’inverse. Ce que j’admire, c’est cette intensité qu’il est capable de fournir pendant 4h à l’entrainement. Sur un temps plus court certes, mais avec une force et une intuition presque animales. Il est dans sa bulle, concentré à 100%. Tu sens qu’il ne faut pas le déranger.

C'est mon frère qui me coach. Il est la seule personne en mesure de le faire car il me connaît parfaitement!

Podium, adrénaline & épreuve combinée

Crédit photo : Arthur Scychowski

Si l’on évoque désormais Tokyo, vous souvenez-vous de cet instant précis où vous avez appris que l’escalade faisait son entrée dans la grande famille des sports olympiques ? Quel fût votre premier réflexe ?

M : Je m’en souviens parfaitement, comme si c’était hier. Déjà, on était hyper heureux. Pourquoi ? Car notre objectif, c’est d’être les meilleurs grimpeurs au monde, or les JO, c’est l’opportunité unique de le prouver, d’être confronté à un tel niveau d’adversité. Ensuite, on s’est directement posé devant l’ordinateur et on a créé notre dossier de sponsoring. Le titre était le suivant : « Les Frères Mawem vont aux JO ». À l’affirmative, comme pour se convaincre qu’on pouvait le faire !

B : Pour continuer notre projet, il nous fallait quelque chose de grand. Les JO sont donc parfaitement tombés. C’était un nouveau challenge, une marche encore plus haute à franchir, une source de motivation encore plus forte…

Notre objectif, c’est d’être les meilleurs grimpeurs au monde.

Qu’est-ce que vous avez ressenti lorsque votre frère s’est qualifié pour les JO ? Lorsque vous avez compris que le rêve de participer ensemble à cette olympiade se concrétisait ?

B : Ce fût une joie en deux temps puisque Mike fût le premier à se qualifier, décrochant son ticket en août dernier, en allant en finale des Championnats du Monde, cette ultime phase qui regroupait les 7 grimpeurs les plus complets de la planète. À ce moment-là, je lui ai sauté dans le bras et j’ai pleuré. J’imaginais ma mère derrière son écran… C’était un grand moment pour notre famille. Il me revenait alors de faire le job à l’automne, lors du TQO (Tournoi de Qualification Olympique), pour le rejoindre !

M : Il fallait que Bassa remporte l’épreuve de vitesse du TQO. Il n’y avait pas d’autre possibilité. Il n’avait qu’une chance et il la saisit. C’est à cet instant que notre rêve s’est réalisé… et en a fait germer un autre !

Quel est ce rêve ? Quels sont vos ambitions aux JO ?

M : Au tout début, on s’était dit que ce serait fou d’être ensemble en équipe de France. Puis on a réussi ! Ensuite, on s’est dit que ce serait incroyable de monter ensemble sur des podiums internationaux. Puis on a réussi ! Aujourd’hui, on se dit que ce serait magique que de décrocher tous deux une médaille. On ne sait pas si l’on va réussir, mais en tout cas, on y croit, on y croit fort et on se donne les moyens pour…

B : Par sa polyvalence, Mickael peut gagner en sortant de grosses performances sur les 3 épreuves : le bloc, la difficulté et la vitesse. Me concernant, si mes calculs sont bons, je peux faire au mieux 3ème… Pour cela, il faut que je sois indétrônable sur ma spécialité : la vitesse ! Si l’on va ensemble en finale, ce serait déjà magnifique. Car c’est en finale que tu t’autorises le droit de rêver, c’est en finale que l’adrénaline monte et te transcende.

Crédit photo : Remi Fabregue

À Tokyo, le 4 août prochain, date de début des épreuves d’escalade aux JO, serez-vous alliés ou adversaires ? En quoi se retrouver sur la même compétition, aux JO, est une force supplémentaire ?

B : Nos profils et nos points forts sont si différents, qu’au final, sur cette épreuve combinée, nous ne pourrons même pas être adversaires. On sera sur la même ligne de départ, mais sans être concurrents. Avec chacun une stratégie qui nous est propre !

 M : Je vois deux énormes avantages ! Le premier, c’est la possibilité d’échanger très facilement avec l’autre sur son ressenti, se rassurer, se motiver, partager la pression… Le second, c’est d’avoir deux fois plus de chances que les autres de réussir ses JO. En fait, c’est comme si on avait deux cartes à jouer, deux fois plus de possibilités que les autres athlètes de repartir avec le sourire de Tokyo. Que la médaille revienne à mon frère ou moi, la joie sera la même. Et ça, c’est juste incroyable !

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