Publié le 15 juin 2020

Deux pas vers l'autre

Braver le froid & traverser l’Europe à pied

Interview

2 aventuriers. Des aventuriers pas comme les autres.
2 jambes chacun. 10 000 km parcourus à pied. 300 000 m de dénivelé positif avalés. 1 Vieux-Continent traversé. 16 pays visités. 2 années entières passées sur les sentiers. 32 millions de secondes écoulées à profiter de l’instant présent. 780 rencontres inoubliables. 150 invitations chez l’habitant honorées. Presque autant de tournées de raki sirotées. 320 crépuscules inoubliables. Au moins autant de levers de soleil mémorables. 45 nuits blanches sillonnées. 53 galères évitées…

Petit bout de chemin avec les deux personnages principaux de cette belle histoire. Car s’ils ont traversé les frontières de l’Europe, ils ont surtout repoussé celles des préjugés et du corps humain.

« Deux pas vers l’autre », c’est une aventure aux chiffres éloquents de courage, beaucoup ; d’audace, surtout ; et de folie, un peu. Mais les chiffres ne disent pas tout. Car « 2 pas vers l’autre », plus qu’un voyage, c’est un projet. Un projet sportif, symbolique et écoresponsable que Marie, 31 ans, et Nil, 33 ans, s’apprêtent à ponctuer d’ici quelques jours en atteignant la frénétique Istanbul. Un message positif, chargé d’espoir, qu’ils ont écrit pas après pas. La marche en guise de plume, la civilisation européenne pour fil conducteur.

Un nom loin d'être anodin

Nil : « Le nom de notre projet, c’est un super point de départ pour expliquer notre démarche. Ce nom n’a pas été choisi au hasard ! Pour nous, « l’autre » a de multiples significations. L’autre fait d’abord référence à cet inconnu qui bien trop souvent génère de l’appréhension voire même de la peur. « L’autre », ce sont toutes ces personnes que nous avons pu rencontrer sur notre chemin mais également tous ces lieux qui ne nous étaient pas familiers… C’est aussi « l’autre » part de nous-même, celle qui s’exprime lorsque nous sortons de notre zone de confort, celle qui se révèle lorsque nous éprouvons nos limites. »

 

Marie : « La notion de « pas » est également importante. Elle traduit cet effort, cette intention, cette volonté d’aller au-devant des différences et s’exposer aux découvertes : faire un pas vers l’autre, faire le premier pas… Nous, on est encore plus motivés puisque l’on en fait deux ! Enfin, pour en finir sur le nom du projet, le chiffre « deux » est pour nous le symbole du partage. C’est Nil et Marie, mais c’est surtout tous ceux que l’on embarque dans nos aventures au quotidien. »

Un projet, pas un voyage!

Marie : « Deux pas vers l’autre, c’est un véritable projet, pas un simple voyage. Dès les prémisses, nous avions la volonté de donner un sens à notre démarche. Il n’a jamais été question de prendre deux années sabbatiques. Ce projet il a donc fallu le construire, lui trouver un fil conducteur, une portée et un message. C’est la raison pour laquelle la préparation fût si minutieuse. 10 mois se sont écoulés entre la première germe d’idée et le premier pas vers l’autre, c’est à dire notre départ, du Portugal, en 2018. Nous avons pris notre temps, afin de développer tous les outils qui permettraient de donner un écho à notre aventure. Pour partager nos expériences, parler au plus grand nombre, pas seulement à un public déjà sensible et engagé vis-à-vis de l’Europe et de l’écologie. »

Nil : « Nous avons respectivement 31 et 33 ans. Marie travaillait à la direction des ressources humaines dans un grand groupe et moi, j’officiais en tant que photographe, essentiellement dans le monde de la mode. Nous vivions à Paris, en milieu urbain. Petit à petit, au fond de nous-mêmes, on a senti poindre cet instant crucial où, ça y est, c’est maintenant ou jamais que tu dois saisir ta vie ! 
C’est ainsi qu’est née la volonté d’expérimenter une aventure qui soit à la fois sportive et humaine. »

L'aventure à deux pas de chez soi

Nil : « Le fil conducteur du projet s’est imposé à nous de manière assez évidente. Portés par des convictions humanistes et une conscience écoresponsable, on a eu envie de prouver que l’aventure pouvait également se vivre à deux pas de chez soi, sur le pas de sa porte… »

 

Marie : « Exactement ! Vivre un truc fort sans nécessairement acheter un billet d’avion qui va te coûter un bras. Notre continent a déjà tellement à nous offrir : pas besoin de se rendre à l’autre bout du monde pour vivre une grande aventure. »

Une ode à la joie, un hymne à l'Europe

Marie : « Deux pas vers l’autre, c’est un projet engagé. Physiquement, car mine de rien, il est assez engageant de parcourir 10 000 km à pied ; mais surtout symboliquement, en allant à la rencontre de cette Europe que l’on pense connaître alors qu’en réalité, elle nous échappe totalement… »

Nil : « Au gré de nos découvertes, nous nous sommes rendus compte de la véracité et de la force du concept de « civilisation européenne ». Il existe une histoire commune et un socle culturel qui forgent l’identité de notre continent. Du Portugal à la Macédoine en passant par l’Albanie et la Slovénie, nous avons été surpris de constater tout ce que les peuples ont en commun, partagent des similitudes dans leur mode de vie. N’en déplaise à la vague eurosceptique qui déferle actuellement, l’Europe est une réalité. Une réalité riche de différences, une réalité belle et poétique de ressemblances. » 

Une part de colibri

Nil : « Dans la continuité de cette démarche humaniste et européenne, adossée à cette volonté de vivre l’aventure à deux pas de chez nous, nous souhaitions nous déplacer de façon la plus écoresponsable possible, en limitant au maximum notre empreinte carbone. En voyageant simplement et modestement. La marche comme moyen de locomotion est ainsi devenue une évidence, le fait de s’octroyer un tout petit budget journalier pour vivre également. » 

Marie : « En parallèle de notre aventure, nous avons lancé « 1 KG for the planet ». Il s’agit d’un petit sac d’une contenance d’environ 1 kg, que chacun nous portons, et que nous remplissons avec les déchets qui jonchent les sentiers. C’est notre part de colibri, mais surtout, cela contribue à sensibiliser des peuples que nous avons croisé, assez surpris de nous voir ainsi nettoyer les chemins. Il est vrai que plus l’on se dirige vers l’Est, plus les gens vivent modestement et plus les problématiques écologiques disparaissent. Ce qui, au final, est totalement compréhensible lorsque ta préoccupation première est la survie… »

La marche, pour la beauté du sport mais aussi du geste

Marie : « Nous sommes tous deux passionnés d’outdoor et de montagne. Traverser l’Europe en marchant, cela représentait donc un défi athlétique, un challenge super excitant d’un point de vue sportif. Un vecteur de plaisir et de dépassement de soi. Mais nous avons surtout choisi la marche car elle est fondamentalement naturelle et accessible… C’est grâce à la marche que les tribus se sont rencontrées et que l’humanité a progressé ! »

Nil : « Clairement, la marche n’est pas un but mais un moyen. La finalité ne se trouve pas dans la performance sportive. Elle est au-delà des chiffres, au-delà des 10 000 km et 300 000 m d’ascension. Lorsque tu arrives dans un village reculé d’Albanie et que tu leur soutiens que tu as marché pendant 2 ans pour en arriver-là, ils hallucinent… » 

À l'école de la vie

Nil : « Marcher ainsi pendant 2 ans, cela accroit principalement 2 qualités : la patience mais aussi cette capacité à prendre conscience de ce qui t’entoure, prendre le temps de profiter du moment. Tu te sens bien car tu es dans l’instant présent, tu ne vis plus uniquement par l’intermédiaire du passé ou du futur. Lorsque tu mets 10 minutes pour parcourir 1 km, tu savoures ! »

Marie : « Je pense que l’on a également développé notre goût de l’effort. Nous sommes devenus plus résilients : quand il faut, il faut… Plus humbles aussi, désormais pleinement conscients de notre petitesse dans cette nature majestueuse. Enfin, on a appris à dire oui, à accepter la gentillesse et l’hospitalité d’inconnus qui te donnent beaucoup sans rien attendre en contrepartie ! »

À l'épreuve des conditions

«Tout au long du périple, nous avons affronté des conditions changeantes, parfois extrêmes, du froid glacial à la sécheresse désertique. Et si la chaleur est inconfortable, le froid peut lui se révéler véritablement dangereux. Pourtant, malgré cela il fallait continuer à avancer. La clé réside alors dans l’adaptation et l’anticipation ! Dans cette optique, un partenaire de l’aventure, la marque française Thermic, spécialiste de la thermorégulation, nous avait mis à disposition de l’équipement et notamment cette doudoune chauffante innovante qui permettait d’ajuster la température en fonction des conditions extérieures.»

 

Baptiste Chassagne

Le Sport dans l’ADN du Département !
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