Publié le 28 novembre 2014

Christine and the Queens

le nouveau phénomène pop

Interview

Après un séjour londonien, Héloïse Letissier - son véritable nom - se mue en Christine & The Queens. Mise en lumière lors de la cérémonie des Victoires de la Musique, l’auteur-compositrice-interprète de 26 ans est sans conteste la révélation de l’année.

 



Que cherchiez-vous à Londres et qu’y avez-vous trouvé ?
Je crois que je ne savais ce que je cherchais. J’étais plus dans une démarche de me perdre que de trouver quelque chose. Rétrospectivement, je sais que j’y ai trouvé un sens esthétique à ma vie, un projet artistique et une énergie nouvelle. Aujourd’hui, il me paraît évident que j’y suis allée pour me mettre en danger et provoquer quelque chose. J’avais besoin que l’inspiration vienne d’ailleurs et que le premier sursaut vienne d’une rencontre.

Qui se cache derrière Saint Claude ?
Tout est parti d’une scène que j’ai vécue dans un bus où quasiment tous les passagers se sont mis à se moquer d’un jeune homme qui avait une allure un peu étrange et que, personnellement, je trouvais très beau. J’ai assisté à la propagation de la moquerie de façon assez effrayante. Tous ces gens se sont trouvés complices à rire de cette personne et je me suis sentie mal à l’aise au point de  descendre du bus. Comme beaucoup de monde, je ne suis pas intervenue, ce qu’on finit toujours par regretter. Saint Claude est donc une forme de regret en chanson.

Y-a-t-il un avant et un après « Victoires de la Musique » ?
Oui, très nettement. Mais je ne m’attendais pas du tout à ce qu’il y en ait autant. C’était mon premier live à la télévision, ce qui représentait déjà un événement en soi car je n’avais pas encore sorti d’album. J’ai aussi été très marquée par la réponse des gens. J’ai senti que le public s’était brusquement élargi, que des gens achetaient mon album, qu’ils venaient me voir en tournée. Que j’existais pour eux.

Et maintenant ?
Je ne suis pas le Pape mais je me sens investie d’une responsabilité ! J’espère que je vais continuer à faire des chansons qui résonneront auprès du public. Je me dis que ce n’est que le début et qu’il faudra rester à la hauteur de l’attente qui existe et ne pas se laisser impressionner par ça.

Qu’est-ce qui différencie Christine d’Héloïse ?
Pas grand-chose car Christine est une version décomplexée d’Héloïse. C’est juste une question d’attitude. Avec Christine, je suis un peu plus redressée. C’est ce genre de détails qui les différencie. Nous sommes la même personne mais n’avons simplement pas la même façon d’exister.

Des défauts que vous aimeriez gommer chez l’une ou l’autre ?
Non, justement parce que Christine est là pour accepter tous mes défauts, voire les accentuer.

Vous nagez entre deux eaux ?
Complètement. L’album en parle beaucoup : je n’ai jamais considéré mon identité comme quelque chose de figé. C’est un aspect que je cultive. Et de toute façon, j’aurais un mal fou à me considérer comme une personne cohérente. La démarche de prendre un autre prénom vise à rendre visible cette incertitude. Je pourrais aussi bien avoir neuf prénoms et je pense ne pas être la seule dans ce cas.  Par exemple j’ai toujours été intriguée par les personnes qui prennent une voix grave au téléphone pour se donner un air plus viril. Tous ces jeux de masque m’intéressent.

Une chanson qui vous rend nostalgique ?
Un titre de Mortal Coil qui figure dans un film de David Lynch. Je l’associe à une histoire d’amour qui ne s’est pas très bien finie…

Et une autre qui vous donne la pêche ?
N’importe quelle chanson de Mickaël Jackson !

Un titre que vous rêveriez de reprendre ?
Il y en a beaucoup ! Life On Mars de David Bowie. Mais je pense que je ne serai jamais prête. J’aurais envie de la reprendre par pur plaisir personnel mais je crois que je n’y apporterai rien de nouveau, que je ne pourrai pas faire mieux.

Un artiste qui a marqué votre adolescence ?
Mickaël Jackson m’accompagne depuis que j’ai quatre ans et demi, c’est l’histoire d’une vie. J’aime absolument tout chez lui : le performer et sa vie aussi. La transformation physique extrême, l’homme qui a voulu se fondre dans son œuvre, le perfectionniste acharné… Tout me fascine…  Je pense que je finirai par écrire un bouquin sur lui…

Propos recueillis par Nathalie Truche
 

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