Publié le 13 octobre 2014

Chinese Man

Tombe le masque

Interview

La légende raconte qu’en 2004, le grand maître Chinese Man (l’Homme Chinois pour les intimes) décida d’envoyer ses disciples aux quatre coins du monde pour répandre l’Esprit Zen à coups de samples oubliés et de basses supersoniques. Parmi ses fidèles, figurent Sly, High Ku et Zé Matéo qui a accepté de lever le voile sur Chinese Man, à la fois groupe, label et véritable concept.

Que puisez-vous dans la Chine ?
Au départ, on a choisi Chinese Man parce que c’était le titre de notre premier morceau et qu’il nous fallait un nom de label. L’esprit zen est venu avec la conception du projet : nous voulions avancer à notre rythme, ne pas devoir rendre de compte, faire de la musique quand ça nous plaisait.

Vos morceaux sont l’alchimie de quoi ?
Sur Chinese Man, nous travaillons principalement à base de samples. Sans jeu de mots, on chine régulièrement pour trouver des disques, principalement des vinyles. On récupère un petit bout de son dans un disque qui nous plait à tous les trois et qui constituera la base de travail. Ça peut être n’importe quel type de sons : oriental, africain, musique latine...  On démarre un morceau auquel on va ajouter des arrangements rythmiques, une basse, etcetera. C’est très varié, c’est une façon de relire la musique, de redonner des versions, d’écrire un nouvel univers.

Chinese man se voue à la propagation de l’esprit zen. Expliquez-nous…
C’est une manière de vivre le projet. Dans notre cahier des charges, la rentabilité n’est pas centrale même si nous exerçons une activité qui génère du commerce : on vend de la musique, des spectacles. Mais on fait du son en se faisant plaisir. Du coup, on inverse le problème. On ne se met pas dans une logique où domine l’économique. L’esprit zen permet de prendre le temps, de réfléchir, d’imaginer des choses qui sont en décalage avec ce qu’on fait actuellement, de se pencher sur d’autres projets et de lancer une dynamique qui soit suffisamment intéressante et riche pour chacun d’entre nous. On ne va pas dans le sens de la vague.

Pourquoi le vinyle ?
Dans les années 90, le hip hop se faisait principalement comme ça. On allait chercher un sample et avec les boites à rythme, on a vu l’apparition de morceaux qui étaient des échantillons récupérés dans les vinyles. Puis le phénomène s’est démocratisé. Le fait de rendre analogique la musique, avec un microsillon lu par une aiguille, crée une stéréo assez incroyable. Du coup, le passage que nous choisissons d’utiliser possède déjà une couleur de son.

Les « chinoiseries » sont omniprésentes dans vos visuels…
Oui, car c’est une source d’inspiration immense. Cela nous a permis de fabriquer un univers graphique, une mythologie autour de la Chine. 

Puis c’est devenu un emblème pour nous trois qui avons créé Chinese Man et qui aimons peu nous mettre en avant. C’est beaucoup plus simple d’avoir la possibilité de laisser les gens imaginer des choses…

Vos vidéos sont parfaitement ciselées, elles font partie intégrante du concept ?
Tout à fait, car on est tous plus ou moins producteurs d’images avec le téléphone portable ou les ordinateurs et on a tout de suite fait le choix d’intégrer une imagerie forte. Cela permet de façonner un univers suffisamment complet et intéressant pour le public plutôt que de montrer deux ou trois gars derrière une machine et qui ne lèvent par leur tête. Le groupe et la musique existent sans image puisque on peut les écouter partout mais l’univers de Chinese Man existe notamment grâce à la vidéo.

Vous êtes discret médiatiquement. Pourquoi ?
Car cela respecte notre mode de vie. On ne refuse pas de s’exposer mais il faut qu’il y ait du sens. Faire de la musique sur une émission de télévision représente peu d’intérêt à moins que ce ne soit une émission musicale. Nous sommes trois dans le groupe mais l’entité est plus complexe et il faut un consensus. Nous n’éprouvons pas un désir gigantesque d’apparaître, de montrer nos visages. C’est un choix, c’est le groupe qui est fort, plus que les individu

Que dirait le grand maître Chinese Man de votre parcours ?
Je crois qu’il serait fier et qu’il continuerait à nous envoyer des petits cailloux pour nous montrer la voie.

Comment choisit-il les nouvelles signatures comme Deluxe ou Taiwan MC ?
C’est un compromis entre une démarche artistique, musicale et créative qui correspond à ce qu’on aime. Après, il y a une réalité humaine et financière. Même si le projet marche très bien - on a fêté nos 10 ans cette année - il y a un vrai désir de ne pas accumuler pour garder notre taille humaine. Si on se développe, ce sera étape par étape avec une équipe qui s’agrandit doucement, sans perdre son âme.

Pour les 10 ans du label, quel plus beau cadeau souhaiteriez-vous recevoir ?
Hmmm… Je dirais croiser le Chinese man... Et boire un thé avec lui.

Propos recueillis par Nathalie Truche

Elysanne Tremblay & MONSTR
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