Publié le 13 octobre 2014

Casse-Noisette

Dans les coulisses du Grand Théâtre de Genève

Reportage

Nouvelle création chorégraphique mondiale sur la scène du Grand Théâtre de Genève. Jeroen Verbruggen, signe un Casse-Noisette onirique pour le ballet du Grand Théâtre de Genève, habillé pour l’occasion par le duo de couturiers parisiens On aura tout vu.

Le jeune chorégraphe belge Jeroen Verbruggen signe une toute nouvelle version de Casse-Noisette, sur une musique de Tchaïkovski, pour le ballet du Grand Théâtre de Genève.
Son interprétation de ce grand classique se veut onirique et émotionnellement forte. Tout en conservant quelques clins d’œil à la tradition de ce ballet mythique, Jeroen Verbruggen veut plus que tout raconter quelque chose de différent pouvant émouvoir tous les publics. L’Orchestre de la Suisse Romande sous la baguette de Philippe Béran accompagnera cette création. Quant à la scénographie et aux costumes, ils seront créés par le duo de couturiers de la célèbre maison parisienne On aura tout vu (Livia Stoianova & Yassen Samouilov).

Ce chorégraphe à l’univers féerique, festif et sans limites proposera une danse exubérante, joyeuse, lyrique et tendre pour sa vision du chef-d’œuvre, créé en 1882 par Marius Petipa, sur une musique de Tchaïkovski. Il vous transportera au pays d’Alice, dans un monde merveilleux où l’insouciance côtoie la frivolité, où les teintes sombres, gaies ou absurdes alternent, et dans lequel les personnages se démultiplient et interpellent vos âmes d’enfants.
 

Dans un univers baroque, imaginé par le duo de couturiers parisiens On aura tout vu, Jeroen Verbruggen pose son regard sur Marie, une jeune fille à la découverte de sa féminité et Drosselmeyer, un « monsieur Loyal » qui cache en lui le prince que Marie doit libérer.

Le Grand Théâtre de Genève est à la fois un lieu et une institution. C’est un auguste bâtiment qui trône sur la Place de Neuve depuis 1879. Sa salle de 1 500 places, offre une remarquable qualité acoustique et visuelle aux spectateurs. C’est aussi un vaste appareil scénique, la plus grande structure de production de Suisse romande, offrant chaque année une saison d’opéras et de récitals de niveau international. Le Ballet du Grand Théâtre ajoute chaque saison deux à trois productions chorégraphiques que la scène internationale accueille également lors des nombreuses tournées de la compagnie à l’étranger.
Lorsque l’on entre dans le théâtre, on découvre une salle majestueuse, et une mécanique de scène équipée des technologies les plus avancées.

Le plateau du Grand Théâtre est  l’un des plus performant d’Europe. Il est dirigé par Tobias Richter depuis 2009 et propose une centaine de levers de rideau par saison. Il est sans doute l’un des meilleurs d’Europe en matière lyrique. Il prend place parmi les plus importants théâtres européens et sa renommée contribue largement au rayonnement culturel de Genève.

Moka a assisté aux premières répétions de ce surprenant ballet qui sera présenté en novembre 2014 au Grand Théâtre de Genève.

INTERVIEW 
JEROEN VERBRUGGEN CHORÉGRAPHE AU GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE
A l’heure de la pause, Jeroen Verbruggen, talentueux chorégraphe, nous livre ses impressions teintées d’un charmant accent flamand.

 

De la première répétition au soir du spectacle, combien de temps se sera-t-il écoulé ?
Six semaines ! C’est énorme. Je veux dire, c’est énorme à faire en peu de temps ! Mais c’est faisable. Il faut être là et travailler tous les jours.

Casse-Noisette est votre première chorégraphie de cette dimension ?
C’est la première fois que je vais dans une autre compagnie que Monaco. Avec une politique, une structure, des règles et des gens différents. C’est la première fois que je raconte une histoire pour tout public, avec un orchestre. Tout cela fait beaucoup de premières fois !

Quelle griffe apportez-vous au ballet ?
J’adore prendre les choses d’où elles viennent, par leur origine. J’ai analysé d’où venait la musique  de Tchaïkovski, ses sources d’inspiration. Ensuite, j’ai étudié le livre de Hoffmann que l’on peut appréhender comme un enfant ou comme un adulte et j’y ai décelé des éléments très noirs. Par exemple, on n’est jamais sûr de qui est cet oncle Drosselmeier. Certains aspects peuvent faire peur. J’ai essayé de mixer les choses un peu littérairement, comme le roi des rats à sept têtes, que j’ai illustré avec une sorte de nœud de danseuses.

Comment ce Casse-Noisette se distinguera-t-il des autres ?
Il y aura des surprises. La plus grande est que je n’aborde pas le Noël car on tombe dans un Casse-Noisette classique alors que je veux faire différemment. L’enlever nous permet d’explorer d’autres aspects, d’aller beaucoup plus loin. Du coup, la pièce peut se jouer en toutes saisons, ce qui est plus intéressant.

Quels sont les défis à relever ?
Le temps ! On se dit « Ha ! Si on avait une semaine de plus… » Je m’oblige à donner aux danseurs le plus d’informations possible mais je ne peux pas leur en donner trop d’un coup. Il faut diviser le temps, s’organiser tout en créant à la fois. La peur de ne pas y arriver est toujours présente.

Vous avez la pression ?
Oui ! Ce qui ne m’empêche pas de bien dormir car je rentre épuisé. Mais je pense au spectacle 24 heures sur 24. J’en rêve chaque nuit.

Qu’est-ce qui vous attire dans la création ?
Mes parents m’ont donné la chance de me défouler comme tous les gamins en ont besoin. A la maison, je créais des shows avec mes voitures et mes poupées. La création m’est vite venue. J’étais très attiré par les choses qui bougent sur scène. Petit, je jouais déjà au coach avec des chorégraphies de trois minutes. Dans ma carrière de danseur, j’ai fréquenté les grandes institutions classiques mais on reprenait toujours des anciens ballets qui existaient et ça me déprimait. Très tôt, j’ai cherché des compagnies permettant de travailler avec des chorégraphes qui étaient dans la création.

Le danseur est devenu chorégraphe. Quand s’est produit le déclic ?
Le déclic a toujours été là. Mais en sortant de l’école à 18 ans, je ne pouvais pas dire « bonjour, c’est moi, je veux devenir chorégraphe ! » Alors j’ai vraiment bossé la danse en me disant que ça me servirait plus tard. J’étais aussi très à l’écoute des chorégraphes, je regardais comment ils travaillaient, leur technique, ce qui allait et ce qui n’allait pas. J’analysais tout, même la façon dont ils s’adressaient aux danseurs. Quand on est chorégraphe, il faut tenir du matin au soir et même si on a à faire à des danseurs professionnels, il faut avoir un côté pédagogue. Et moi, j’adore enseigner, transmettre mon savoir.

Quel genre de chorégraphes avez-vous eu ?
J’ai tout eu, même les pires ! J’ai vu des danseurs complètement détruits, qui se sentaient rabaissés au point d’en pleurer. Mais le plus souvent j’ai eu des gentils. On peut se dépasser sans souffrir. Dans la douceur, on arrive à la même chose, même à davantage.

Et vous, quel chorégraphe êtes-vous ?
Je me dis toujours que le positif amène le positif. Je reste souriant pendant les répétitions parce ce que je suis heureux, j’aime ce que je fais. Mais je sais aussi dire « stop, ça va trop loin, on se reconcentre maintenant ». Et on fait en dix secondes ce qu’on a cherché à faire en vingt minutes.

Heureux ?
Je suis fatigué mais heureux. J’ai arrêté la danse il y a peu mais je ne me sens pas frustré car j’ai eu une belle carrière. Je me suis arrêté au moment où j’étais encore en forme.

Aurez-vous le trac le soir de la première ?
J’aurai le trac pour les danseurs. Je me dis que s’il arrive quelque chose, une blessure ou un oubli, je serai impuissant. Après, on pourra apporter des corrections, améliorer le spectacle. Les danseurs aussi vont évoluer au fur et à mesure. Dans tous les cas, je ne pourrai pas monter sur scène pour intervenir ! Le spectacle leur appartiendra, c’est la beauté du ballet.

Propos recueillis par Nathalie Truche

Casse-Noisette

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