Publié le 15 décembre 2020
ARTHUR LONGO
Crédit photo : MATT GEORGES

ARTHUR LONGO

L'EXPRESSION LIBRE DU SNOWBOARD

Snowboard, Portrait

Un style fluide et une aisance déconcertante sur la planche, une décontraction et une simplicité naturelle « à la ville », le rider pro français Arthur Longo s’inscrit à part dans le milieu du snowboard. Influencé dès le début par la contre-culture de la planche à neige, le rider a toujours su cultiver sa propre ligne de conduite et une signature unique dans sa façon de glisser. Portrait.

Crédit photo : Matt Georges

A 32 ans, Arthur se considère déjà comme un vieux snowboardeur. Bien entendu, vieux, Arthur ne l’est pas, cette idée vient plus d’un constat sur le monde du snowboard, et le monde en général, qui ont considérablement changé depuis ses débuts sur sa planche. C’est au cours des années 90 et au début des années 2000, période faste et surtout prolifique du snowboard, que le jeune Arthur découvre la discipline. Un talent qui aurait pu ne pas voir le jour si ses parents en avaient décidé autrement… car c’est grâce à eux que le rider a grandi à la montagne. En quittant leur région parisienne natale et en s’installant à Mont-de-Lans, ils ont finalement permis à la vocation de leur fils de suivre le chemin qu’on lui connait aujourd’hui.

En tant que jeune montagnard, Arthur a naturellement pratiqué toutes sortes de sports et d’activités des sommets, mais l’insouciance et la nouveauté du snowboard ont eu raison du reste. Pourtant, à l’époque, il n’envisage absolument pas d’y faire sa carrière :
 

« Autant que je me souvienne, ça n’a pas vraiment été un rêve de gosse d’être pro. Ça s’est fait progressivement : apprentissage, compétitions, sponsors, métier.  Je n’ai pas fait d’énormes sacrifices, il n’y a pas vraiment eu de choix à faire, tout s’est enchaîné naturellement sans que je me pose trop de questions. »

 

Crédit photo : Matt Georges

 

De la désinvolture ?  Non. Une façon d’être et de prendre la vie comme elle vient, propre à un snowboardeur qui, durant sa carrière, a maintes fois prouvé que cette reconnaissance et cette place étaient méritées. Des titres comme une 1ère place à la coupe du monde de halfpipe, au championnat de France dans la même catégorie, une médaille aux X Games, autant que sa présence aux Jeux Olympiques sont là pour le rappeler. Mais Arthur ne s’étend pas vraiment sur cela, il préfère nous parler de son amour pour la glisse et pour son sport qui, aujourd’hui encore, le font vibrer, peut-être même encore plus qu’avant :

« Je crois que ça me plaît encore plus maintenant qu’étant plus jeune, notamment parce que je mesure la chance que j’ai de vivre de cette passion. En résidant actuellement dans une grande ville, Berlin,  je suis quelque part plus à l’écoute du monde qui m’entoure, plus connecté et touché par celui-ci et je prends la mesure de la difficulté de certaines existences… Mais aussi et surtout je prends conscience de ce contact privilégié que j’ai eu avec la nature toutes ces années. »

Maintenant, Arthur ne fait plus de compétitions, mais se consacre à l’image et à la vidéo, en collaboration avec ses sponsors. Il prouve chaque saison qu’il n’en a pas encore fini et cultive une philosophie personnelle où il laisse libre cours à son style et sa créativité, influençant encore le snowboard français et international.

je prends conscience de ce contact privilégié que j’ai eu avec la nature toutes ces années.

Un Esprit Libre

Crédit photo : Matt Georges

En ayant évolué en même temps que la culture du snowboard, Arthur en a forcément gardé des influences. Les racines et l’esprit de cette contre-culture, comme il la décrit « d’expression libre » ont inspiré sa carrière, sa pratique, sa philosophie de vie. Parce que la planche à neige, à la base, n’a pas de règles, pas de conventions, on ride avant tout parce que c’est fun, parce que cela procure une sensation de liberté et on s’identifie à un mouvement qui ne rentre, au final, dans aucun moule.


« L’esprit du snowboard pour moi, c’est avant tout de s’exprimer comme on l’entend, d’être soi-même. Il n’y a pas une seule façon d’être un snowboardeur...»

 

C’est en ce sens qu’Arthur a géré sa carrière, en restant en phase avec ses principes et surtout, avec lui-même, sans se plier à une quelconque ligne de conduite dictée par un marché, une société, ou des sponsors, qui peuvent vite exercer une pression sur les athlètes. Non, lui préfère rester fidèle à ce qu’il est et ce qu’il aime :

« J’ai toujours été honnête, en restant moi-même. Je n’ai jamais voulu être le sportif parfait, à trop vouloir être dans le commercial ou le marketing, quelqu’un qui ne ferait que les choses pour les sponsors. J’ai toujours fait comme je l’entendais, à l’instinct. C’est plus qu’un sport pour nous (les snowboardeurs pros), c’est toute notre vie. Il est donc primordial d’être le plus en accord possible avec qui on est. »

Crédit photo : Matt Georges

C’est dit, Arthur ne s’inscrit pas dans la norme, il est un peu à part. Et quand on lui demande sa vision du snowboard d’aujourd’hui, il nous répond qu’il n’est pas vraiment en mesure de répondre tant il est impliqué dans ce milieu et que sa vision en est forcément biaisée. Toutefois, il avoue malgré tout que, selon lui, la pratique lui apparaît différente en fonction des pays. Le snowboard en France ne serait pas le même qu’en Europe ou même qu’aux états-Unis. D’après le rider, c’est difficile de faire une généralisation mais aux USA, le sport serait encore inspirant, laissant la place à de nouvelles tendances, de nouvelles idées et à une évolution constante, par rapport au reste du monde, plus conservateur. Puis, il finit par nous confier :

« De manière générale, tout a changé, le monde a changé. Nous ne sommes plus dans l’insouciance des années 90 où l’on faisait du snowboard de manière plus libre, voire même inconsciente... Ni dans le snow, ni dans aucun autre domaine d’ailleurs. Malgré tout, je pense que les notions de liberté et de nature sont encore intimement liées à la pratique et c’est une bonne chose. »

L’esprit du snowboard pour moi, c’est avant tout de s’exprimer comme on l’entend

La Créativité comme Leitmotiv

Crédit photo : Matt Georges

Coté projets, Arthur n’en manque pas, notamment en ce qui concerne les vidéos qu’il continue de produire avec ces sponsors, toujours un plaisir pour les yeux. Parmi ces projets, il y a aussi celui imaginé avec son pote, Olivier Gittler, Side Hits Euphoria (SHE). Lancées en 2018, ces mini-réalisations, filmées caméra au poing par Olivier, montrent Arthur en pleine action sur des bords de pistes, légèrement revisités par le style tout en aisance du rider.

Loin des grosses productions, ces vidéos étaient avant tout, pour les deux snowboardeurs, un moyen d’exprimer leur créativité, sans pour autant enchaîner les grosses performances. Il s’agissait ici d’abord de se faire plaisir, d’enchainer des figures simples mais avec beaucoup de style comme Arthur sait le faire, tout en produisant des images à la fois visuelles et uniques. Et ça fonctionne! A ce jour, il existe 3 chapitres de SIDE HITS EUPHORIA et d’autres vont suivre tant l’engouement est présent. Une reconnaissance que le snowboardeur apprécie :


« Ce qu’on aime avec SHE, c’est que l’on revient à un snowboard un peu plus élémentaire, démocratisé, populaire, que l’on peut pratiquer à côté de chez soi, dans des conditions d’enneigement même moyennes. On n’est plus dans le snowboard inaccessible, à l’autre bout du monde, dans des conditions de rêve... On revient à l’essentiel, à un plaisir simple, accessible à n’importe quel snowboardeur.»

 

Un concept qui colle à la philosophie du rider aujourd’hui, une volonté de sortir des prouesses et des records et de donner un sens à une période de sa vie où la performance n’est plus la priorité :


« J’en suis à un stade de ma carrière où, désormais, c’est moi qui regarde les plus jeunes faire des figures de fou ! J’aime ça, mais moi j’ai besoin aujourd’hui de créer et d’aller chercher autre chose que la performance pure. Ce n’est plus vraiment ce qui me donne envie d’y aller moi-même. Les retours qu’on a eu sur SHE allaient justement dans ce sens. En voyant ces vidéos, les gens ont ressenti cette émotion simple de vouloir y aller à leur tour, semblable à ce que nous ressentons en le faisant. C’est cool de pouvoir déclencher ça dans une communauté de snowboardeurs .»

Crédit photo : Matt Georges

j’ai besoin aujourd’hui de créer et d’aller chercher autre chose que la performance pure.

Et la Suite?

Crédit photo : Matt Georges

Arthur n’avait pas vraiment projeté d’être snowboardeur pro, et encore moins de l’être encore aujourd’hui, à 32 ans. Il s’est simplement laissé porter par la vie, par les événements, par sa passion pour sa planche. Un rythme effréné qui l’a souvent fait s’interroger sur sa « reconversion » :


« C’est une question que je me pose depuis très longtemps et qui reste encore sans réponse. Il y a une chose vers laquelle je m’oriente un peu c’est le dessin, le design... J’ai fait une école en design. J’aime l’art de l’illustration. Peut-être que ça fera partie de ma reconversion. »

Une voie éventuelle toute autre pour l’athlète, encore incertain quant à l’orientation qu’il prendra pour son avenir. Une réflexion qui l’amène également à s’interroger sur le marché du snowboard, sur son industrie et son impact sur l’environnement. Autant de sujets qui l’amènent à envisager sa pratique autrement.

Alors, pour l’avenir, on souhaite à Arthur de continuer à créer et à se faire plaisir sur sa planche, qu’il puisse cultiver cet esprit libre qui le définit et nous, d’en faire autant :

« Il y a toujours quelque chose à prendre chez quelqu’un, dans une situation, de s’en inspirer... On peut vraiment être influencé, tout le temps, au quotidien. Il faut rester ouvert. » 

 

 

OLIVIA BERGAMASCHI

ARTHUR LONGO

Pour visualiser cette video, vous devez au préalable autoriser l''utilisation de cookies relatifs aux statistiques sur notre site.

Paramétrer mes cookies
LA PLUS LONGUE COURSE
Vous voulez des cookies ?

Ce site utilise des cookies pour garantir la meilleure expérience de navigation.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez le dépôt de cookies tiers destinés à vous proposer des vidéos, des boutons de partage, des remontées de contenus de plateformes sociales

Paramétrage de mes cookies

Au-delà des cookies de fonctionnement qui permettent de garantir les fonctionnalités importantes du site, vous pouvez activer ou désactiver la catégorie de cookies suivante. Ces réglages ne seront valables que sur le navigateur que vous utilisez actuellement.
1. Statistiques
Ces cookies permettent d'établir des statistiques de fréquentation de notre site. Les désactiver nous empêche de suivre et d'améliorer la qualité de nos services.
2. Personnalisation
Ces cookies permettent d'analyser votre navigation sur le site pour personnaliser nos offres et services sur notre site ou via des messages que nous vous envoyons.