Publié le 5 septembre 2016

Anne Brüschweiler

Arts vivants : le TFM joue les équilibristes

Interview

Au Théâtre Forum Meyrin, la programmation jongle entre diverses catégories de spectacles et différents publics. Un savant dosage mis au point par sa directrice Anne Brüschweiler.

Quel rôle joue le Théâtre Forum Meyrin sur la scène artistique genevoise ?
Au niveau meyrinois, le Forum est le lieu où cohabitent le théâtre et les manifestations municipales et associatives. Dans le cadre genevois, la mission du TFM est de proposer des spectacles d’envergure internationale dans toutes les catégories des arts vivants. Notre offre est pluridisciplinaire : théâtre, musique, danse contemporaine, cirque contemporain, et pour tous, y compris le jeune public.

Justement, que lui proposez-vous ?
Une autre expérience ! Car on voit bien, dans leurs pratiques culturelles, que tout passe par l’écran. Le spectacle vivant est différent, d’abord parce qu‘il n’est pas individuel : on n’est pas seul devant son écran mais plusieurs dans une salle, donc on vibre avec d’autres sensibilités que la sienne. Sur écran, tout ressemble à de la fiction. Avec la scène, on met les jeunes en présence d’artistes, la pièce est jouée en direct devant eux. En marge de la saison offerte au public, six à huit spectacles dans l’ensemble des catégories d’arts vivants sont annuellement proposés aux classes meyrinoises. Le jeune public est non seulement pris en considération, mais nous lui portons une attention toute particulière.
« la mission du TFM est de proposer des spectacles d’envergure internationale dans toutes les catégories des arts vivants. »
Comment se construit une saison ?
Nous tenons compte, non pas du public, mais des publics. Quand on est doté d’une grande salle, il faut réunir les publics différents. Nous proposons ainsi des spectacles rassembleurs comme celui de Fabrice Luchini, en novembre prochain. Mais également des spectacles avec des artistes moins connus comme Cortex qui explore notre enfance à travers des sensations que nous avons tous connues, des gestes, des odeurs… Nous programmons une saison en essayant de trouver des équilibres : d’abord entre les catégories de spectacles : théâtre, danse, musique, cirque… Ensuite, il y a les spectacles phares que le public va pouvoir identifier immédiatement, comme ceux présentés par nos compagnies en résidence : la compagnie de théâtre STT Super Trop Top de Dorian Rossel et Alias, la compagnie de danse de Guilherme Botelho. Avec Feu ! Chatertton, c’est le public jeune qui s’y retrouve. Depuis l’aube - ode au clitoris - évoque la façon dont une jeune fille s’est sentie devenir femme dans le regard des hommes : ce texte va attirer un public féminin ou tous ceux intéressés par les questions de genres. Il existe aussi une catégorie de public « danse » qui peut venir sans même connaître la compagnie, car elle sait que notre programme sera de qualité. La programmation est une alchimie qui s’opère entre notre mission, la préoccupation que nous avons du public et des données très concrètes, telles que les disponibilités et prix de l’artiste, par exemple…

Vous avez apporté le cirque au TFM, pourquoi ?
Je trouve que c’est une discipline extrêmement intéressante et dynamique. En Suisse, nous sommes très imprégnés du cirque Knie. De fait, nous n’avons pas tellement idée de l’immense palette de possibilités offertes par les disciplines du cirque. Nous sommes formatés à une certaine esthétique alors qu’il y en a plein d’autres. Je trouvais intéressant d’ouvrir le public à ces nouvelles formes du cirque. C’est une discipline dans laquelle les artistes sont les plus inventifs avec des spectacles qui rassemblent toutes les générations.

Votre coup de cœur de la saison ?
Il y a énormément de belles choses à voir mais si je devais n’en retenir qu’une, ce serait Tiago Rodriguez, un auteur, metteur en scène, comédien portugais et directeur du Théâtre de Lisbonne. Il est un des plus grands créateurs sur la scène européenne en ce moment et possède une manière de raconter tout à fait unique. En mai 2017, nous proposerons un mini festival autour de lui : le Festiago. A travers quatre spectacles présentés sur dix jours, le public pourra vraiment découvrir son univers.

Propos recueillis par Nathalie Truche

valérie lemercier
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