Publié le 15 mars 2020

Alpinisme, Aventure et Activisme

La guide « made in » New Jersey

Portrait

Rien ne prédestinait une jeune américaine, new-yorkaise de surcroît, à devenir guide de haute-montagne dans l’un des endroits les plus emblématiques des Alpes françaises, Chamonix. Et pourtant, ceci est bien le parcours incroyable de Zoé Hart. Alpiniste chevronnée, militante environnementale et exploratrice insatiable, cette aventurière a toujours mené sa vie tambour battant. Parcours d’une vie hors du commun.

Une américaine à Chamonix

Les choix que nous faisons dans la vie déterminent irrémédiablement l’orientation que notre existence prendra, avec des regrets ou pas. Zoé Hart, elle, ne regrette pas d‘avoir quitté son New-Jersey natal en 2001 pour atterrir en terre inconnue, la France.  Cette américaine pure souche n’a jamais touché un ski de sa vie lorsqu’elle débarque à Chamonix, mecque alpine de la glisse hivernale. Cette décision de prendre le large s’impose à elle à la mort de son père. La jeune étudiante n’a alors qu’une vingtaine d’années et voit son destin bouleversé par cet événement, aussi soudain que brutal.

Pour retrouver sa raison d’être et un sens à son existence, Zoé s’envole pour la France et découvre un nouveau terrain de jeu, aussi majestueux que dangereux, les montagnes du massif du Mont-Blanc. Happée par cette beauté et cette grandeur, la jeune femme se sert de la nature, de l’alpinisme, des sensations que lui procure son nouvel environnement pour retrouver son chemin et une certaine sérénité.

Les choix que nous faisons dans la vie déterminent irrémédiablement l’orientation que notre existence prendra, avec des regrets ou pas. Zoé Hart, elle, ne regrette pas d‘avoir quitté son New-Jersey natal en 2001 pour atterrir en terre inconnue, la France.  Cette américaine pure souche n’a jamais touché un ski de sa vie lorsqu’elle débarque à Chamonix, mecque alpine de la glisse hivernale. Cette décision de prendre le large s’impose à elle à la mort de son père. La jeune étudiante n’a alors qu’une vingtaine d’années et voit son destin bouleversé par cet événement, aussi soudain que brutal.

Pour retrouver sa raison d’être et un sens à son existence, Zoé s’envole pour la France et découvre un nouveau terrain de jeu, aussi majestueux que dangereux, les montagnes du massif du Mont-Blanc. Happée par cette beauté et cette grandeur, la jeune femme se sert de la nature, de l’alpinisme, des sensations que lui procure son nouvel environnement pour retrouver son chemin et une certaine sérénité.

Des opportunités plutôt que des portes closes

En découvrant le métier de guide, Zoé est subjuguée. C’est ce qu’elle veut faire. Etre en montagne, partager ce qu’elle avait appris et les valeurs qui lui tiennent à cœur, l’incitent à tenter le diplôme. Le ski, à cette époque, ce n’est pas son fort. Du coup, l’américaine rate magistralement le premier examen. Peu importe, elle tient bon et décroche son diplôme.

Peu de femmes font partie du cercle très fermé des guides de haute-montagne, désormais elle oui. Ouvrir la voie aux prochaines, c’est ce qui l’a motivée et l’a aidée à se battre pour décrocher son sésame. Puis, l’intégration dans un milieu d’hommes ne lui parut pas si difficile, au début.

Finalement, la famille des guides était plus étonnée que réfractaire en intégrant Zoé dans ses rangs. Bien sûr, il lui est arrivé d’entendre « il n’y a pas de place pour une femme en montagne » ou « une femme-guide ça n’existe pas ! »…

Quelques conflits du genre la blessent, mais ne la font pas reculer. Un soutien inattendu l’aidera à faire fi de ces jugements, celui de la première femme-guide qui lui apprend à encaisser, se concentrer sur son travail et surtout rester zen face à ces attaques.

« Le chemin n’est facile pour personne. Quelquefois quand on est une femme, des portes s’ouvrent et il faut savoir les passer. Celles qui sont fermées, il faut décider si tu souhaites les ouvrir ou pas, c’est avant tout ton propre choix. Il faut voir les opportunités plutôt que les portes closes. Je suis une fonceuse, donc dans l’action, je ne me posais pas de questions.»

Il faut dire que durant son enfance, on ne lui a jamais interdit de faire quelque chose parce que c’était une fille !

En tant que femme, Zoé sent les regards sur elle et une certaine pression permanente, mais décide de ne pas s’attarder sur cela. Avec du recul, elle se félicite du chemin parcouru et des progrès qu’elle a faits. Elle préfère voir le positif et ce qui la pousse à continuer, son amour pour les montagnes et son métier.

Une trajectoire qui lui permet de devenir enseignante à l’ENSA, l’Ecole Nationale de Ski et d’Alpinisme à Chamonix, et transmettre son savoir à ses élèves. Ce qu’elle souhaite avant tout leur apprendre c’est de se faire plaisir sans prendre de risques inconsidérés. Le but, c’est de rentrer à la maison, le soir, en vie. La période de grandes aventures intenses est désormais derrière cette exploratrice chevronnée et elle avoue volontiers que ça lui manque. Sentir la peur et la gérer lui manquent. Etre en dehors de sa zone de confort donnait une autre perspective à sa vie.

« Des fois, lorsque je perds le contact avec la montagne, je me sens perdue. »

La discipline de l’alpinisme a donné un sens et une présence à sa vie. Grâce à elle, Zoé a découvert qu’elle était capable de faire 1000 fois plus que ce qu’elle imaginait. Aujourd’hui, elle est plus sage et préfère prendre moins de risques. En montagne seulement. Aujourd’hui, c’est dans l’activisme que cette  aventurière retrouve les mêmes sensations et repousse ses limites.

Aventures et activisme

Lorsque cette femme déterminée découvre l’Alpinisme, elle est dans sa vingtaine et aspire à une liberté illimitée. A l’époque, Zoé n’était pas dans la performance mais plutôt dans l’endurance et le dépassement de soi. Elle sait souffrir et elle n’a pas peur, deux qualités qui l’aideront à collectionner les plus grandes voies et faces nord du monde.

Elle a bien tenté de faire quelques compétitions durant ses années en tant qu’athlète de haut-niveau, mais elle n’a jamais aimé consacré du temps à un entrainement contraignant. A cela, cet esprit libre préfère les voyages et l’exploration des montagnes partout sur le globe.

 

En 2005, elle se fait remarquer par la marque Patagonia, qui voit en elle la représentante féminine idéale de l’alpinisme. Il faut dire qu’à l’époque, les femmes ne sont pas légion dans le milieu, tant mieux pour Zoé qui profite de cette opportunité pour vivre de sa passion.

 

Depuis, Patagonia c’est devenu un peu comme une famille pour elle. Une famille qui l’a suivie dans sa carrière et continue de le faire. Une famille qui partage ses valeurs, son authenticité et son engagement pour l’environnement.

« Si je peux transmettre quelque chose à mes enfants, c’est qu’ils ont les moyens de changer le monde. Ce n’est pas trop tard, c’est bien trop triste de penser que ça l’est. Il faut continuer à travailler pour ça et ne pas baisser les bras.»

Zoé est une activiste de la première heure. Déjà jeune étudiante, elle se spécialise dans un Master en développement durable. Elle souhaite faire plus, plus pour la nature, plus pour l’écologie, plus pour les générations futures.

Avec son sponsor, Zoé imagine l’association Explore qui propose aux enfants une reconnexion à la nature grâce à des stages-nature toute l’année. La militante est persuadée que si l’on reconnecte les prochaines générations à temps, elles pourront changer les choses.

 

Son dernier combat en date concerne l’énergie renouvelable et comment, nous citoyens, nous pouvons décider de l’utiliser à bon escient. A l’aide d’un collectif citoyen, ils ont créé une association, Mont-Blanc 2.0, qui propose d’utiliser l’énergie solaire et la redistribuer à ceux qui ne peuvent pas mettre de panneaux sur leurs toits. Une communauté locale utilisant les ressources de la nature pour participer au remplacement de l’énergie non renouvelable. Un moyen d’aider à la transition énergétique sans avoir à passer par les pouvoirs publics ou les politiques.

Ce nouveau projet lui tient vraiment à cœur et la pousse à se battre pour un avenir meilleur, localement dans un premier temps.

Pour elle, « on peut faire plus tous ensemble.»

 

Olivia Bergamaschi

Fratrie Magnésie
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