Publié le 26 mars 2019

2 Jours dans les Aravis

Récit d'une Micro-Aventure

MKventure

Du lac des Confins à l’Ambrevetta ou au myhtique Trou de la Mouche, en passant pas les majestueuses Combes de Tardevant et de Grand Crêt, Florian et Sophie se sont aventurés au cœur de nos sommets haut-savoyards pour en découvrir la beauté et les mystères. Ils nous font le récit de cette expédition aux limites d’Annecy, en nous prouvant qu’il n’y a pas besoin d’aller loin de chez soi, l’aventure est à notre portée.

Projet
Florian et Sophie, nos 2 aventuriers-explorateurs vont, pour cette première MKventure, tester un itinéraire dans les Combes des Aravis et pendant 48 heures parcourir celui-ci à la recherche des difficultés, bonus et incontournables d’une telle expédition.
Tout le monde n’a pas le budget pour faire un tour du monde ni le courage de Mike Horn, mais MkSport souhaite vous prouver que l’on peut vivre des expériences extraordinaires près de chez soi et à moindre frais. Jouer à l’aventurier sans se ruiner, beaucoup en rêvent, très peu se lancent. Avec la Mkventure, le but est de donner à tous l’envie de dire « Moi aussi je peux le faire ! » En donnant un itinéraire, des conseils, une liste du matériel et une vision complète d’un voyage dans nos paysages, MkSport souhaite donner à chacun la possibilité de se lancer et poursuivre un rêve accessible aux sportifs en tous genres. Alors lancez-vous, suivez nos conseils, sautez le pas, l’aventure est là et n’attend que vous !

jour 0 I 19 février 2019

Préparation 
La veille : • Récupération du Van chez BlackSheep • Vérification du matériel • Point météo 

Les conditions sont idéales, neige fraîche et beau temps pour notre escapade. Le vent a beaucoup soufflé ces derniers jours, balayant les sommets et mettant à nu leur relief et leurs difficultés. Nous sommes prêts à partir pour cette micro-aventure, celle qui nous amène aux portes de chez nous, qui nous fait explorer ce que nous apercevons tous les jours depuis notre fenêtre. Petit check de la météo pour le lendemain, jour de notre départ, le vent se couche et le soleil devrait briller pour nos 2 jours de sortie, c’est parfait ! Il faudra toutefois être prudents, les plaques à vent seront nombreuses et l’exposition des faces devrait vite transformer la neige. L’iso sera à plus de 2 500m ces prochains jours, il va faire chaud !

jour 1 I 20 février 2019

L'Ambrevetta par la Combe de Tardevant
Le bulletin du risque d’avalanche ou BRA nous annonce un risque 2, 3 à partir de 1 800m et des plaques à vent. 1h pour arriver en bas de la Combe. 2h30 de montée Total : 3h30 pour l’Ambrevetta (2463m) 1100m D+

On choisit de partir avec les skis vers la combe, elle s’étend devant nous, majestueuse et sereine. Elle n’est pas très pentue au premier coup d’oeil. Le trajet débute par un long chemin, de quoi bien se chauffer les jambes pour ces 2 prochains jours ! Cette combe, un peu éloignée du parking des confins (environ 1 440m) a l’avantage d’être peu connue et donc peu fréquentée. Il peut s’installer alors un sentiment de solitude agréable que nous sommes justement venus chercher. Le vent des derniers jours a soufflé les anciennes traces, c’est un paysage grandiose qui s’offre à nous. Il nous aura fallu environ une heure pour accéder en bas de la combe. Le chemin pour y arriver est bordé par une forêt de sapins, l’ambiance est calme et apaisante. 

La combe est très large, les pentes sont faibles, quelques conversions sont nécessaires mais vraiment rien de bien méchant jusque là. Une fois passées les grandes pentes, on se retrouve sur un replat où on aperçoit la crête avec l’Ambrevetta et la pointe de Tardevant. La vue là haut promet d’être sublime. La dernière pente est la plus raide, dernier effort, la neige craque sous nos pieds, soutenant notre avancée. Les premiers sommets des Aravis nous offrent un point de vue incroyable qui nous incite à grimper encore plus haut. On s’arrête à l’Ambrevetta mais il y a la possibilité de monter à la pointe de Tardevant en longeant la crête quand les conditions le permettent. Cette dernière s’expose presque en totalité au soleil, faisant apparaître ses moindres aspérités. La pente est soutenue. Le sommet est gelé, dû au vent qui a soufflé et surtout au soleil puis au regel. À la vue des conditions, une paire de crampons aurait été appréciable.

On reste sous la crête pour enlever les peaux de nos skis en toute sécurité et faire une pause avant la descente. 

Nous n’avons pas noté de difficultés particulières sur cette ascension, avec une pente à 30°maximum, elle est très accessible avec le bon matériel.

Le panorama est magnifique. La vue sur la chaîne du Mont-Blanc et sur les sommets des Aravis nous laisse sans voix. En tant qu’aventuriers, on est habitués aux vues imprenables et pourtant nous sommes toujours aussi émerveillés de cette splendeur. 

La descente se fait tranquillement, on descend par le milieu de la combe en jouant avec la limite ombre soleil. L’idéal est de descendre le plus à gauche possible, là où la neige est la meilleure. La poudreuse est au rendez-vous et la glisse vaut bien l’effort de la montée. On rejoint la combe de Paccaly à skis que l’on traverse pour rejoindre le sentier. Arrivés au refuge, il faut remettre les peaux pour un petit morceau de chemin (ou marcher) et reprendre l’itinéraire pour rentrer au parking.

Les premiers sommets des Aravis nous offrent un point de vue incroyable qui nous incite à grimper encore plus haut.

Entraînement DVA
Pas de randonnée en montagne sans avoir un minimum de formation aux risques d’avalanche. Nous avons de bonnes bases mais il est important de se remettre à jour et garder ses bons réflexes. On décide donc de prendre notre après-midi pour s’entraîner à la recherche DVA, c’est un bon rappel de sécurité et ça permet de se familiariser avec son matériel. En cas d’accident, c’est toujours rassurant de savoir comment le DVA réagit ou comment la sonde se verrouille, et même d’avoir entraîner les biceps à creuser ! On en a brassé de la neige cette après midi là…

Soirée et nuit en Van
De retour au Van, le chauffage stationnaire du véhicule nous permet faire sécher nos affaires. Au fil de la journée le parking s’est vidé, nous voilà enfin seuls… Au diner, on opte pour une fondue, histoire de s’imprégner encore plus de l’esprit de la montagne. Le confort et l’espace cosy du Van nous permettent de passer une nuit au chaud, dans une atmosphère paisible, la nuit sera belle. Le ciel est clair, rempli de millions d’étoiles, nous sommes tout excités à l’idée d’entamer notre deuxième journée en splitboard. En attendant, on profite longuement de la vue somptueuse qui se dessine devant nos yeux, à la luminosité de lune.

jour 2 I 21 février 2019

Trou de la mouche par la combe de Grand Crêt
Le BRA annonce un risque 2 et des plaques à vent + des coulées de neige sur les pentes exposées au soleil. Total 2h40 pour le Trou de la Mouche (2453m) 1000m D+

Aujourd’hui nous chaussons les splitboards qui, pour tout avouer, sont nos engins de prédilection ! Tous les deux bons snowboardeurs, c’est agréable de gravir des sommets en ski mais pour la descente, il n’y a pas photo, on préfère avoir une planche sous les pieds ! Réveil à l’aube et vérification du BRA. L’itinéraire prévu à la base était de monter par la combe de Paccaly pour traverser le Trou de la Mouche et descendre dans la combe de Grand Crêt. Mais vu les conditions observées la veille, on se ravise et on décide de monter par Grand Crêt pour éviter d’éventuelles plaques de glace avant d’atteindre le trou par le Nord. La glace et le Splitboard ne font pas bon ménage…La combe est assez courue, il faut dire que c’est la plus accessible et qu’elle permet de monter aussi à Tête Pelouse. 

Le dénivelé est assez régulier durant la plus grosse partie de la combe. Les conversions arrivent vite. Nous suivons la trace qui monte sur la gauche avec environ 25 conversions, puis le parcours rejoint le milieu de la combe passant de dômes en dômes pour enchaîner à nouveau une vingtaine de conversions. Ici, ça devient compliqué pour nous, les dômes ont été soufflés, la trace est gelée, glissante. Avec la largeur qu’on a aux pieds, on finit par faire notre propre trace pour profiter de la neige profonde, sans avoir à mettre nos couteaux. C’est plus fatiguant mais on grimpe mieux et la sensation de la neige fraîche sous nos splits est ahurissante, un vrai bonheur. 

On arrive ENFIN au soleil sur le replat, pause pour souffler un coup et se remotiver. On a eu froid, le vent soufflait, il fallait faire notre trace. On aperçoit sur la gauche notre objectif, le Trou de la Mouche, surplombant la vallée. Cette combe est bien plus tracée que celle de la veille mais une fois la première pente passée, il y a encore bien assez de place pour laisser nos propres empreintes à la redescente. Ce break nous permet de relâcher un peu les jambes avant d’attaquer la dernière montée qui est raide (35-40° C), à nouveau, on engage environ 25 conversions. Cette face est vraiment exposée et prend le soleil tôt dans la journée, la neige fond et devient plus instable, alors on y va vraiment doucement avec les splitboards. Une petite glissade dans l’une des dernières conversions qui l’envoie directement la tête dans la neige, Florian déchausse pour finir à pieds, tandis que j’arrive jusqu’en haut. Les derniers mètres se font à pied, le long de la paroi rocheuse.

C’est ce que nous sommes venus chercher, l’ivresse de la glisse

Le panorama est magique. Encore une fois pause bien méritée, puis hésitation pour l’itinéraire de descente puis après réflexion, on décide de jouer la prudence et de descendre par là où nous sommes montés. On essaie d’échapper à ce « couloir » plein de traces, mais le soleil cogne depuis un moment sur cette face. Ça ne rate pas, une plaque de neige humide décroche sous mes pieds. Je ne m’arrête pas et je tire sur le côté pour éviter la coulée de neige très lourde. Retour au milieu de la combe pour descendre à travers les dômes. La neige est excellente à cet endroit car elle est à l’abri du vent et peu ensoleillée la journée. La joie de dévaler ce dénivela en snowboard est indescriptible, c’est ce que nous sommes venus chercher, l’ivresse de la glisse, fièrement gagnée après une multitude d’efforts soutenus. On en profite un maximum. Puis on finit par un dôme avec quelques sapins, le paysage est juste incroyable. Retour au Van, cette bonne fatigue nous tiraille les cuisses. La satisfaction d’avoir réussi mêlée à l’euphorie de ces deux journées exceptionnelles, nous transportent dans un état second. Quelle douce sensation !

Texte : Sophie Mayoraz 
Photos : Florian Keller

vidéo 2 Jours dans les Aravis

Pour visualiser cette video, vous devez au préalable autoriser l''utilisation de cookies relatifs aux statistiques sur notre site.

Paramétrer mes cookies
La préparation mentale
Vous voulez des cookies ?

Ce site utilise des cookies pour garantir la meilleure expérience de navigation.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez le dépôt de cookies tiers destinés à vous proposer des vidéos, des boutons de partage, des remontées de contenus de plateformes sociales

Paramétrage de mes cookies

Au-delà des cookies de fonctionnement qui permettent de garantir les fonctionnalités importantes du site, vous pouvez activer ou désactiver la catégorie de cookies suivante. Ces réglages ne seront valables que sur le navigateur que vous utilisez actuellement.
1. Statistiques
Ces cookies permettent d'établir des statistiques de fréquentation de notre site. Les désactiver nous empêche de suivre et d'améliorer la qualité de nos services.
2. Personnalisation
Ces cookies permettent d'analyser votre navigation sur le site pour personnaliser nos offres et services sur notre site ou via des messages que nous vous envoyons.