Ludivine Chopard

Un nouveau capitaine à bord du Brise Glace

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Née à Annemasse il y a 33 ans, Ludivine Chopard occupe le poste de directrice du Brise Glace depuis le 5 décembre dernier. En ce début d’année 2018, la Haut-Savoyarde émet un vœu : faire de la salle de concert un lieu de vie qui attirerait un public curieux et aventurier.

La Haute-Savoie, c’est un retour aux sources ?
Je travaillais depuis six ans, dont deux en tant que directrice, à la Smac 07, la Scène de Musiques Actuelles de l’Ardèche. Je ressentais le besoin de bouger lorsque l’offre du Brise Glace s’est présentée. La proposition restait dans la région, je connaissais donc le territoire et la plupart des interlocuteurs. Le projet du Brise Glace est installé depuis longtemps mais la possibilité de le renouveler et de le développer m’a intéressée.
Comment se déroulent vos premiers pas ?
Connaitre le territoire me permet de démarrer sereinement. Pour l’heure, je suis dans une phase d’observation, je rencontre les partenaires, je fais connaissance avec l’équipe, j’apprends comment le travail est organisé, comment fonctionnent l’activité et la gestion courante de la structure… J’ai été très bien accueillie, tout le monde a envie de porter un projet collectivement. Beaucoup de choses doivent être conservées car elles fonctionnent bien. Mais il existe aussi de nombreuses possibilités d’évolution.
Quel rythme souhaitez-vous donner à la programmation ?
Je trouve la programmation actuelle remarquable, différente des autres salles de la région et très cohérente en termes de diversités et d’esthétiques. Elle donne envie d’être développée en favorisant encore davantage les artistes que nous considérons comme émergents et les talents de demain. Tout en conservant la diversité, nous pouvons réfléchir à des formes moins courantes, qui mêleraient la musique à d’autres esthétiques : l’art, le numérique, le cinéma, des concerts où s’effacerait le rapport frontal entre le groupe et le public… Ce qui importe, c’est que le public voit en le Brise Glace un lieu de découverte musicale. Qu’il vienne, même s’il n’est pas attiré par un style ou un groupe particulier, qu’il soit aventurier, qu’il offre une chance au site. J’aimerais que le public vienne sur la base de la confiance et de la curiosité. Qu’il se dise : il y a toujours quelque chose de bien à découvrir au Brise Glace.
Y-a-t-il un défi particulier à relever à Annecy ?
Avec ma vision récente donc partielle, j’ai envie de réfléchir à la place qu’occupe le Brise Glace sur le territoire par
rapport aux publics et aux populations. Par son histoire, le site des Marquisats a longtemps été identifié comme le lieu de la jeunesse, de la convivialité. J’ai envie de reprendre ces éléments et de les accompagner d’une réflexion plus globale afin que l’on vienne ici pour écouter un groupe, mais aussi chercher une info, louer un studio de répétition… En résumé, faire du Brise Glace un lieu de vie.
Comment rendre la salle plus visible sur la carte des tournées européennes ?
Le Brise Glace s’est créé à une époque où peu de salles existaient, ce qui lui donnait une place emblématique. Mais le paysage a beaucoup changé. L’enjeu est de toujours rester à la page, de demeurer présent dans l’esprit des artistes qui sont en tournée et c’est notre rôle de nous faire repérer, de les solliciter, de montrer que l’on s’intéresse à eux. Nos missions consistent aussi à porter la nouvelle création. Il faut être vigilant à garder un équilibre tout en sachant que les têtes d’affiche sont d’excellentes locomotives.
Quel concert avez-vous déjà inscrit sur votre agenda ?
Le festival Hors Piste du 7 au 11 février :
une très belle semaine en perspective, pleine de propositions et pendant laquelle nous investirons – entre autres lieux – le haras d’Annecy. Je ne manquerai pas non plus la soirée du 1er mars avec Anthony Joseph et Chromb !
Une perle qu’il vous tarde de découvrir ?
Laura Perrudin qui assure la première partie de Mademoiselle K le 8 mars. D’une part, car les femmes ne sont pas forcément très représentées dans les musiques actuelles et d’autre part, car je trouve son projet très abouti avec un mélange de plusieurs esthétiques, d’influences jazz et de musiques improvisées.
Un cocktail détonnant ?
Peter Kernel et The Pack AD le 15 mars. Ce sera une soirée très guitare électrique qui promet beaucoup d’énergie et une grosse claque sur scène !
Comment se fêteront les 20 ans du Brise Glace en 2018 ?
L’idée est de marquer chaque décennie, de vraiment inscrire le Brise Glace dans la vie quotidienne de l’agglo, de ses habitants, d’attirer tous les publics à l’occasion de cet anniversaire. Nous aimerions inviter des groupes qui ont participé à l’histoire du Brise Glace et des artistes pour qui la salle a été un lanceur de carrière il y a 20 ans. De nombreux temps forts sont en cours de préparation.
Propos recueillis par Nathalie Truche