Artiste aux multiples facettes, Manouchehr de son vrai prénom, 33 ans est fasciné par la mythologie grecque depuis son enfance. C’est à cette époque qu’il s’auto-surnomme Kheiron. « Kheiron est le centaure représentant l’alliance parfaite entre l’instinct et la raison, l’homme et le cheval. C’est un personnage sage, attaché aux lettres et aux arts.» Ce sera son nom de scène.

« A 5 ans, je voulais être clown… » Ce besoin de raconter des histoires, d’émouvoir, de faire rire et d’être en contact avec un public est devenu de plus en plus fort. Acharné, Kheiron bosse dur pour y arriver. Il passe de plateau en plateau, de scène en scène, avant de se faire remarquer. Et puis le travail paie. En 2006, Jamel lui donne sa chance au sein du Jamel Comedy Club et il ne quittera plus jamais la scène. Le grand public le découvre ensuite dans la minisérie Bref diffusée sur Canal Plus et c’est le début du succès.

Dans son nouveau spectacle : 60 minutes avec Kheiron, puise dans ce qu’il sait faire de mieux : l’improvisation… totale ! En effet, la tchatche et l’impro sont ses marques de fabrique. « J’oubliais souvent mes textes sur scène, alors j’ai décidé d’assumer et de demander au public de quoi il voulait qu’on parle». Sur une scène à 180 degrés, l’humoriste joue la carte de l’interactivité avec le public, poussée au maximum. Qui est actif ? Qui est mineur ? Qui est célibataire ? A chaque réponse, les vannes fusent, et on jubile. Kheiron ne nous livre pas un show mais une véritable leçon de stand-up, drôle, ultra-rythmée, impertinente, voire carrément trash. Bref, 60 minutes uniques.

Quand l’humoriste a choisi ses cibles pour la soirée, le show peut commencer. « Je suis cash, mais jamais méchant. J’ose beaucoup de choses sans être blessant. Et si je le deviens, c’est par maladresse. Après, je m’attaque à tout le monde sauf à ceux qui ne souhaitent pas participer à mon jeu ! » Résultat : pas de temps mort et pas de sensiblerie. Aujourd’hui, le théâtre reste son premier amour mais il ne peut plus se passer de cinéma. Son deuxième film, « Mauvaises herbes », porté à l’écran par Catherine Deneuve et André Dussollier, est dans la boîte, un long-métrage engagé qui parle d’éducation et de rédemption.

A 35 ans, l’enfant-clown se pince toujours pour être sûr qu’il ne rêve pas : « Je vis un conte de fées. Je veux tourner, je tourne. Je rêve d’avoir Catherine Deneuve dans mon film, elle me fait l’honneur d’être présente. J’espérais que le public aime mon spectacle, les salles sont pleines… Oui, j’ai atteint mon but ultime : je suis un homme libre »

Kheiron – à Annecy à l’Impérial Palace le 7 octobre dans le cadre de l’High Five