Evidence Music

LABEL INDÉPENDANT MADE IN GENÈVE

www.evidence-music.ch

Dur dur de se faire une place et s’affirmer dans le monde de la musique. . force de pers.v.rance, de travail et d’une bonne dose d’originalit. et de r.activit., le label suisse Evidence Music a su se faire une place dans le milieu de la production musicale et ne compte pas s’arr.ter l.. Rencontre avec Nicolas Meury, un des fondateurs.

Comment est né le label ?

Le label a été créé en 2013. Nous sommes trois associés. Nicolas Maître et Étienne Maitre, deux frères, créateurs du Sound System Derrick Sound et moi-même membre du Little Lion Sound. Le label a été initialement créé pour produire nos propres créations et les promouvoir dans nos sets DJ. Il s’agissait alors d’unir nos forces et imaginer un label qui nous ressemble. Depuis, le label s’est développé,  d’une production focalisée sur nos créations, il s’est ouvert à d’autres projets incluant le développement d’artistes locaux et internationaux de divers horizons.

À quoi ressemble une journée-type chez Evidence ?

Il n’y a pas vraiment de journée-type chez nous. L’emploi du temps varie selon les priorités du moment. Nous avons plusieurs cordes à notre arc comme des prestations d’enregistrement, de mixage, de mastering et d’évènementiel. Cependant, notre priorité reste notre activité de label et l’accompagnement de nos artistes. Ce qui est sûr, c’est que chaque jour est différent. Par contre ce qui ne change pas, c’est que tous les jours on fait de la musique ! Au cours de l’année, de nombreux stagiaires nous accompagnent et nous aident. En gros, on pourrait dire que notre travail c’est 50 % d’administratif, 50% de musique.

Comment repérez-vous les nouveaux artistes à signer ?

Ce procédé est assez difficile à décrire. On part avant tout d’un feeling musical, avec de l’intérêt pour la musique du groupe ou de l’artiste. Ensuite, on va essayer de voir comment on peut les accompagner. Pour la production musicale par exemple, il s’agira de refaire les arrangements de leurs morceaux, trouver une instrumentation pour un titre, trouver des personnes qui peuvent l’accompagner dans la réalisation artistique… On aime ressentir l’implication de la personne et sa vision à long terme. Ensuite il s’agit de créer quelque chose ensemble où tout le monde s’y retrouve.

On a beaucoup d’artistes qui viennent nous voir ou nous envoient des emails avec des maquettes. Mais le plus souvent ce sont des artistes que nous connaissons, qui ont déjà sorti de la musique et avec lesquels on a souvent déjà collaboré. Le rapport humain est aussi très important pour nous.

Que pourrais-tu dire du contexte et de l’évolution de l’industrie musicale aujourd’hui?

En 2013, à la création du label, le téléchargement légal de musique était notre premier revenu. C’était à l’époque le déclin des CD et du vinyle, et donc du support physique. En cinq ans tout a bien changé. Aujourd’hui, c’est le streaming qui est devenu notre première source de revenu, je dirais à 80%. Avant, avec le téléchargement libre, on se battait avec les liens pirates tout le temps. L’avantage de nos jours avec le streaming c’est que les gens ne sont pas obligés d’acheter un titre pour que nous bénéficiions d’un retour financier. La simple écoute est génératrice de revenus pour nous. L’équilibre a changé grâce aux plateformes de streaming comme Spotify, Deezer, Google Play, Itunes et l’arrivée de Youtube dernièrement dans ce milieu. On se remet aussi à presser et sortir des vinyles donc un retour à ce genre de support physique.

Quels sont les avantages et les difficultés d’un label indépendant face aux Majors ?

Le premier avantage est sans doute la flexibilité, l’adaptation et la proximité aux artistes et aux situations. Il y a également peu de frais de gestion globale, les petites structures en ont forcément moins. En contrepartie, les Majors ont une force financière qui leur permet de faire la promotion des artistes et groupes partout dans le monde avec leurs antennes internationales. Elles possèdent une vraie force de frappe à ce niveau. Bien qu’ayant une liberté totale, nous devons, nous, passer par des relais qui feront la promotion dans chaque pays donc forcément moins de visibilité et moins de contrôle sur l’information relayée. Mais une synergie est aussi possible entre nos deux structures. Nous pouvons mettre en place des contrats sur certains artistes avec les gros labels pour qu’ils en fassent la promotion et inversement, certaines grosses Majors peuvent racheter des labels indépendants.

Propos recueillis par Olivia Bergamaschi

img2-modif img5-modif img8-modif-2