Clara Luciani

Un album au goût de victoire

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À 25 ans, Clara Luciani compte parmi la nouvelle vague de la pop française. Dans Sainte-Victoire, son premier album, la Marseillaise se livre à travers des textes puissants et détonants.

Votre portrait en trois mots ?
Femme, auteure, compositrice.

Qui vous a fait le plus beau compliment depuis la sortie de l’album ?
Françoise Hardy. Je l’ai rencontrée lors d’émissions de radio. Le simple fait qu’elle apprécie le disque et qu’elle me le dise m’a beaucoup touchée.

Quel texte pourrait figurer dans votre journal intime ?
J’ai pensé tout l’album comme un journal intime. Sainte-Victoire, un morceau parlé, est peut-être le plus introspectif de tous. Il commence par Je suis nue devant le miroir…

Y-a-t-il une chanson étrangère que vous aimeriez adapter ?
Il y en a plein. Ce pourrait même être une chanson qui ne me touche pas forcément car c’est l’exercice qui me plait. Mais récemment, j’ai pensé adapter City of stars, qui fait partie de la BO de Lalaland. Je l’ai tout le temps dans la tête.

Qu’est-ce qui nourrit votre écriture ?
La vie, tout simplement. Ce qui m’arrive chaque jour. L’humain, les gens que je rencontre, qui m’inspirent, qui me font du mal, qui m’enrichissent.

Avez-vous galéré pour percer ?
Oui. Je suis arrivée à Paris il y a sept ans et ça n’a pas été simple. J’habitais dans une chambre de bonne que j’avais du mal à payer. J’ai été vendeuse, pizzaiolo, baby-sitter… J’ai fait tout et n’importe quoi pour payer mon 10 m2. J’ai vécu de vraies années de galère. Ça fait environ deux ans que j’arrive à peu près à gagner ma vie.

Ce que vous vivez aujourd’hui, à quoi le devez-vous ?
Au travail, à la persévérance et à des rencontres formidables.

Qui sont vos petites fées ?
Les membres du groupe La femme ont été les premiers à me faire confiance. Raphaël, avec qui j’ai tourné en tant que choriste. Benjamin Biolay, qui m’a proposé de faire ses premières parties. Et plus récemment, Alex Beaupain.

Votre album est-il une victoire ?
Absolument. C’est une victoire sur la vie. En partant à 19 ans, je n’étais pas certaine de ce que j’allais trouver à Paris. C’est une revanche sur cette période, sur un amour déçu, sur mes complexes, ma timidité.

Avez-vous vaincu votre timidité ?
Je ressens toujours beaucoup le trac mais je pense avoir progressé. Avant, lorsque je me produisais en concert toute seule, j’étais terrorisée, je peinais à jouer de la guitare tellement je tremblais. C’étaient des moments vraiment éprouvants. Aujourd’hui, deux ans après, non seulement j’ai plaisir à monter sur scène mais ça devient indispensable à mon équilibre.

De quels complexes avez-vous fait une force ?
Je suis arrivée à Paris en n’ayant que des complexes : ma taille, 1,82m et aussi ma voix, que je trouvais trop grave… À travers la scène, j’ai essayé d’en faire des points forts. J’ai composé avec ce que j’avais et tenté de retourner la situation à mon avantage.

Pensez-vous déjà à votre prochain album ?
Je suis quelqu’un d’angoissé, d’hyperactif. Alors oui, je pense au deuxième album sur lequel je suis déjà en train de travailler, d’écrire de nouvelles chansons. Mais ça ne m’empêche pas de savourer l’instant présent, d’être heureuse de ce que j’ai accompli sur ce disque-là.

Quelle femme rêveriez-vous de rencontrer ?
Après Françoise Hardy que j’ai eu la chance de rencontrer, je dirais PJ Harvey. C’est une femme que j’ai beaucoup écoutée, qui m’a beaucoup influencée.

Quel personnage de littérature auriez-vous pu être ?
L’amoureuse transie et malmenée du livre de George Sand, Elle et lui.

Qu’est-ce qui vous fait rire ?
Tout ! J’adore rire. Je m’amuse de plein de choses. Je suis très bon public. En ce moment, ce sont mes musiciens. On se marre énormément pendant la tournée, tout est prétexte au jeu. On est comme dans une colonie de vacances.

Quelle mauvaise habitude vous fait du bien ?
Manger du chocolat. Je suis dangereusement accro.

Propos recueillis par Nathalie Truche

 

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